La chaire Guillermo Cano

La création de la chaire universitaire Guillermo Cano fait partie des activités qui marqueront le 20e anniversaire de l’assassinat resté impuni du rédacteur en chef d’El Espectador.

Le 17 décembre 2006, 20 ans se seront écoulés depuis la mort de Guillermo Cano Isaza, le rédacteur en chef d’El Espectador assassiné à Bogotá par les cartels de narcotrafiquants.

Né à Medellín en 1925, Cano Isaza a été journaliste pendant plus de quatre décennies. A 17 ans, il a commencé à écrire pour le quotidien de Bogotá El Espectador, qui est aujourd’hui un hebdomadaire. Il est devenu plus tard directeur de ce journal, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Influent, respecté par les autres journalistes colombiens, il n’a cessé de dénoncer les principaux problèmes du pays : la corruption, le trafic de la drogue, les violations des droits de l’homme, etc. Dans le même esprit, il a constamment défendu la liberté de la presse. Il a reçu plusieurs prix nationaux et internationaux. Sous sa direction, El Espectador a combattu sans relâche les cartels de narcotrafiquants de Medellín et de Cali, soutenant ouvertement l’extradition de leurs membres vers les Etats-Unis, ce qui devait lui coûter la vie. Le 17 décembre 1986, à 19 heures (heure locale), alors qu’il venait de quitter les bureaux de son journal, deux tueurs à gages à moto l’ont abattu avant de prendre la fuite.

L’assassinat de Cano marque le début de l’offensive que le cartel de Medellín, dirigé par Pablo Escobar Gaviria, a menée contre El Espectador. D’autres journalistes et des membres du personnel administratif du journal ont aussi été assassinés; d’autres encore ont dû s’exiler après avoir reçu des menaces de mort. Le 2 septembre 1989, le siège du journal, ainsi qu’un autre de ses bureaux situés dans la capitale, ont été partiellement détruits par des voitures piégées.

L’enquête sur l’assassinat de Cano a été soumise à d’énormes pressions qui ont entraîné des irrégularités. Alors qu’il était possible, à cette époque, de préserver leur anonymat, on a révélé l’identité des juges et des témoins à charge, ce qui a permis de les acheter, de les menacer ou de les tuer. Seul un des exécutants du meurtre, Luis Carlos Molina Yepes, est allé en prison, et il en est sorti au bout de six ans.

La Fondation Guillermo Cano Isaza (Fundación Guillermo Cano Isaza) organisera à partir du 18 décembre une série d’activités destinées à commémorer la vie et l’œuvre de cet éminent journaliste. L’UNESCO décernera le Prix mondial de la liberté de la presse Guillermo Cano pour 2007. La Fondation va aussi publier un rapport sur la liberté de la presse depuis 20 ans, et créer la chaire Guillermo Cano avec l’aide des facultés de journalisme de plusieurs universités du département d’Antioquia. La directrice de la Fondation, Marisol Cano Busquets, qui est la nièce de Guillermo Cano, a déclaré à la FLIP que ces activités avaient pour but de « réaffirmer le type de journalisme dans lequel Guillermo Cano s’est engagé - un journalisme indépendant, libre et fondé sur des idées claires - au profit des nouvelles générations de journalistes ».

SOURCE : Fondation pour la liberté de la presse (FLIP), Bogotá.

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