Message du directeur général de l'UNESCO

Message de M. Koïchiro Matsuura, directeur général de l’UNESCO, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai 2009).

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Chaque année, la Journée mondiale de la liberté de la presse est l’occasion d’affirmer l’importance de la liberté d’expression et de la liberté de la presse – droits fondamentaux inscrits dans l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. En cette Journée mondiale de la liberté de la presse de 2009, l’UNESCO souligne la capacité des médias de favoriser le dialogue, la compréhension mutuelle et la réconciliation.

Dans le monde contemporain, où les forces de la mondialisation accélèrent l’interaction entre les peuples, l’une des principales difficultés consiste à dépasser les différences culturelles pour communiquer. En leur qualité d’arbitres, les médias doivent jouer le rôle important qui consiste à encourager et à faciliter cette communication et à offrir à toutes les parties constitutives de la société un espace de débat qui leur soit ouvert à toutes.

La recherche d’un équilibre entre le respect des différences de culture et la préservation de la liberté d’expression est source de tension dans quelque démocratie que ce soit : elle doit susciter débats et négociations. À l’UNESCO, on estime que chacun a le droit de s’exprimer franchement, voire avec sévérité, tant que son intention n’est pas d’inciter à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence. Toute tentative de restreindre le droit à la liberté d’expression doit être pondérée par l’application de ce critère.

Le moyen d’encourager le plus durablement possible la presse à œuvrer en faveur de la paix est d’affermir les principes et les pratiques qui caractérisent des médias libres et professionnels. Seule une presse dynamique, indépendante, pluraliste, ouverte et équitable, libre de toute pression éditoriale mais aussi de la censure et de l’influence de ses propriétaires ou de groupes d’intérêt, peut contribuer au dialogue et à la réconciliation entre parties antagonistes.

En mettant en cause les attitudes et les stéréotypes qui ont cours au sujet d’autres cultures, religions et peuples, les médias peuvent contribuer à éliminer l’ignorance, qui est mère de défiance et de méfiance, et promouvoir plutôt la tolérance et l’acceptation de la différence, qui valorise la diversité comme vecteur d’entente.

Nous devons redoubler d’efforts pour mettre en place des médias qui contredisent les préjugés hérités du passé tout en tolérant des points de vue différents des leurs ; des médias qui fournissent l’information dont tout un chacun a besoin pour prendre des décisions en connaissance de cause ; des médias qui présentent les deux faces d’une même réalité en un récit où tous se reconnaissent dans leur interdépendance ; des médias qui pratiquent le dialogue en réponse à la diversité.

En cette Journée mondiale de la liberté de la presse de 2009, engageons-nous tous à renforcer la liberté des médias et la liberté d’expression partout dans le monde. Nous disposons de principes et de cadres à l’aune desquels mesurer la portée de nos actions et de celles des autres. Nous devrions tous nous employer à mieux appliquer les normes qui y sont définies. Une presse libre n’est pas un luxe qui peut attendre des temps plus paisibles ; bien plutôt, elle fait partie intégrante du processus qui rendra leur avènement possible.

Koïchiro Matsuura

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