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1994 - Hommages à la mémoire du Premier Ministre Itzhak Rabin

Message de M. Shimon Pérès
Premier Ministre de l’État d’Israël

Prononcé par M. Alioune Traoré
Secrétaire exécutif du Prix Félix Houphouët-Boigny
   pour la recherche de la paix

Majestés,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

 

Le Directeur général de l'UNESCO, M. Federico Mayor, vient de recevoir à l'instant même un important message du Premier Ministre de l'État d'Israël, M. Shimon Pérès, lauréat du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

Avant de lire ce message destiné à cette auguste assemblée, permettez-moi de vous dire que, dès que le Directeur général de l'UNESCO a appris le décès tragique du Premier Ministre Itzhak Rabin, il a décidé d'organiser un hommage spécial à la mémoire de l'illustre disparu, au cours de la présente cérémonie. C'est pourquoi il avait tenu à inviter M. Shimon Pérès et Mme Léa Rabin, à participer à cet hommage.

Mais par une coïncidence hautement symbolique, ou peut-être est-ce la providence, MmeRabin et M. Pérès se trouvent, à l'heure même où se tient notre cérémonie, sur le Mont Herzel où, conformément aux prescriptions immémoriales de la religion et de la tradition juives, on est en train de procéder, trente jours après les funérailles, à l'inauguration de la pierre tombale du disparu, en présence du Président de l'État d'Israël, du gouvernement israélien, de son chef et, bien entendu, de la famille de M. Rabin. C'est ce qui explique que nos deux invités n'aient pas pu nous rejoindre bien que, par la pensée, Yamoussoukro et le Mont Herzel soient unis dans une même et ardente prière pour la mémoire de deux soldats de la paix, Itzhak Rabin et Félix Houphouët-Boigny.

Majestés,
Excellences,

Mesdames et Messieurs, 

Je vous donne à présent lecture du message :

« Il est inutile de dire combien il m'est difficile d'écrire ces quelques lignes, ni pourquoi je ne suis pas présent parmi vous à Yamoussoukro, village natal d'un des dirigeants africains les plus admirés en Israël : Félix Houphouët-Boigny, le « Vieux », l'homme de paix, de patience et de dialogue.

Le 6 juillet 1994, nous étions trois : le Premier Ministre Itzhak Rabin, le Chef de l'OLP, Yasser Arafat, et moi-même, sur le podium de l'UNESCO à Paris, lors de la remise du Prix UNESCO pour la paix, portant le nom du Président Félix Houphouët-Boigny.

Monsieur le Président Konan Bédié, vous nous aviez dit alors qu'ainsi se réalisait une des dernières volontés du « Vieux » qui avait appris avec tant de joie la signature des Accords d'Oslo par les Palestiniens et nous-mêmes. Ce fut un grand honneur pour nous de recevoir des mains du Directeur général de l'UNESCO, M. Federico Mayor, et du Dr Kissinger, Président du Jury, cette distinction prestigieuse. Nous savons tous combien la paix, et particulièrement la paix au Proche-Orient déchiré par les guerres, lui était chère.

Nous avons tous apprécié ses sages conseils, toujours accompagnés de proverbes et adages de la tradition africaine. Il était pour nous tous comme une source d'eau claire et profonde, source de sagesse d'où nous puisions la force de continuer dans la seule et unique voie : la voie de la paix !

La perte récente d'Itzhak Rabin, héros de la guerre comme héros de la paix, nous a profondément bouleversés. Il n'y a pas de mot qui puisse exprimer mon chagrin personnel et la douleur de notre peuple, partagée de par le monde.

