|
|
|
|
|
|
|
|
|
1991 - Discours de M. Federico Mayor |
|
| Directeur général de l’UNESCO | |
|
Monsieur le
Président de la République du Sénégal, Je suis très heureux et très fier de vous accueillir à l'UNESCO pour la première remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. C'est un grand honneur de voir rassemblés, à cette tribune et dans cette salle, tant d'invités éminents, à l'occasion d'une telle cérémonie. A l'Université du Cap, en 1979, la lauréate du Prix Nobel, Nadine Gordimer, évoquait ainsi les chances de réconciliation culturelle en Afrique du Sud : « Nous ne pouvons raisonnablement être optimistes que si, Noirs ou Blancs, nous pouvons justifier notre présence ici, ce que nous disons ici, en nous considérant comme en train d'apprendre la liberté. C'est sans doute le seul titre qui nous permette d'espérer le moment où arrivera du Drakensberg ou des hauteurs de l'Hex River ce "visiteur de l'avenir", l'artiste prophète de la réunion de cultures jusque-là séparées. » Cette remarque me paraît aujourd'hui applicable à l'ensemble de la société sud-africaine. C'est seulement – me semble-t-il – par l'apprentissage collectif de la liberté que l'Afrique du Sud peut avancer, sans méconnaître tous les dangers que comporte l'exercice de la liberté, sur la voie d'une culture partagée et interactive. Les démocraties sont évidemment, de par leur nature même, en perpétuel apprentissage. Toutes évoluent ; toutes connaissent des crises, toutes sont menacées par les forces que représentent la pauvreté, l'ignorance, le désespoir et le fanatisme. Si aujourd'hui, en Afrique du Sud, la démocratie est réellement en vue et n'est pas une simple utopie, c'est dans une large mesure grâce aux efforts déployés parallèlement par nos éminents invités, les deux lauréats du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Le vent de la liberté a rarement soufflé plus fort dans le monde que de nos jours, où il accélère semble-t-il, le rythme même de l'Histoire. Les événements qui se sont succédé récemment avec tant de rapidité en Europe, en Asie, en Amérique latine et en Afrique montrent combien l'esprit humain est indissociable de la liberté. Les idéologies et les systèmes politiques qui nient la primauté de la liberté individuelle ont vu leurs fondements ébranlés ou anéantis par une force plus essentielle qu'eux-mêmes. Nous vivons à une époque qui, vu l'ampleur des changements politiques et sociaux qu'elle connaît, rappelle les grands moments de libération de l'histoire humaine – un printemps des peuples à une échelle quasi planétaire, cette fois. Les chances qu'offre cet éveil de l'esprit humain sont considérables mais les défis à relever ne sont pas moins impressionnants. Ces chances sont celles qui sont associées au développement de la démocratie, conçue comme la somme et l'union des libertés individuelles, à l'avancement des droits de l'homme dans un cadre démocratique élargi, enfin à la promotion de la paix et de la sécurité internationales, plus sûrement garanties par la démocratie que par les régimes autoritaires dont les tensions intérieures non résolues dégénèrent trop souvent en conflits et en agressions extérieures. Les défis sont précisément ceux que posent l'harmonisation des libertés individuelles, la participation des citoyens, la formation d'une société fondée sur la reconnaissance mutuelle des libertés. Apprendre à vivre ensemble et affirmer les droits individuels sont des aspects indissociables de l'apprentissage de la liberté. Il n' est guère de personnalités contemporaines qui incarnent aussi puissamment la lutte pour la liberté que Nelson Mandela, Président de l'African National Congress (ANC) d'Afrique du Sud. La campagne qu'il a menée pendant plus de cinquante ans au nom de l'égalité, de la justice et de la dignité, son courage, sa sérénité et son intelligence face à l'oppression et à la souffrance en ont fait le symbole de la libération non seulement dans son pays mais dans le monde entier. Permettez-moi de citer ici un poème que je lui ai dédié à l'occasion de son soixante-dixième anniversaire : Tu
es là, enchaîné Du fond de votre prison, Monsieur, vous avez compris mieux que quiconque que le coût de la véritable démocratie est toujours élevé et que, comme l'a dit José Marti, il faut se résoudre à vivre sans elle ou se décider à en payer le prix. Nelson Mandela – source d'espoir pour des millions d'Africains, symbole de leur lutte et de leurs aspirations – a par la force de son exemple conféré une dimension universelle à la lutte contre l'apartheid. S'il en est ainsi, c'est parce que - dans la tradition d'un Simon Bolívar ou d'un Martin Luther King - il illustre l'engagement du libérateur qui, dans son combat pour sa cause, ne perd jamais de vue ses idéaux. Comme il l'a écrit en 1980, lorsqu'il a accepté le Nehru Award for