16.02.2013 - SERVICES WEB

Un lundi pour le Mali, un lundi d'espoir

©UNESCO/T. Joffroy/CRATerre-EAG-
Réfection de l'enduit de la mosquée de Sankoré à Tombouctou, Mali, 2003

Le lundi 18 février est une journée de solidarité exceptionnelle, consacrée au Mali. Des décideurs et des experts venant du Mali, de  France et de l'UNESCO vont se réunir  au Siège de l'UNESCO afin de définir un plan d'action visant à reconstruire le patrimoine culturel malien et à sauvegarder ses manuscrits historiques.

En présence de la  Directrice général de l'UNESCO Irina Bokova, les ministres de la Culture de la France et du Mali , Bruno Maïga et Aurélie Filippetti, ouvriront respectivement la journée. Les experts et les gestionnaires des sites du patrimoine du Mali, des musées et des bibliothèques offriront un aperçu des dégâts dont a souffert le patrimoine culturel durant le conflit. Ils examineront également comment la crise affecte la future préservation des biens culturels, tels que le projet de création d'une bibliothèque numérique pour les célèbres  manuscrits de Tombouctou. Les réponses stratégiques à la crise de l’UNESCO et de ses partenaires seront ensuite discutées.  A 17h30, il est prévu qu’un plan d'action ait été mis  au point pour être présenté lors d'une conférence de presse. La journée se terminera par un concert  de musiciens de renom, parmi  les plus distingués du Mali, dont Rokia Traoré, Bafing Kul & Appolo Band, Mali Den, Cheick Tidiane Seck, Pedro Kouyaté et Inna Modja.

© Présidence de la République
La Directrice générale de l'UNESCOl, Irina Bokova, a visité le Mali le samedi 2 février 2013 en compagnie du Président français François Hollande et le Président interimaire du Mali Dioncounda Traoré

«La reconstruction du patrimoine culturel donnera au peuple malien la force et la confiance pour restaurer  l'unité nationale et regarder vers l'avenir», a déclaré Irina Bokova. En effet, protéger le patrimoine signifie protéger la population. Il s'agit de préserver leur mode de vie, leurs valeurs, leurs identités.  Ces repères sont des  ressources essentielles à la reconstruction lorsque la guerre est terminée. Détruire la culture nuit aux sociétés sur le long terme. Elle les prive de sources de mémoire collective ainsi que de précieux atouts sociaux et économiques.

Cette journée-évènement fait suite à la visite de la Directrice générale au Mali, le 2 février 2013 ,en compagnie  du Président français François Hollande, et réitère les appels de l'UNESCO pour la protection du  patrimoine de ce pays. Depuis  l’éclatement du  conflit, l'UNESCO a travaillé en étroite collaboration avec les autorités maliennes pour mettre en œuvre des mesures d'urgence appropriées et pertinentes.  

Des cartes répertoriant le patrimoine malien à l’aide de coordonnées géographiques ont été développées afin d’aider les forces maliennes à identifier et à éviter les dommages à l’encontre des sites du patrimoine culturel, durant la tourmente. Un «Passeport du patrimoine» a été créé pour sensibiliser et protéger le patrimoine culturel dans le nord du Mali.  

© CRAterre/Thierry Joffroy -
Tombeau des Askia

© Ministère de la culture du Mali/DNPC
Le mausolée Cheick Alpha Moya après sa destruction

D’autre part, l'UNESCO travaille avec Interpol, l'Organisation mondiale des douanes et les forces spéciales de police françaises et italiennes afin de contrer la hausse du trafic illicite des trésors qui constituent  la richesse culturelle du Mali. En complément de l'aide financière fournie au Mali par le Fonds du patrimoine mondial et le Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, Mme Bokova a mis en place un Fonds spécial pour offrir une aide d'urgence au Mali pour le patrimoine culturel matériel et immatériel ainsi que la réalisation des projets de reconstruction et de réhabilitation dès que la situation sécuritaire le permettra. Ce Fonds servira également à renforcer les capacités des gestionnaires de sites du patrimoine culturel et les communautés locales de Tombouctou et de Gao dans la gestion et la sauvegarde de leur patrimoine.

Gravement touchés par le récent conflit, les sites du patrimoine mondial de Tombouctou et le Tombeau des Askia ont été placés sur la liste de l'UNESCO du patrimoine mondial en péril. L'an dernier, à la suite de la destruction des sanctuaires sacrés à Tombouctou, un porte-parole de l'un des groupes islamistes contrôlant le nord du Mali, a déclaré à la presse : « Il n'y a pas de patrimoine mondial.  Il n'existe pas. Les Infidèles ne doivent pas s'immiscer dans nos affaires. » La journée-événement du 18 février en démontre le contraire.

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