De Jérusalem, je vous adresse à vous qui êtes assemblés à Yamoussoukro, une promesse solennelle, celle de perpétuer l'héritage que nous a légué Itzhak Rabin, de continuer dans la voie qu'il avait tracée, la voie de la paix. Je sais que le « Vieux » nous entend ; je le vois, hochant la tête ; je l'entends nous dire, de sa voix tranquille « Oui, mes enfants, vous êtes sur le bon chemin ! »

Je voudrais enfin m'adresser à Sa Majesté le Roi Juan Carlos et au Président Jimmy Carter : personne ne mérite plus que vous d'être là, aujourd'hui, à Yamoussoukro. Vos activités remarquables vous placent parmi les plus grands militants de la paix dans le monde. C'est un honneur pour moi de vous saluer, ainsi que tous les participants à cette mémorable rencontre.

Chalom ! »

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M. Federico Mayor
Directeur général de l'UNESCO

Ce n'est pas seulement à l'ancien Premier Ministre d'un État membre de l'UNESCO, tragiquement disparu sous les balles du fanatisme et de l'intolérance, que nous rendons aujourd'hui un hommage ému. C'est aussi au lauréat du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, au Prix Nobel de la paix, à l'homme convaincu que la paix est la seule prémisse du développement de la démocratie et du bonheur.

Itzhak Rabin fut un homme de conviction et de droiture. Devant la menace qui pesait sur son pays, il sut déployer le courage et l'abnégation qui font de lui un héros aux yeux de son peuple. Mais quand la colombe de la paix s'éleva au-dessus des décombres, il sut se transformer en protecteur vigilant et convaincu du frémissement de ses ailes. Ayant connu la guerre, il connaissait le prix de la paix. Il avait hâte d'en faire goûter la saveur unique à ses frères et sœurs d'Israël. Et cette paix à laquelle il avait consacré toutes ses forces, il la concevait non pas uniquement comme le fruit d'accords politiques, mais comme le résultat d'une lente et sûre évolution des deux peuples vers une communauté de vie et de destin. « La paix, disait-il en recevant le Prix Félix Houphouët-Boigny, s'édifiera tout doucement, dans la vie de tous les jours, dans les petits gestes et les détails insignifiants. Elle se construira pas à pas, grâce à l'action d'hommes et de femmes (...).  Les poignées de mains sur la pelouse de la Maison Blanche, sur la scène du Palais des Congrès du Caire et ici à Paris, doivent se doubler de poignées de mains échangées entre les habitants de Gaza et d'Achkelon, de Jéricho et de Maalé-Adoumim. » Un homme qui affirme une conception à la fois si noble et si simple de la paix mérite d'être honoré par tous ceux qui partagent ses convictions et recueillent les bienfaits de son action.

Dans le même discours, il avait prévenu son auditoire d'une manière, hélas ! prémonitoire : « Les ennemis de la paix sont plus nombreux que nous ne l'imaginons : des extrémistes nous guettent des deux côtés de la barricade (...) (mais) nous n'avons pas le droit d'échouer ». Combien il avait raison ! Le plus bel hommage que nous puissions lui rendre aujourd'hui, c'est de faire en sorte que l'attentat dont il fut victime renforce la détermination de la communauté internationale à faire triompher ses idées. Au-delà du deuil qui touche sa famille, son peuple et tous ceux qui sont attachés à la paix au Moyen-Orient, osons dire qu'Itzhak Rabin est vivant, parce que sa foi dans le dialogue, la tolérance et la paix ne mourront jamais.

Je m'incline avec respect devant la douleur de sa famille, de son gouvernement et de son peuple, représentés ici par Mme Shulamit Aloni, Ministre israélien de la communication, des sciences et des arts, à qui je renouvelle l'expression de mes plus vives condoléances.

Chalom, Salam, et que la paix de Dieu, qui est pour toujours avec Itzhak Rabin, nous aide à établir la paix entre les hommes.

En hommage à la mémoire du Premier Ministre Itzhak Rabin, tombé en martyr de la paix, je vous prie de vous lever et d'observer une minute de silence.

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M. Henri Konan Bédié
Président de la République de Côte d'Ivoire

C’est après avoir entonné, avec une foule immense, un magnifique Chant de la paix sur la Place des Rois d'Israël qui porte désormais son nom, que cet homme d'État universellement respecté tomba sous les balles d'un fanatique.