International Understanding (Prix Nehru pour la compréhension internationale) : « Savoir que notre souffrance est partagée (...) c' est garder vivant en nous le sentiment de ne faire qu'un avec l'humanité et avoir en conséquence, des responsabilités vis-à-vis du monde. Cela contribue à renforcer notre foi et notre croyance en l'avenir. » Pendant les longues années de lutte et d'emprisonnement, face à l'injustice cruelle dont lui-même, sa famille et son peuple étaient les victimes, il est resté fidèle à sa vision d'une Afrique du Sud démocratique et non raciale – un pays uni où tous les citoyens, sans distinction ni discrimination, auront leur place et jouiront de leurs droits politiques, économiques et sociaux. C'est cette sagesse et cette clairvoyance, cette quête constante de l'harmonie et de la convergence sur lesquelles s'édifient la compréhension sociale et la paix, cette adhésion à la liberté au sens le plus large du terme, qui ont permis à Nelson Mandela de jouer un rôle si décisif dans l'établissement des fondations d'une Afrique du Sud nouvelle. Depuis trois ans – presque jour pour jour – qu'il dirige le Nationalist Party et depuis deux ans et demi qu'il est Président de la République sud-africaine, Frederik w. De Klerk a contribué à libérer son pays d'un passé d'injustice stérile et à l'ouvrir à un avenir plein de dangers et de difficultés certes, mais aussi prometteur de réconciliation et de renouveau. Avant d'entrer en fonctions, le Président De Klerk a reconnu que « la sécurité des Blancs ne saurait être fondée sur l'injustice à l'égard des autres peuples d'Afrique du Sud » et annoncé son intention d'instaurer « un ordre constitutionnel, économique et social équitable ». Lorsqu'il a prêté serment, au moment de prendre ses fonctions, il a déclaré ceci : « L'histoire, j'en suis convaincu, nous offre une occasion unique de trouver des solutions pacifiques. Je suis persuadé que le peuple sud-africain aura le courage et la clairvoyance nécessaires pour briser le cercle des conflits, des tensions et de l'isolement dans lequel nous avons été enfermés si longtemps – le courage et la clairvoyance d’œuvrer à l'avènement d'une Afrique du Sud nouvelle, forte et juste ». Ce sont là des qualités dont il a lui-même donné l'exemple. Répondant à l'appel de la justice et à la voix de la communauté internationale, il a commencé à prendre une série de mesures qui témoignent de la volonté de rompre avec le passé : la levée de l'état d'urgence, la libération des prisonniers politiques, la levée de l'interdiction des partis d'opposition, l'abrogation ou la modification de nombre des lois servant de base à l'apartheid et – plus récemment – le début d'un processus de partage du pouvoir. Le pas décisif reste évidemment à franchir : l'élaboration et l'adoption d'une constitution qui débouchera sur une Afrique du Sud véritablement démocratique et non raciale n'en est pas moins tout à l'honneur du Président De Klerk d'avoir reconnu que la liberté du peuple sud-africain est en définitive indivisible et d'avoir eu le courage et la volonté d'agir en conséquence. Ainsi, Nelson Mandela et le Président De Klerk ont réussi, bien que venus d'horizons différents par des voies différentes, à trouver un terrain commun permettant un dialogue fondé sur la reconnaissance mutuelle des libertés. Ils ont mis en marche une dynamique de la démocratie qui, s'il est possible de la maintenir, pourrait en définitive s'enrichir de la diversité même de ses origines. Ils ont parié sur la liberté alors que des décennies d'histoire et d'habitudes enracinées auraient pu les condamner à une succession de conflits violents. Si l'histoire est imprévisible, c'est précisément parce que des personnes comme Nelson Mandela et le Président De Klerk exercent leur liberté pour mettre en question le passé en vue de construire l'avenir. Leur entreprise historique -nous le savons tous -n'est pas sans risques. Tous deux doivent compter avec ceux qui, dans des camps opposés, voudraient refuser aux autres ce qu'ils revendiquent pour eux-mêmes. Aussi, ce qui unit Nelson Mandela et le Président De Klerk c'est qu'ils partagent les mêmes espoirs pour l'avenir et qu'ils rejettent l'un et l'autre les extrêmes qui empêcheraient la réalisation de ces espoirs. Le chemin à parcourir sera forcément difficile car, comme l'a dit Nelson Mandela, citant Nehru, la marche vers la liberté n'est jamais facile. Mais c'est dans cette alliance, dans cet apprentissage conjoint de la liberté, que réside la meilleure chance – et sans doute la seule : d'édifier une Afrique du Sud unie et démocratique. Non, la marche vers la liberté n' est jamais facile. Et elle est longue, aussi longue, comme disait le poète, que l'impatience est violente. Dans notre hâte de voir se concrétiser des changements souhaités et attendus de longue date, nous