Une réponse locale pour la sauvegarde du fleuve Niger

© UNESCO/Roger, Dominique

Malgré la reconnaissance internationale de la valeur exceptionnelle sur le plan naturel et culturel du fleuve Niger, ses ressources sont aujourd'hui menacées. Changements climatiques, démographie et urbanisme compromettent son avenir : chute du débit, érosion des berges. L’Union européenne et la Convention France-UNESCO s'impliquent fortement dans ce projet et poursuivent leur plan d’actions depuis 2005.

Les enjeux

Le projet agit à l’échelle locale. Il valorise les cultures des habitants du fleuve. En comprenant, en revitalisant certaines pratiques et savoir-faire traditionnels et surtout en encourageant les riverains à se réapproprier le fleuve, ses ressources seront mieux exploitées. Ce travail de mémoire anticipera les mutations profondes du fleuve liées aux aménagements hydrauliques en amont et programmés dans les décennies à venir.

Un projet innovant

Il s’appuie sur une coopération « de fleuve à fleuve » entre le Niger et la Loire. Inaugurée en 2005, la charte Loire-Niger mobilise des collectivités locales riveraines du Niger et de la Loire et des universités du Val de Loire intervenant auprès de leurs homologues au Mali.

© UNESCO/ Roger, Dominique

Les enquêtes pour mieux connaître le fleuve

La collecte d’informations est l’un des enjeux majeurs et spécifiques : favoriser une meilleure prise en compte des pratiques et cultures des riverains. La Direction nationale du patrimoine réalise un inventaire du patrimoine culturel lié au fleuve. Il porte sur le patrimoine immobilier (mosquées, sahos, …), le patrimoine immatériel (pêches collectives, fêtes agraires, traversées des troupeaux) et les « Trésors humains vivants » (personnes détentrices de savoir-faire : guérisseurs, bateliers, pêcheurs, …). L’Université de Bamako coordonne une enquête anthropologique sur les cultures du fleuve. 13 sujets de recherche ont été initiés comme « Masques et marionnettes sur le fleuve », « Le fleuve Niger source de relation de cousinage, fondement de la culture et de la paix », « Changement climatique et évolution des activités de pêche ».

La formation des collectivités locales

Le Dipmôme d'etudes supérieures spécialisées (DESS) « Décentralisation et ingénierie du developpement local » comporte un tronc commun et une spécialisation. Deux nouvelles spécialisations sont développées : "Gestion environnementale des milieux aquatiques et fluviaux" et "Gestion du patrimoine et développement durable". La formation continue s’adresse aux techniciens des collectivités territoriales, aux agents des services de l’Etat et aux usagers. 5 modules de 20 heures chacun sont dispensés dans les régions pilotes du projet (Bamako, Ségou, Mopti/Djenné).

Les actions pilotes de gestion de l’eau et de l’assainissement

8 projets sont mis en œuvre comme la réhabilitation du port de Mopti ou la création d’un site de regroupement des teinturières à Bamako.

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