Celui-ci croyait ainsi bâillonner la voix d'un homme juste qui montra tout au long de sa vie la même constance à défendre, avec courage et sincérité, ses convictions et les idéaux qui mobilisèrent, tour à tour, son énergie et son dévouement.

Lorsqu'il fallut défendre la vie de son peuple, Itzhak Rabin fut un chef militaire résolu dont la détermination et la bravoure furent reconnues même par ses adversaires. Soldat et général, il fut un stratège. Mais quand l'heure de la paix des braves sonna, il sut, avec le même courage et la même abnégation, se transformer en artisan résolu de la paix au Moyen-Orient.

Il avait l'habitude de rappeler cette parole du Président Félix Houphouët-Boigny : « Allons doucement, parce que nous sommes pressés ». Oui, nous sommes pressés d'aider à accomplir l'ultime dessein du grand disparu : que cette terre des trois messages redevienne la vallée fertile où convergent les aspirations à la paix et où confluent les espérances de fraternité et d'amour. Vers ce but, avec son peuple reconnaissant, tous les hommes de bonne volonté iront, portés par la douceur de son dernier chant, avec la tranquille détermination de ceux qui luttent pour une cause qu'ils savent juste. Lors de la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix 1993, M. Itzhak Rabin avait, d'une manière très émouvante, évoqué le souvenir d'une famille, les Kaplan, dont les membres furent un à un décimés par la guerre. Et c'est au nom du dernier survivant de cette famille, Amiram Kaplan, que M. Rabin entendait recevoir sa distinction.

Aujourd'hui, en Israël et dans le monde entier, tous les Kaplan, c'est-à-dire tous ceux qui ont connu les affres de la guerre, se dresseront au nom de Rabin pour faire triompher partout la cause de la paix et de la justice.

Je voudrais, pour conclure, tout en présentant à sa veuve, à sa famille et au peuple israélien les condoléances de la Côte d'Ivoire, que cette cérémonie soit rehaussée par une pensée fervente que nous adressons au grand disparu, lauréat du Prix et ami de l'Afrique, toujours vivant dans nos cœurs et dont jamais les balles de l'intolérance ne bâillonneront le dernier chant pour la paix. Son sacrifice ne sera pas vain. Nous lui en faisons le serment.

Je vous remercie.

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M. Abdou Diouf
Président de la République du Sénégal 

Le Premier Ministre Itzhak Rabin savait parfaitement ce qu'était la guerre, ce qu'était la faire, la subir, la vivre toujours, en voyant s'y préparer les enfants, les siens et ceux d'en face. Il est admirable qu'il soit devenu l'homme de la paix et qu'avec d'autres hommes d'exception et de vision comme le Premier Ministre Shimon Pérès et le Président Yasser Arafat, il soit arrivé à la conviction qu'il fallait briser enfin le cercle de la fatalité guerrière. Il y fallut l'intelligence de la raison et l'intelligence du cœur : il manifesta au plus haut point l'une et l'autre.

Voilà pourquoi le plus bel hommage qui peut lui être rendu tient dans le rappel de ces images, à la fois poignantes et pleines d'espérance qui, après son tragique assassinat, ont fait le tour de la terre : elles ont montré des jeunes, des adolescents, des enfants communiant autour de la flamme d'une bougie, orphelins d'une voix qui, pour la première fois, venait de chanter pour Israël, pour le Moyen-Orient, pour le monde, l'hymne à la paix.

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M. Boutros Boutros-Ghali
Secrétaire général des Nations Unies

En distinguant, en 1993, Itzhak Rabin, le Jury international réuni à l'UNESCO a témoigné, de façon prophétique, de ce que signifie dans tous les sens du terme le prix de la paix.

En effet, le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix attribué cette année-là conjointement à Itzhak Rabin, Shimon Pérès et Yasser Arafat, se voulait le couronnement des efforts entrepris par ces trois hommes pour amener leurs peuples sur le chemin de la reconnaissance et de la réconciliation.