méconnaissons souvent l'importance du temps. L'apprentissage de la liberté, celui de la démocratie, sont des processus, et en tant que tels, s'inscrivent dans le temps, ce temps dont Bergson, qui en a si bien traqué l’œuvre dans nos consciences, écrivait qu'il « est ce qui se fait, et même ce qui fait que tout se fait ». Ce qui relève des mentalités, de la culture en général, évolue avec lenteur. Les décideurs, les hommes d'action, les jeunes, souhaitent faire vite. Et il faut, souvent, aller vite. En politique, on peut agir par décret. Mais si la décision concerne des phénomènes culturels, elle reste sans effet immédiat puisque son objet s'inscrit, lui, dans un temps qu'on ne bouscule pas. Inversement, quand les temps sont mûrs pour la liberté, aucune barrière, aucun décret ne résiste. Tel changement qui paraît imprévu, soudain, voire inexplicable, dans le domaine politique, représente souvent l'aboutissement de processus lents, à l’œuvre souterrainement dans d'autres domaines depuis longtemps. Ce qui s'est passé récemment dans l'ex-URSS est, certes, le résultat de la vision et du courage d'un homme, mais aussi l'aboutissement de nombreuses années d'invisible maturation. En cette fin du XXe siècle, les équilibres basculent, les blocs se désagrègent, l'aspiration à la démocratie prouve son universalité. Resterions-nous spectateurs, voyageurs tranquilles installés devant des appareils enregistreurs, gestionnaires impavides d'un calendrier où règne la routine ? Non, nous ne le pouvons pas, nous ne le voulons pas, car nous savons trop combien est rare et précieuse une telle conjonction. Les démocraties « anciennes » ne sauraient se contenter ni de s'émerveiller, ni de se congratuler : l'histoire les entraîne hors des sentiers battus. La réalité politique et sociale s'exprime sur des modes nouveaux ; les jeunes démocraties, aux bases encore si fragiles, ont besoin d'aide pour survivre, et d'une aide inventive ; les haines et les fanatismes, ennemis éternels de la démocratie, guettent le moment propice pour prospérer. Il faut donc être tout à la fois confiant, audacieux, généreux, créatif, vigilant et impitoyable. Et pour être tout cela, il faut une énergie peu commune. La paix, la liberté, la construction de la démocratie requièrent au moins autant d'énergie que la guerre, la résistance, le refus. En outre, il n'existe en la matière ni recette, ni modèle. Certes, la démocratie se fonde sur des principes universels qui doivent forger en chaque citoyen des attitudes toutes de compréhension, de justice et d'équité. Mais la façon dont les libertés s'imbriquent varie selon les pays, puisqu'elle est fonction de l'histoire et des spécificités culturelles nationales. À chaque pays, donc, de trouver, suivant ses particularités, sa forme de démocratie. Il serait sans doute plus facile d'appliquer un schéma universel : ce serait aussi terriblement réducteur et probablement inefficace. Nous devons au contraire rechercher dans chaque cas la solution complexe qui rendra compte de la complexité du réel, définir - empiriquement s'il le faut - l'équilibre entre les libertés individuelles et les libertés collectives, inventer les moyens, pour cette démocratie-là, de refondre constamment dans la communauté nationale l'individualisme qu'elle fait naître, et de garantir ainsi sa solidité et sa durée. Si l’UNESCO s’intéresse à cette recherche et s’efforce d’y participer c'est parce que l'extension et la consolidation de la démocratie à travers le monde sont liées à l'accomplissement de sa mission fondamentale : le maintien de la paix et de la sécurité. De tous les modes d'organisation sociale, seule la démocratie crée, par ses institutions fondées sur l'équité et la convivialité, les conditions de la paix civile En créant un prix international destiné à promouvoir la cause de la paix dans le monde, la Conférence générale de l'UNESCO a tenu à réaffirmer d'une part son attachement aux principes qui avaient inspiré les fondateurs de l'Organisation, d'autre part sa conscience de leur actualité et de leur pertinence. En donnant à un tel prix le nom de M. Félix Houphouët-Boigny, elle a rendu hommage à un fils illustre de l'Afrique, avocat de la coopération et du dialogue des peuples et des cultures. Elle a voulu honorer un des pères des indépendances africaines. Elle a voulu honorer un sage qui a toujours œuvré au règlement pacifique des conflits en Afrique, y compris dans la partie australe du continent. Nous nous sommes réjouis de cette décision. Aujourd'hui où le Prix est décerné pour la première fois, nous nous en réjouissons doublement, tant il est manifeste que la vision dont les lauréats sont porteurs coïncide et avec les objectifs du Prix, et avec les idéaux de l'UNESCO. De cette coïncidence, je tiens à remercier les membres éminents du Jury international et son