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1994 - Discours du Président Jimmy Carter |
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| Ancien Président des États-Unis d'Amérique | |
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Lu
par son fils James Earl Carter III Je suis profondément ému et honoré de recevoir le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix 1994. La paix n'est jamais l'œuvre d'un seul. Elle réclame l'engagement de beaucoup dans une entreprise ardue, laborieuse et souvent longue. J'ai eu la chance de rencontrer dans cette entreprise nombre de collaborateurs qui ont su partager mes réussites et mes déceptions. Mes collègues et moi-même, au Centre Carter, ferions peu sans l'aide de nombreuses personnes travaillant dans divers gouvernements (y compris celui des États‑Unis), dans des organisations non gouvernementales et dans des organisations internationales. L'honneur que je reçois doit être partagé. Il est extrêmement positif d'être reconnu par l'UNESCO, organisation créée il y a cinquante ans pour promouvoir la paix et la sécurité dans le monde par l'éducation, la science et la culture. Ses apports aux fondements de la paix recueillent mon admiration. L'UNESCO a fait avancer la connaissance et la compréhension mutuelles des peuples. Je suis heureux de partager ce Prix avec Sa Majesté le Roi Juan Carlos. La façon dont il a fait passer son pays de l'autoritarisme à la démocratie est un exemple pour notre temps. Les bienfaits de cette transition pacifique sont évidents aux yeux de tous. Une trentaine de pays traversent aujourd'hui une guerre qui a fait plus d'un millier de morts, parce que leurs dirigeants n'ont pas su conduire pacifiquement le changement. Au Libéria, par exemple, plus de la moitié de la population a été déracinée par la guerre civile qui dure depuis 1989. Des conflits particulièrement violents ont dévasté le Burundi et le Rwanda, provoquant l'un des plus graves problèmes de réfugiés de la planète. Je considère la guerre comme la violation la plus grave des droits fondamentaux de l'être humain qu'un peuple puisse infliger à un autre. Je suis convaincu que chacun a plus à gagner en résolvant pacifiquement ses conflits qu'en déclarant la guerre. L'un des dirigeants africains qui ont œuvré le plus activement pour un changement pacifique est Félix Houphouët-Boigny, ancien Président de la République de Côte d'Ivoire. Je suis heureux de recevoir un prix portant son nom. J'ai eu le grand privilège de travailler avec lui sur des actions dans le domaine de la résolution des conflits et de la santé. Ma participation à l'une de ces actions, l'éradication de la draconculose, m'interdit justement d'être en personne à Yamoussoukro pour recevoir ce Prix. Mon fils, James Earl Carter III qui me représente, a pris part également à l'activité du Centre Carter en faveur de la paix. J'accepte avec joie cette distinction. Je la vois comme un défi posé au Centre Carter de poursuivre ses efforts pour contribuer à résoudre les conflits et pour soutenir la liberté et les droits de l'homme dans le monde. |
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