Journalisme et droit de savoir à l’ère du numérique

Les TIC ont considérablement modifié le paysage médiatique, et plus généralement la nature des flux d’information. Du point de vue des gouvernements, les TIC offrent la possibilité d’assurer la liberté de l’information par le biais de la gouvernance informatique, certains pays faisant appel à l’Internet à la fois pour proposer et diffuser des informations et pour traiter les demandes de renseignements des internautes.

Mais cela comporte un risque, celui de marginaliser encore davantage ceux qui n’ont pas accès à la technologie ou aux compétences nécessaires. D’où la nécessité de réfléchir aux moyens de réduire la fracture numérique et cognitive, afin que les TIC ne contribuent pas à aggraver les inégalités mais encouragent au contraire l’émancipation et la participation des citoyens à la vie publique, le développement social et individuel, et la transparence, l’attitude responsable et l’efficacité des gouvernants. Par ailleurs, les TIC ont notoirement accru les pouvoirs des gouvernements en matière de surveillance, ce qui pose de nouveaux problèmes (surtout depuis les attentats du 11 septembre) eu égard à la difficulté de garantir la protection des sources confidentielles d’information des journalistes, mais aussi en ce qui concerne la collecte et le traitement de l’information relative aux personnes . 

On a beaucoup débattu de l’impact des TIC sur la structure et la dynamique de l’environnement médiatique. D’abord, les TIC offrent la possibilité de toucher et d’informer davantage de gens mais aussi d’encourager et de coordonner leur participation. Ensuite, elles devraient permettre de couvrir un éventail plus large de sujets, de représenter une plus grande diversité de points de vue, et de susciter une participation sans précédent des gens ordinaires à la fabrication de l’actualité et à des formes novatrices d’interaction avec les médias dans un esprit de transparence et de responsabilité. Pourtant, certains préfèrent insister sur les menaces que font peser les progrès des TIC et l’émergence de nouveaux médias, les plus pessimistes allant jusqu’à prédire la fin du journalisme. À cet égard, on évoque fréquemment, entre autres griefs, le démantèlement des modèles commerciaux traditionnels, la baisse des recettes publicitaires et les pressions économiques de plus en plus fortes, sans oublier les réticences que suscite un déferlement d’informations pas toujours exactes et dont le professionnalisme et la qualité laissent parfois à désirer. 

Thèmes de réflexion :

  • Comment réduire la fracture numérique et cognitive de telle façon que les TIC contribuent à la liberté de l’information avec tous les bénéfices qu’on peut en attendre en termes d’émancipation citoyenne, de transparence et de responsabilisation des acteurs de la vie publique ? 
  • Le développement des TIC présente-t-il pour la presse plus d’avantages que d’inconvénients ? Comment les médias peuvent-ils tirer parti des aspects positifs du phénomène sans pâtir de ses effets négatifs ? 
  • Comment garantir la confidentialité et la protection des sources des journalistes dans le monde d’aujourd’hui, face au progrès des moyens de surveillance lié au développement des TIC ? 
  • Comment concilier équitablement l’exigence de transparence et d’ouverture de la part du gouvernement et la protection des informations ? 
  • Quels sont les aspects positifs et les risques du développement des TIC en ce qui concerne la protection de la vie privée ?
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