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1992 - Extraits des discours des personnalités à la tribune |
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M. Joseph Verner Reed « (…) Depuis 1923, l'Académie remplit, par son enseignement et ses recherches, une mission essentielle pour la communauté internationale, en faveur de la paix. Elle constitue l'un des cadres de rencontre prestigieux de la Doctrine, dont l’Article 38 des Statuts de la Cour internationale de Justice dit justement qu’elle est un « moyen auxiliaire de détermination des règles de droit ». Par ses cours généraux et ses cours spécialisés, par ses séminaires, par ses colloques, l'Académie réunit les plus éminents juristes de droit international public et de droit international privé. L'enseignement qui s'y dispense est une véritable école de liberté. Liberté de l'esprit, liberté de méthode, liberté de fonctionnement. » M. Pieter Dankert « La politique du Président Houphouët-Boigny a toujours été orientée sur le maintien de la paix et de la neutralité en Afrique, et il était conscient que le dialogue devait l'emporter sur la confrontation. L'attribution de son Prix à l'Académie de droit international de La Haye s'inscrit dans cette optique, puisque les travaux de l'Académie – la promotion et la diffusion des connaissances en matière de droit international – contribuent à instaurer des relations internationales pacifiques. Ainsi, le Jury a reconnu une fois de plus l’importance du droit international comme fondement de la société internationale actuelle. Le gouvernement néerlandais ne peut que l'approuver de tout cœur. » M. Mário Soares « L’attribution du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à l’Académie de droit international de La Haye est un acte de justice et d’une grande opportunité. De justice, car depuis sa création il y a quatre-vingt ans, l’Académie a toujours travaillé pour la défense de la primauté du droit international dans les relations entre les États. Mais c’est aussi un acte de grande opportunité, à un moment où l’on assiste à la renaissance de sentiments tels que le racisme, la xénophobie, le fondamentalisme nationaliste ou religieux, qui sont en soi de graves violations aux principes des droits de l’homme, et qui sont à la base de plusieurs conflits à l’intérieur des États et entre les États. Or, dans le monde déréglé et confus d’aujourd’hui, il faut, comme l’a reconnu le président du Jury du Prix, M. Henry Kissinger, « accorder une place plus importante au droit international dans la solution des conflits internationaux » et faire respecter les principes de la Charte des Nations Unies et les résolutions de ses organes, si l’on veut que le monde ne soit plus gouverné par la volonté des plus forts mais par les principes universels du droit. » M.
François Mitterrand « C'est vous, Monsieur le Président, Monsieur le Juge Ago – qui êtes aujourd'hui parmi nous et à qui j'adresse mes félicitations personnelles – qui rappeliez, en 1956, combien les États «jaloux de leur égalité et de leur liberté d'action, étaient naturellement rétifs à admettre les jugements juridiques destinés à régler leur situation et leurs rapports réciproques ». Ce n'est pas la marque d'un grand pessimisme, vous n'êtes pas pessimiste, c'est souligner l'immense difficulté qu'il y a à vaincre enfin l'héritage reçu à travers les temps. Eh bien! Il faut vous y aider, il faut aider votre Académie, il faut aider tous les artisans du droit en forgeant à leur intention les instruments qui inspireront confiance, des procédures qui permettront d'exposer les vues des uns, des autres, celles des défenseurs de la paix, bref des institutions qui traceront le cadre de la coopération et qui permettront d'arbitrer, devant lesquelles seront soumis les différends internationaux. » ____________ |
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