01.05.2013 - UNESCOPRESS

La Journée internationale du Jazz à Istanbul – musique, dialogue et paix dans un carrefour culturel mondial

© Mahmut Ceylan

Du début jusqu’à la fin, cela a semblé être une journée parfaite. Un temps d’été, une affluence estivale, et le plus important, du jazz à écouter et à méditer sans modération.

L’événement principal de la Journée internationale du Jazz à Istanbul a débuté avec une représentation au lycée de Galatasaray, l'école la plus ancienne et la plus influente de Turquie. Les étudiants s’étaient amassés dans l’auditorium principal afin d’écouter des invités spéciaux comme l’Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO Herbie Hancock qui a fait trembler les murs au son de la bonne musique.

© Mahmut Ceylan

Deux d'entre eux ont pris l’initiative de monter sur scène  pour montrer que jouer du jazz peut être tout aussi satisfaisant que d’en écouter. Wayne Shorter, le saxophoniste et compositeur légendaire a reçu la Médaille UNESCO des Cinq Continents pour sa contribution unique au jazz. Sa carrière est marquée par une collaboration avec Miles Davis, collaboration qui a repoussé les frontières du genre, par la co-fondation du groupe de jazz fusion Weather Report et par la récompense de plusieurs Grammy Awards. Les étudiants ont quitté de l'événement en se déplaçant au rythme de la musique et en pensant également au  jazz qui contribue au dialogue, à la tolérance et à la compréhension.

Ce thème a été le fil conducteur des événements autour d'Istanbul. De la bonne musique et beaucoup de discussions. Hugh Masekela, Marcus Miller, Charlie Gans et Yavuz Baydar ont parlé du jazz et de liberté (des points de vue qui ont été développés en Afrique du Sud, aux États-Unis et dans l'ancienne Union soviétique). Thelonious Monk Jr. a parlé de sa vie et de son éducation au jazz, en particulier du fait d’avoir grandi avec son père et les autres légendes du jazz autour de lui. Ramsay Lewis, trois fois vainqueur d’un Grammy Awards et Robert Glasper, producteur de disques ont discuté de ce qui fait un grand jazzman et ont répondu aux questions du public. Il y avait de la musique partout, d’un concert spécial de percussions en passant par un trio de jazz local. «Chaque endroit était bondé » a déclaré l'organisatrice Mika Shino. « C'était beau de voir comment les gens ont réagi à l'idée que le jazz était plus que de la bonne musique. C'est une force de changement positif dans le monde. »

© Mahmut Ceylan

C'est le véritable message de la Journée internationale du jazz. Lors de la conférence de presse, Herbie Hancock a déclaré: « Utiliser le jazz comme un outil, je crois profondément que cette musique (soit en jouant d'un instrument, soit en apprenant sa riche histoire culturelle, ou en écoutant les millions d'enregistrements réalisés au cours des derniers siècles) va démontrer que les barrières peuvent être franchies, que l'unité peut être atteinte, que de nouvelles formes d'expression peuvent être créées et qu’un dialogue entre les cultures peut commencer. De ma longue carrière en tant que musicien de jazz, je sais de première main que les idées novatrices peuvent réaliser l'impossible, transformer l'humanité et provoquer des changements productifs à la racine. » À Istanbul, il a partagé cette vision avec une ville qui est déjà connue pour sa tolérance et sa compréhension culturelles.

Le point culminant bien sûr, a été le concert principal à Sainte-Irène, la plus ancienne église d'Istanbul (datant du IVe siècle). C’est  une salle de spectacle célèbre et un site du patrimoine mondial de l'UNESCO. La foule à guichets fermés a d'abord été séduite par l'ambiance et l'acoustique de la salle avant d’être emportée par la musique. Pour n’en nommer que quelques-uns sur scène,  Al Jarreau et Dianne Reeves sang, Terence Blanchard ont joué de la trompette, Esperanza Spalding  a chanté et joué de la basse et John McLaughlin et Lee Ritenour ont joué de la guitare. « Je ne peux pas y croire » a dit un fan de jazz de longue date dans la foule. « C'est comme si des concerts de toute une vie étaient concentrés en une soirée. »

Martin Luther King III était l'invité spécial du concert. Le fils aîné de Martin Luther King et Coretta Scott King est un ambassadeur passionné pour le changement social non violent  à l’instar de ses parents. Il a parlé du jazz comme un outil pour la paix et a rappelé les paroles de son père au Festival de Jazz de Berlin en 1964 : « Jazz parle de la vie. »

« Le jazz montre la richesse qui émerge de la diversité », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova. « Ma gratitude va à l'Ambassadeur de bonne volonté Herbie Hancock et à l'Institut Thelonious Monk of Jazz et à son président, Tom Carter, qui a permis à cette journée d’exister ici et  partout dans le monde. Je tiens également à remercier le Gouvernement de la Turquie et la Fondation d'Istanbul pour la Culture et les Arts ».

La journée s'est terminée ainsi  avec beaucoup de fans de jazz satisfaits  et de multiples raisons de penser à la contribution du jazz au monde.

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