Sécurité en ligne

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La définition traditionnelle du terme « journaliste » a évolué. Selon le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, les journalistes sont des individus qui observent et décrivent des faits, consignent et analysent des événements, des déclarations, des politiques et toute proposition susceptible d’avoir des répercussions sur la société, l’objectif étant de systématiser ces informations et de rassembler faits et analyses pour éclairer un secteur de la société ou la société dans son ensemble. Selon le même rapport, cette définition du journaliste englobe tous les professionnels des médias et les personnels de soutien, ainsi que les acteurs des médias communautaires et ceux que l’on nomme les « journalistes citoyens », lorsqu'ils remplissent ce rôle. Par ailleurs, comme l’affirme le Conseil des droits de l’homme dans sa résolution A/HRC/RES/20/8 sur la promotion, la protection et l’exercice des droits de l’homme sur l’Internet, adoptée le 16 juillet 2012, « les droits dont les personnes jouissent hors ligne doivent également être protégés en ligne, en particulier le droit de toute personne à la liberté d’expression ».

La numérisation du paysage médiatique renforce la tendance mondiale au développement du travail indépendant en élargissant la part du journalisme exercé sans être employé par un organe de presse. Aujourd'hui, l'information est également assurée par des reporters citoyens et des blogueurs individuels. Alors qu'ils peuvent se trouver privés de « garde-fous » institutionnels établis, il est dans l'intérêt de la société qu'ils reçoivent la même protection que les journalistes professionnels.

La quantité d'information qui peut être diffusée et stockée en ligne a augmenté avec la numérisation. Les journalistes ont désormais besoin d'être spécialement équipés pour pouvoir assurer une meilleure protection de leurs documents d'information électroniques, notamment l'identité de leurs sources. Des journalistes ont vu leurs téléphones mobiles et leurs ordinateurs confisqués, et leurs comptes de messagerie soumis à une surveillance illégale et au piratage. Les sites Internet de certains médias ont été désactivés par des attaques ou volontairement infectés par des virus de type « cheval de Troie ». De plus en plus, les journalistes doivent savoir comment protéger leurs données importantes et sensibles.

La question de la sécurité en ligne ne concerne cependant pas que le blogueur individuel ou le journaliste professionnel. Avec l'essor des institutions servant, sur l'Internet, de médiateurs entre les auteurs de contenu et leurs différents publics, ces entités ont besoin de comprendre les normes internationales et leurs implications. Toute restriction de la liberté d'expression ne devrait être prise qu'à titre exceptionnel, être dûment fixée par la loi, justifiée par un objectif légitime et démontrée comme une nécessité réelle, et rester la plus limitée possible . Il convient donc d'accentuer la sensibilisation aux bonnes pratiques et à leur diffusion, afin de permettre aux intermédiaires de s'appuyer sur des principes, alors qu'on attend d'eux qu'ils protègent la liberté d'expression face aux pressions croissantes exercées pour contraindre à révéler l'identité des utilisateurs, effectuer des opérations de surveillance, et bloquer, filtrer ou supprimer du contenu en cas de protestation.

Tout cela trouve un écho dans l'évolution de l'Internet, qui, en tant que plate-forme, a jusqu'à présent fait l'objet de moindres restrictions que d'autres plates-formes médiatiques. Comme le confirment les résolutions du Sommet mondial sur la société de l'information, le caractère libre et ouvert de l'Internet, condition préalable à la sécurité en ligne, repose sur un modèle de gouvernance multiparties prenantes.

Éléments de réflexion :

  • Quelle compréhension les reporters ont-ils des risques et des perspectives propres à l'utilisation de la technologie numérique ?
  • Dans quelle mesure ces risques et ces perspectives inhérents à la technologie numérique varient-ils d'une région à l'autre ? 
  • Quelles nouvelles menaces pourraient mettre en danger la sécurité des journalistes, des blogueurs, des journalistes citoyens et autres personnes s’exprimant au sein de l’espace numérique ?
  • Comment les journalistes affrontent-ils ces dangers ?
  • Quelles sont les idées fausses les plus courantes concernant la sécurité numérique ?
  • Quels sont les systèmes existants parmi les intermédiaires qui garantissent le respect et la protection de la liberté d'expression et de la vie privée, et quelle est leur prévalence dans le monde ?
  • Quel rôle peuvent jouer les gouvernements, les organisations internationales, la société civile, les médias et les autres acteurs du secteur privé s’agissant de garantir la sécurité numérique des journalistes ?
  • Comment renforcer la liberté de l'Internet et son socle multiparties prenantes ?
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