La disparition tragique du Premier Ministre israélien a montré, une fois encore, combien cette voie est périlleuse, et combien un homme de paix devient aussitôt la cible de tous les fanatismes et de tous les extrémismes.

Nous sommes donc là aujourd'hui pour honorer sa mémoire. Mais vous comprendrez que je veuille y associer aussi le souvenir du Président Anouar al-Sadate.

La dramatique coïncidence de la destinée de ces deux fils d'Abraham est un signe que nous avons le devoir de reconnaître. Elle contient un message que nous devons savoir lire. Elle porte un enseignement qui doit nous instruire et nous guider.

Comme Moïse, ils n’ont pu, ni l'un ni l'autre, toucher la terre promise. Mais, comme lui, ils ont su être les bergers de leurs peuples. Comme lui, ils ont ouvert la voie de l'avenir.

Il y a dix-huit ans, j'ai eu le privilège d'accompagner le Président Sadate à Jérusalem et de voir les anciens ennemis échanger des mots de paix.

Il y a deux ans, les Israéliens et les Palestiniens, les Palestiniens et les Israéliens, sont parvenus à un accord. Et, là encore, j'ai assisté à la poignée de mains qui scellait cet acte de paix. Et pourtant, le Président Sadate n’a pu voir l'avènement de la paix qu'il avait voulu construire. Et Itzhak Rabin ne verra pas, lui non plus, l'achèvement de la paix qu'il avait bâtie.

Le courage et la grandeur de ceux qui font l'histoire sont de savoir qu'ils ne font que poser la première pierre d'un édifice que d'autres construiront.

De la même manière que le Président Hosni Moubarak a su poursuivre l’œuvre de paix du Président Sadate, je suis convaincu que Shimon Pérès saura mener à son terme le processus de paix initié par Itzhak Rabin.

Il y a des moments de l'histoire où l'itinéraire d'un homme s'identifie avec le destin d'une nation. Il est des moments de l'histoire qui transfigurent la nature profonde d'un être humain. Ce fut le cas d'Itzhak Rabin.

De là, l'exaltante mission confiée aux générations futures par les pères fondateurs de la Charte des Nations Unies et que nous avons, ensemble, le devoir de poursuivre.

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Mme Shulamit Aloni
Ministre de la communication et des arts,
Ministre de la science et de la technologie de l'État d’Israël

Vos Majestés le Roi et la Reine d'Espagne,
Monsieur le Président de la République de Côte d'Ivoire,
Monsieur le Président de la République du Sénégal,
Monsieur le Président de la République portugaise,
Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,
Mon cher ami, le Directeur général de l'UNESCO,
Messieurs les Membres du Jury,
Messieurs les Membres du gouvernement,
Messieurs les Membres du corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs,

Permettrez-moi de commencer par un rappel personnel car, en cet instant, mon émotion est profonde.

J'ai consacré tout mon âge adulte à servir la cause de la paix entre nous-mêmes et nos voisins palestiniens, à lutter pour la défense des droits de l'homme, des droits de tous les êtres humains sans distinction d'origine, de race, de religion ni de sexe, qu'ils soient hommes, femmes ou enfants.

Durant de nombreuses années, mes opinions m'ont valu une position isolée, marginale, dans la vie publique.

Mes jours ont été en danger plus d'une fois ; ces derniers mois, beaucoup pensaient que je serais la première victime du fanatisme nationaliste religieux dans mon pays, moi et non le Premier Ministre. Itzhak Rabin était considéré par la plupart des gens des deux bords comme “Monsieur Sécurité”. Il était le héros de la guerre d'indépendance d'Israël, la grande figure de la Palmach et, surtout, le chef d'état-major de la guerre de 1967 et d'après.

Me voici donc devant vous pour représenter le gouvernement d'Israël en ce jour important de la remise du Prix pour la recherche de la paix patronné par l'UNESCO et qui porte le nom de l'un des grands défenseurs de la paix, du dialogue et de la réconciliation, l'ancien Président de la République de Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny.

