Cérémonie de lancement, UNESCO, le 21 janvier 2014

Emil Makovicky, Professeur associé en minéralogie et cristallographie à

Les jalons dans les arts décoratifs de l’Islam oriental à travers les yeux des cristallographes

Emil Makovicky

SYNOPSIS

L’art décoratif Islamique est peut-être le plus riche qui ait jamais été créé. Bien qu’il existe des différences entre les écoles orientales et occidentales, il transcende à la fois les frontières des pays, les langues et les replis identitaires nationaux. Nous allons nous concentrer sur la branche orientale de la culture Islamique, dont nous allons comparer les approches avec celles de l’Islam occidental.

Une des gloires des motifs géométriques Islamiques faites en briques non émaillés est liée à la règle de Turcomans Seldjoukides d’Asie centrale et d’Iran. En effet, les tombes, les tours et les minarets étaient joliment ornés. L’avènement de la lumière et du verni bleu foncé ont contribué à perfectionner ces créations. En Anatolie, la géologie impressionnante a certainement influencé l’expression artistique de cette époque: sculpture d’ornementation sur basalte, etc. Les motifs entrelacés sont communs et nous conduisent au-delà des groupes de symétries du plan. L’art Moghole d’Inde a été influencé par la disponibilité et la proximité de grès fins.

Dans l’art Islamique oriental, les artisans ont réussi à se libérer du monde des motifs périodiques pour la première fois à la fin du 12ème siècle. En 1991, nous avons décrit un modèle quasi-périodique décagonale ornant une tour funéraire seldjoukide à Maragha (Iran). Les modifications des siècles suivants sont connues et répertoriés aujourd’hui en plusieurs endroits tels qu’à Ispahan, Konya (Turquie) et en plus autres endroits de façon fragmentaire. La profondeur de la compréhension en géométrie des artistes de cette époque est étonnante. Les comparaisons de modèles quasipériodiques décagonaux et octogonaux découverts dans l’ouest du monde Islamique sont très intéressantes.

Les découvertes de glaçages et vernis parfaits de couleurs ont éliminés beaucoup de l’art géométrique virtuose d’origine Iranienne. Les motifs étaient désormais peints sur des carreaux carrés plutôt que sur des éléments en brique. Une branche florissante de l’art du carrelage et du vitrage était liée à l’art de la tuile d’Iznik en Turquie. Des études détaillées montrent que les premiers temps de la symétrie des pavages étaient un monde fascinant où l’application directe au processus de pose de tuiles et carreaux a permis de comprendre certaines erreurs anciennes.

PRESENTATION

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