Journée mondiale de la science 2005

World Science Day 2005

©UNESCO

Chaque année, la Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement nous offre l’occasion d’accorder une attention particulière à la contribution de la science au développement durable et à l’amélioration des perspectives de paix. De l’agriculture à la médecine, des énergies renouvelables à la gestion de l’eau, les progrès scientifiques et technologiques jouent un rôle clé dans le développement social et économique, où ils trouvent des applications très variées.

Bien entendu, l’importance de la science ne doit pas reposer uniquement sur la valeur de la recherche et de la connaissance en soi. En effet, elle tient également à la capacité de celles-ci de satisfaire les besoins de la société et à leur efficacité face à ces besoins et aux objectifs macroéconomiques définis par les gouvernements. Il s’agit là d’un défi aux plans national et international.

Si les objectifs de la science n’ont pas fondamentalement changé, les besoins sociaux ont, eux, beaucoup évolué. De nos jours, la science doit relever des défis complexes qui sont d’ampleur et de nature mondiales. Elle doit affronter des problèmes immenses et difficiles qui ne peuvent être traités que moyennant des efforts conjoints. La science est par essence une entreprise collective, ses progrès sont généralement dus à la motivation et à la persévérance d’équipes de recherche qu’aux découvertes de personnalités exceptionnelles. La coopération est au cœur du travail scientifique.

En cette Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement, je souhaite insister cette année sur l’importance cruciale de la coopération Sud-Sud en matière de science et de technologie. Cette coopération est peut-être plus importante aujourd’hui que jamais et il faut donc continuer à la soutenir et à l’encourager. La coopération Sud-Sud est porteuse de promesse et de la possibilité de créer dans les pays du Sud une masse critique de scientifiques et de technologues hautement qualifiés et inventifs, qui soient formés à traiter les problèmes d’importance primordiale pour les populations du Sud. Grâce à l’échange de travaux de recherche et de formations aux liaisons et à la mise en réseau entre institutions, la coopération Sud-Sud peut contribuer à la création d’une culture professionnelle d’excellence entre scientifiques qui travaillent dans leur pays où leur contribution est indispensable.

En outre, la coopération Sud-Sud dans le domaine de la science et de la technologie offre de réelles occasions de promouvoir le développement et la paix. Les expériences de développement au Sud sont riches et variées. Parce qu’ils ont des points communs au plan historique et géographique ou bien parce que les défis qu’ils ont à relever en matière de développement sont semblables, les pays du Sud ont d’importantes leçons à partager concernant les difficultés qu’ils ont affrontées et les résultats positifs auxquels ils sont parvenus. Le dialogue et la collaboration scientifiques sont en outre des mécanismes vitaux pour créer des intérêts réciproques et une compréhension mutuelle entre les peuples. L’UNESCO considère depuis longtemps que la promotion de la cause de la paix par la coopération scientifique internationale et par la coopération Sud-Sud est et continuera à être un aspect important de ce travail.

Aujourd’hui, la promotion et l’utilisation par l’UNESCO des modalités de coopération Sud-Sud figurent dans le programme UNITWIN et chaires UNESCO, par exemple. En outre, le recours à la coopération Sud-Sud ainsi que Nord-Sud est au cœur du Programme international relatif aux sciences fondamentales (PISF), qui est axé sur le renforcement des capacités scientifiques et sur le transfert et le partage de l’excellence et de l’information scientifiques.

En cette Journée mondiale 2005 de la science au service de la paix et du développement, l’UNESCO appelle tous ceux qui participent à l’entreprise scientifique à réaffirmer leur engagement de bâtir un monde pacifique, prospère et équitable grâce à la science et à concrétiser cet engagement par la coopération internationale et des activités menées en collaboration. Souhaitons que les scientifiques développent, par la coopération Sud-Sud en particulier, des rapports de solidarité et d’entraide qui apporteront des bénéfices concrets et qu’ils soient aussi pour d’autres des modèles à suivre.

                                                                                                 Koïchiro Matsuura

SpRuArCh

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