Les savoirs autochtones

Numéro 173 - Septembre 2002

Au milieu des années quatre-vingt-dix, la Fondation américaine pour les sciences, les instituts nationaux de la santé des Etats-Unis et l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) ont lancé un partenariat d’un genre nouveau. Les International Cooperative Biodiversity Groups (ICBG) ont cherché à réunir des chercheurs universitaires, des sociétés pharmaceutiques, des organisations non gouvernementales et des représentants des peuples autochtones dans un consortium pour recenser des matériels génétiques et biochimiques pouvant s’avérer rentables. En dépit du caractère prestigieux des noms et des institutions, les résultats de l’initiative ne sont guère convaincants, c’est le moins qu’on puisse dire, et ils n’ont pas été très profitables aux peuples autochtones.

L’une des raisons essentielles est que l’on ne s’est pas suffisamment penché sur la question fondamentale, qui porte sur la façon d’envisager les connaissances autochtones dans leur rapport au pouvoir. Les articles du présent numéro analysent cette question, appelant à porter une attention accrue aux contextes dans lesquels vivent les peuples autochtones, se forgent les connaissances autochtones et se produisent les interactions entres les prétendus autochtones/locaux et les soi-disant scientifiques/modernes. Par ailleurs, ils insistent sur la nécessité d’accorder plus d’attention et de mieux comprendre les relations politiques souvent remplacées à tort par des catégories conceptuelles simplistes. De tels changements dans la manière de voir pourraient être à l’origine d’une plus grande incertitude en ce qui concerne l’évolution sociale et les changements dans les relations politiques : les articles du présent numéro ont été écrits en faveur de cette indétermination et de ces changements dans des relations asymétriques.

 

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