président, M. Henry Kissinger – dont les efforts fructueux en faveur du maintien ou du rétablissement de la paix, je pense au Zimbabwe notamment, sont présents à toutes les mémoires. Je remercie aussi le Jury d'avoir uni dans l'honneur deux hommes naguère encore adversaires. Je le remercie, enfin, d'avoir fait plus que rendre hommage : il a en effet souhaité, par l'attribution du Prix, consolider un espoir, conforter une démarche et encourager ces deux leaders à poursuivre ensemble le dialogue qu'ils ont déjà amorcé pour qu'adviennent en Afrique du Sud les changements que le monde entier appelle de ses vœux. Je suis heureux d'accueillir ici M. Abdou Diouf, Président de la République du Sénégal, leader écouté qui a pris la décision historique d'ouvrir la marche des États africains vers la démocratie en faisant de son pays une terre de pluralisme et de tolérance. Je n'ai pas oublié qu'en 1987, il a autorisé la tenue à Dakar d'une rencontre à l'intention des Sud-Africains de l'intérieur et des représentants de l'ANC, qui fut un tournant capital dans la mesure où elle provoqua, me semble-t-il, un déclic salutaire dans les mentalités collectives ; le discours qu'il prononça à cette occasion témoigne de sa lucidité et de son courage. L'UNESCO s'honore de la présence de ces chefs d'État et personnalités qui n'ont jamais cessé d’œuvrer pour faire progresser la paix, l'égalité des droits, la justice, la liberté, et en particulier l'instauration, en Afrique du Sud, d'une société libérée de l'apartheid. Par les études menées dans le cadre de son programme de recherche en sciences sociales sur les effets de l'apartheid, par les réunions organisées sur ce thème pour sensibiliser l'opinion publique, faciliter la circulation de l'information et mobiliser la communauté intellectuelle, médiatique et universitaire, par l'aide technique et matérielle apportée à l'élaboration de structures et programmes éducatifs à l'intention des réfugiés, par l'aide aux mouvements de libération, l'UNESCO lutte depuis des décennies pour l'élimination de l'apartheid. Et elle continue. Mais le projet spécial, qu'elle a lancé en 1989, comporte aussi un objectif plus vaste : faciliter, stimuler et promouvoir la réflexion que le peuple sud-africain a entreprise pour s'organiser en une société démocratique libérée de l'apartheid. Existe-t-il pour l'UNESCO de tâche plus exaltante, plus conforme à son mandat intellectuel et éthique, plus pertinente et plus actuelle que d'accompagner de son mieux les transitions en cours en Afrique du Sud, dans l'espoir qu'un jour ce pays, guéri de la flétrissure, digne et réconcilié, rejoigne la communauté de ses États membres ? L'enjeu de l'Afrique du Sud qui est en train de se bâtir, qu'on en prenne bien la mesure : c'est la réalisation de l'espoir longtemps bafoué de toute une population, l'élaboration d'un mode de vie en commun inédit, l'apprentissage de la liberté ensemble dans les institutions nationales. C'est aussi l'incarnation, dans le souci de l'égale dignité des cultures, de l'universalité des droits de l'homme, tels qu'ils ont été proclamés par la communauté internationale dans la Déclaration universelle et les deux Pactes internationaux. C'est enfin la dignité d'un continent tout entier qui est en jeu, car l'Afrique tout entière regarde. De même que « l'effet Mandela » sur la jeunesse urbaine africaine a sans aucun doute compté parmi les causes de la poussée démocratique sur la scène africaine au cours des années 80, de même « l'effet après-apartheid » sera déterminant pour la maturation politique, le développement économique et le bien-être moral de toute l'Afrique. Élément tout à la fois moteur et stabilisateur à l'échelle sous-régionale et régionale, une Afrique du Sud démocratique, non raciale, en paix avec elle-même, serait la plus belle preuve qu'une utopie, parfois, s'incarne, que les idéaux qui donnent à l'UNESCO sa raison d'être, parfois prennent corps. Je suis d'ailleurs convaincu que dans l'ère nouvelle qui s'annonce, celle de la cohabitation obligée des peuples sur une planète de plus en plus petite, de plus en plus fragile, de plus en plus transparente, l'UNESCO jouera un rôle dont on ne saisit pas encore toute l'importance. C'est en effet la seule instance intergouvernementale où s'expriment à égalité les cultures, c'est-à-dire l'esprit et le cœur. Compréhension mutuelle, respect de la différence culturelle, libre expression des identités collectives et des talents individuels, tels sont les fondements de notre avenir. Tous n'ont pas encore accepté cette évidence, mais tous y viendront et tous finiront par se réjouir, reconnaissant que « l'unique tare qui puisse affliger un groupe humain et l'empêcher de réaliser pleinement sa nature, c'est d'être seul ».1 1. Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale II. |
|
|
|
|