30.01.2013 - UNESCOPRESS

Journée mondiale de la liberté de la presse - Qui va révéler les vérités cachées?

©UNESCO/Adriana Zúñiga

« Notre objectif est clair : faire en sorte que chaque journaliste puisse exercer sa profession en toute sécurité et qu’aucun crime ne reste impuni », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, lors de la conférence internationale «  Parler sans crainte : la liberté d’expression dans tous les médias », organisée au Costa Rica à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai. « La liberté d’expression doit être respectée aussi bien dans le monde réel que dans le monde numérique, lequel génère un nombre croissant d’informations et s’adresse à un public de plus en plus vaste », a-t-elle ajouté.

©UNESCO-
President of Costa Rica, Laura Chinchilla, and UNESCO Director-General, Irina Bokova, at the World Press Freedom Day reception

©UNESCO/Adriana Zúñiga

La Directrice générale a prononcé ces mots au cours de la cérémonie de remise du prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano dont la lauréate 2013 est la journaliste éthiopienne Reeyot Alemu. Le message de Reeyot Alemu, lu par Alana Barton, membre de la Fondation internationale des femmes dans les médias  -l’organisation qui a proposé la candidature de Reeyot Alemu-, a été l’un des plus émouvants et des plus applaudis de la journée. La lauréate n’a pas pu recevoir son prix en personne car elle purge actuellement une peine à la prison de Kality. 

« Cette récompense n’est pas seulement la mienne, mais celle de toutes les personnes et de toutes les institutions qui se battent pour la liberté de la presse dans le monde […], a déclaré Reeyot Alemu dans son message. Je suis très préoccupée par le sort de ceux qui sont catalogués comme terroristes et jetés en prison parce qu’ils luttent pour leurs droits d’une manière pacifique […]. Si les journalistes sont emprisonnés, en exil ou en  difficulté, qui mettra au jour les vérités cachées ? ».

La présence d’un chevalet  orné d’une photo de la lauréate au centre de la scène donnait à son discours un relief particulier.

Le Président des Etats-Unis, Barak Obama, se trouvait au Costa Rica pour une visite bilatérale pendant la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Lors d’une conférence de presse avec la Présidente du Costa Rica, Laura Chinchilla, il a déclaré « je suis fier d’être ici alors que vous accueillez la Journée mondiale de la liberté de la presse. Tous les membres de la presse américaine devraient remercier le Costa Rica qui célèbre la liberté de parole et la presse indépendante, piliers essentiels de nos démocraties ».

Depuis Washington, le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a publié une déclaration de soutien à la Journée, soulignant l’importance des médias libres. « Les journalistes, a-t-il déclaré, sont de plus en plus confrontés à l’incapacité des gouvernements à protéger cette liberté et alors même que la technologie multiplie les possibilités de nouvelles expressions en ligne, la place des médias libre recule. Les Etats-Unis restent fermement mobilisés en faveur de la liberté de la presse et soutiennent les efforts de l’UNESCO en faveur de la liberté d’expression dans le monde ».

Au total, plus de 350 participants (militants de la liberté de la presse, représentants des Nations Unies, journalistes, bloggeurs, responsables gouvernementaux et de nombreux jeunes volontaires qui ont rendu compte de cet événement annuel organisé par l’UNESCO via des blogs, sur Tweeter et en tournant des vidéos)  ont pris part à la conférence. Les célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse ne se limitent pas au Costa Rica ; d’autres manifestations ont eu lieu à Tunis (Tunisie), Rabat (Maroc), New York (Etats-Unis) et Santiago (Chili).

©UNESCO/Adriana Zúñiga

©Francisco Mayorga
The youth newsroom

Les débats ont notamment porté sur la liberté d’expression et la sécurité des journalistes. Plus de 600 travailleurs des médias ont été tués au cours des dix dernières années alors qu’ils couvraient une actualité. Dans un climat de quasi impunité, seul un crime de journalistes sur dix donne lieu à des poursuites et se traduit par la condamnation de ses auteurs.

Le Prix porte le nom du journaliste Colombien, fondateur du journal El Espectador, assassiné il y a 27 ans. Son ancien collègue Javier Dario Restrepo a rappelé que  le journalisme « est une profession à haut-risque, pas un métier tranquille » et « qu’un journaliste réduit au silence équivaut à une société privée de sa voix ».

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