Historique de la langue arabe à l’UNESCO

En 1948, la troisième Conférence Générale de l’UNESCO, tenue à Beyrouth (Liban), déclare que l’arabe sera en plus de l’anglais et du français, la troisième langue de travail des organes directeurs réunis dans un pays arabophone. Dès cette date, le souci d’offrir une visibilité aux quatre autres langues est exprimé, en assurant la traduction, ainsi que l’impression et la distribution de documents, d’ouvrages et d’autres publications de l’UNESCO particulièrement importants et choisis à cet effet. Lors de la septième session du Conseil Exécutif, il est déjà reconnu que l’arabe pourrait être utilisé pour l’interprétation lors des séances et la traduction des périodiques et principaux documents de travail car la langue arabe est commune à un grand nombre d’États membres.

Pays de langue arabe

En 1960,  la Conférence générale reconnaît l’importance de la langue arabe et déclare que les documents de l’UNESCO auraient le maximum d’influence sur les pays de langue arabe s’ils sont diffusés en arabe.

 

L’UNESCO décide alors d’assurer l’emploi de l’arabe aux conférences régionales tenues dans les pays arabophones ainsi que la traduction en arabe des principaux documents et publications.

En 1964, lors de la conférence régionale des commissions nationales arabes à Alger, il est rappelé ce souhait d’augmenter les traductions vers d’autres langues. Les Commissions nationales ou le Secrétariat pouvaient alors faire une demande pour traduire des ouvrages selon leur utilité régionale, la nature et l’étendue du public à atteindre, pour favoriser le multilinguisme et la diversité culturelle. Les moyens mis en œuvre ont été les services de traduction, l’impression et l’édition, et la distribution des œuvres.

En 1966, une résolution est adoptée pour accroître la présence de l’arabe à l’UNESCO avec la décision de mettre en place une interprétation simultanée vers l’arabe et à partir de l’arabe pour les séances plénières, ainsi que la traduction des documents importants. Dès cette date, un effort est mené par le Directeur général pour mettre l’arabe au même niveau que les autres langues officielles de l’UNESCO.

En 1968, à la demande du Directeur Général d’inclure l’arabe comme une des langues de travail, la Conférence Générale a décidé de réaliser l’emploi progressif de l’arabe avec une première phase de traduction des documents de travail et des comptes rendus in extenso, et la mise à disposition des services d’interprétation. Un programme d’élargissement de l’utilisation de la langue arabe est mis en place à l’UNESCO, notant l’importance de l’arabe en tant que moyen d’expression et de préservation de la civilisation et de la culture humaines. En 1974, après cette phase progressive, la Conférence générale adopte l’arabe comme langue officielle et décide de lui assurer le même statut que celui dont jouissent le chinois, l’espagnol et le russe. La question de l’emploi de l’arabe comme langue de travail du Conseil exécutif a été inscrite à l’ordre du jour en 1974 à la demande des gouvernements de l’Algérie, de l’Arabie Saoudite, de la République arabe d’Egypte, de l’Irak, du Koweït, du Liban, de la Tunisie et du Yémen.

Après l’adoption de l’arabe comme langue officielle à l’UNESCO, l’Organisation a pu valoriser la langue arabe, tout d’abord au niveau institutionnel avec la traduction des documents officiels et des comptes rendus, et avec le développement des services d’interprétations pour les réunions et conférences, mais aussi au niveau de la culture du monde Arabe avec l’augmentation significative des traductions d’Oeuvres représentatives de langue arabe et vers l’arabe. En outre, l’UNESCO a pu mettre en place des programmes pour favoriser les traductions des périodiques et publications.  Encore aujourd’hui, l’UNESCO vise à étendre l’utilisation de la langue arabe dans ses activités, à travers des projets comme le développement de la version arabe du portail Internet de l’UNESCO, la traduction de données terminologiques, ainsi qu’en encourageant la traduction, l’édition et la distribution de publications en arabe. Ce projet a été concrétisé grâce à la contribution du Prince Sultan bin Abdul Aziz Al Saoud, depuis 2005.

La « Journée internationale de la langue arabe » a été fixée au 18 décembre, date à laquelle, en 1973, l'Assemblée générale des  Nations Unies a adopté l'arabe comme  sixième langue officielle de l'Organisation. Les Journées des langues à l’ONU sont destinées à promouvoir et à fêter le multilinguisme et la diversité culturelle, ainsi que l'égalité de toutes les langues officielles en usage au sein de l'Organisation. Les Nations Unies ont déjà célébré cette année cinq des six langues officielles de l’ONU : le français (20 mars), l''anglais (23 avril), le russe (6 juin), l'espagnol (12 octobre) et le chinois (12 novembre).

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