31.10.2016 - Communication & Information Sector

L’UNESCO soutient des radiodiffuseurs nationaux africains dans l’élaboration de plans d’action pour l’égalité des genres

© UNESCO - Participants de la formation.

La transition qu’a connue l’Afrique, avec la libéralisation de l’espace médiatique, a été marquée par une floraison d’organes de presse audiovisuelle, écrite et en ligne. Cette exigence de liberté d’expression et d’information a permis d’ouvrir le débat sur une multitude de problématiques jusqu’alors taboues ou ignorées, tel que le concept de genre.

Du 21 au 24 octobre 2016, des représentants de 25 radiodiffuseurs nationaux d’Afrique francophone se sont accordés sur l’élaboration de plans d’action pour l’égalité des genres après une formation sur l’application des Indicateurs d’égalité des genres dans les médias de l’UNESCO. À travers cet événement, l’Organisation a souhaité renforcer le pluralisme médiatique et l’adoption de politiques sensibles au genre dans les organisations de radio et télédiffusion africaines.

Les organisations des médias façonnent de manière considérable l’expérience de la diversité au sein d’une société, en faisant part des préoccupations des différents groupes qui la composent et en leur offrant une plateforme pour gagner en visibilité et se faire entendre. Cependant, les médias peuvent également entraîner la discrimination en accentuant les stéréotypes ou en empêchant certains groupes de prendre part au débat public. L’UNESCO œuvre activement en faveur de la pleine égalité des genres dans les médias d’ici 2030 et s’associe depuis de nombreuses années à toute une série d’activités spécifiques à la dimension de genre dans l’espace médiatique.

« Pour l’UNESCO, la réalisation de l’égalité des genres dans les médias est une priorité forte. En effet, c’est l’une de nos deux priorités mondiales, l’autre étant l’Afrique. Cette formation est donc au cœur des programmes de l’Organisation, » a déclaré Sylvie Coudray, Chef de section pour la Liberté d’expression au Secteur de la Communication et de l’information de l’UNESCO.

Parmi les intervenants figuraient des représentants de partenaires tels que l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’Union africaine de radiodiffusion (UAR), la Haute autorité de la communication audiovisuelle du Maroc, l’ONU Femmes Maghreb, ou encore la Broadcast Academy by Host Broadcast Services.

« Notre objectif commun est qu’au sortir de cette session de formation vous soyez dotés d’outils et de connaissances qui vous permettront de convaincre vos plus hautes autorités, vos collègues et vos partenaires sur l’importance des questions de genre dans le développement social des médias, » a expliqué Evelyne Faye, point focal ‘genre’ et responsable de la communication à l’UAR.

Tidiane Dioh de l’OIF a quant à lui souligné la corrélation entre le traitement de la femme dans la société et dans les médias. D’après lui, si la femme n’est pas ou peu représentée en société, il en sera de même dans les médias. Cependant, en tant que citoyens dotés d’esprit critique nous ne devons pas oublier que, bien que les médias reflètent en effet ce qui se passe dans une société, cette relation va dans les deux sens : les médias sont façonnés par les dynamiques sociales alors même que la société est influencée par ce que montrent les médias. Le changement doit donc se manifester des deux côtés, c’est-à-dire par l’égalité entre femmes et hommes dans les sphères de décision et par la représentation égale des femmes et des hommes dans le traitement de l’information. Tidiane Dioh a félicité le partenariat entre l’UNESCO et l’OIF dans ce domaine.

Après cet état des lieux de l’application des Indicateurs d’égalité et de façon plus générale des initiatives spécifiques à l’égalité des genres au sein des médias publics africains, les participants ont élaboré des plans d’action pour leur organisation à travers le prisme de différents indicateurs : conditions de travail, politiques éditoriales, contenus des médias…

Farah Outeldait, d’ONU Femmes Mahreb, recommande entre autres la création de points focaux dans les organes de presse, la généralisation d’un langage sensible au genre, le renforcement de la présence d’expertes et de femmes interviewées dans les médias, ou encore la mise en place d’outils d’audit et de contrôle.

S’appuyant sur son expérience dans le domaine des médias sportifs, Lise Cosimi-Breant, Directrice de la Broadcast Academy by Host Broadcast Services, a appelé les participants à sensibiliser les femmes de leur entreprise, par exemple en les incitant à former des groupes pour leur offrir un espace de discussion et d’échange.

L’Organisation travaille actuellement sur une stratégie de levée de fonds pour la mise en œuvre des plans d’action dans les 25 pays concernés.

Pour plus d’informations sur le programme et les participants, visitez le site dédié : https://fr.unesco.org/formation-application-indicateurs-egalite-genres-medias

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Les Indicateurs d’égalité des genres pour les médias ont pour objet de favoriser l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes dans et par toutes les formes de médias, indépendamment des technologies utilisées. Ils ont été mis en place par l’UNESCO, en coopération avec la Fédération internationale des journalistes et d’autres partenaires, sur la base de différentes consultations. 




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