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1992 - Discours de M. Federico Mayor |
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| Directeur général de l'UNESCO | |
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Majesté, C'est pour moi un honneur et une grande joie d'accueillir aujourd'hui à l'UNESCO, à l'occasion de la remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix 1992 à l'Académie de droit international de La Haye, tant de personnalités éminentes, dont le nom est attaché à la défense des idéaux de justice, de solidarité et de respect des droits de l'homme qui inspirent l'action de l'UNESCO depuis sa création. Je souhaiterais tout d'abord saluer la présence parmi nous de Je salue aussi, et remercie de sa présence Monsieur François
Mitterrand, Président de la République française, qui a si souvent donné
la preuve de son attachement à la promotion du droit et qui a accepté de
nous apporter une nouvelle fois le témoignage du pays hôte. Je salue Je souhaiterais aussi saluer Sir Robert Yewdall Jennings, Président de la Cour internationale de Justice, invité spécial du Jury qui a émis le vœu que la remise du prix prenne cette année la forme d'une manifestation visant à promouvoir la place du droit international dans la solution des conflits internationaux et a voulu y associer l'institution du système des Nations Unies incarnant cet aspect. Je voudrais remercier le Président de la Conférence générale, la Présidente et les membres du Conseil exécutif d'avoir bien voulu suspendre momentanément les travaux de cette instance pour prendre part à la cérémonie. Je tiens, par ailleurs, à rendre hommage à une militante courageuse des droits de l'homme, une femme qui, par son action en faveur de la démocratie et de la libre expression, s'est exposée à des épreuves qui durent encore aujourd'hui, et dont la détermination a été couronnée en 1991 par le Prix Nobel de la paix. Je veux parler de Mme Aung San Suu Kyi, dont je regrette qu'elle n'ait pu répondre à mon invitation. Où qu'elle soit, qu'elle sache que notre pensée l'accompagne dans ses épreuves et que nous espérons la voir bientôt parmi nous. Enfin, je me réjouis d'accueillir à cette tribune le parrain du prix, M. Félix Houphouët-Boigny, Président de la République de Côte d'Ivoire. Permettez-moi de saluer une nouvelle fois, Monsieur le Président, votre action au service de la paix, de la justice et du dialogue. Médiateur de nombreux conflits, garant de la coexistence pacifique sur le continent africain, vous êtes bien le Sage que beaucoup viennent consulter et écoutent. Majesté, Excellences, Mesdames, Messieurs, Je rappellerai simplement une phrase, parmi tant d'autres de notre Acte constitutif où je puise souvent l'inspiration et dont l'actualité étonne. La paix ne pouvant reposer « sur les seuls accords économiques et politiques des gouvernements, (elle) doit être établie sur le fondement de la solidarité intellectuelle et morale de l'humanité ». En nos temps si agités, où les repères s'effacent, où les certitudes se défont, où les équilibres basculent, comment ne pas comprendre que, pour relever les nouveaux défis vitaux qui nous attendent, et qui ont pour noms population, environnement, pauvreté, famine, fanatisme, nous n'avons d'autre solution que de fonder une telle solidarité ? Afin de nous préserver de « la fin de l'espoir », dont le Général de Gaulle disait qu'elle est « le commencement de la mort », nous devons redoubler d’énergie pour faire prévaloir, dans le domaine privé comme sur la scène publique, des comportements fondés sur le partage, la non-violence et le respect du droit. C'est ce dernier pilier que l'Académie de droit international de La Haye contribue à consolider depuis sa création en 1913. Elle enseigne en effet le droit international public et privé dans le cadre de cours où de nombreux spécialistes viennent se perfectionner dans la théorie et la pratique du droit international. En 1992, par exemple, plus de six cents auditeurs venus de près de cent pays ont bénéficié de cet enseignement. Par ailleurs, le Recueil des Cours de l'Académie, qui compte plus de deux cent trente volumes, est une source de référence précieuse pour les juristes du monde entier. Grâce à un programe extérieur qui lui permet chaque année d'envoyer une dizaine de professeurs enseigner dans des pays en développement, l'Académie contribue aussi au partage d'un savoir spécialisé de haut niveau qui fait cruellement défaut aux nations les moins favorisées. Enfin, cette prestigieuse institution est un véritable réseau international de personnalités prestigieuses dans les domaines diplomatique et juridique. Cinq juges ou anciens juges de la Cour internationale de justice et le Secrétaire général des Nations Unies, M. Boutros Boutros-Ghali, siègent depuis des années à titre personnel au sein du Curatorium de l'Académie. C'est donc avec joie que je remettrai dans quelques instants, aux côtés du Président du Jury, le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à l'Académie de droit international de La Haye. Mesdames, Messieurs, Au cours d'une réflexion sur les « avantages », si l'on peut dire, de la guerre, Henry de Montherlant constatait néanmoins qu' « il faut se débrouiller avec la paix ». Oui, la violence est sans doute plus facile, plus spectaculaire que la retenue et le respect de l'autre. Mais c'est à la non-violence et à la paix que l'humanité devra sa survie et son épanouissement. La paix, c'est l'équité, la justice, l'amour. Comme le déclarait en 1986 M. Houphouët-Boigny à l'occasion du quarantième anniversaire du Rassemblement démocratique africain : « Notre combat n'est pas terminé ; il ne sera jamais terminé. Le vrai combat demeure, c'est le combat pour la paix. » |
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