C'est un grand privilège que de côtoyer ici d'éminentes personnalités, hommes et femmes, qui luttent pour la paix, pour instaurer la paix, pour apporter la paix aux peuples de la planète.

Je peux aujourd'hui l'affirmer, il existe des rêves qui deviennent réalité. Il existe des luttes couronnées par la victoire.

Je suis fière de pouvoir dire qu'en Israël aussi, nous avons pris le chemin qui mène à la paix et à la prospérité des peuples et de l'humanité. Ma tristesse est grande que mon ami depuis la Palmach et la guerre d'indépendance, mon Premier Ministre Itzhak Rabin, ne soit plus parmi nous.

Le combattant numéro un de la guerre, le soldat, s'est transformé en défenseur numéro un de la paix.

Il est profondément regrettable que dans cette bataille-là, où il ne devrait y avoir ni sang versé ni victime, il soit tombé sous la main d'un tueur armé par le fanatisme nationaliste, qu'il ait été la victime d'instincts primaires et d'un faux esprit messianique porteur de destruction.

Hélas, le meurtrier n'a pas agi dans le vide, ni sous l'empire de la folie.

Dans notre pays, comme chez nos voisins et dans d'autres nations, il existe encore des gens qui croient pouvoir accomplir par la force tout ce dont ils ont envie. Des gens qui croient, parce qu'ils ont cette force, détenir la vérité absolue. Ces gens sont en dehors de l'histoire ; ils agissent contre l'histoire, exaltés par le fanatisme ; les armes, pour eux, dispensent d'engager le dialogue et de faire preuve de tolérance. 

Ils n'ont pas entendu et refusent d'entendre l'impératif moral catégorique de Kant ; ils n'ont pas appris et ne veulent pas apprendre ce précepte : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fît. »

Mais nous finirons par gagner, par faire triompher l'esprit de la démocratie et notre foi en la vie humaine, la dignité humaine et l'égalité de tous les êtres humains.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

 Mon Professeur  Martin Buber disait : « Il ne peut y avoir de distinction fondamentale entre ce qui est juste moralement et ce qui est juste politiquement. Un acte immoral peut avantager temporairement, mais il ne traversera pas les générations. Il ne durera pas même l'espace d'une génération. »

L'histoire du vingtième siècle l'a prouvé. Nous avons vu tomber le fascisme et le communisme, les colonels et les dictateurs.

Notre Premier Ministre Itzhak Rabin l'avait. C'est pourquoi il répétait que nous ne voulions pas dominer un autre peuple, que nous devions respecter les Palestiniens en tant que peuple et en tant qu'entité souveraine. C'est pourquoi il a dit que nous devions nous séparer et mettre fin au régime militaire, afin de vivre en bons voisins.

La paix viendra dans notre coin du monde, et nous nous souviendrons d'Itzhak Rabin, assassiné dans sa quête de la paix, avec sur les lèvres les paroles d'un chant de paix :  « Que le soleil se lève, que le matin brille d'un vif éclat ; ne murmurez pas une prière, mais entonnez un chant de paix, et chantez-le haut et fort ! »

Itzhak Rabin a agi pour la paix, il a entonné haut et fort le chant de la paix, et son sang continuera à crier sur la terre contre tous les Caïns qui se dressent pour détruire la paix. Il ne leur laissera pas de repos tant que le matin ne brillera pas d'un vif éclat pour nous et nos voisins, dans l'égalité, la prospérité et la fraternité.

Tout cela sera possible avec l'aide de personnalités exceptionnelles comme les lauréats d'aujourd'hui : S. M. le Roi Juan Carlos d'Espagne et le Président Jimmy Carter. Je les félicite au nom de mon gouvernement et de mon peuple pour l’œuvre qu'ils accomplissent, et qu'ils poursuivront, je le pense, comme tous ceux qui sont ici avec nous, ainsi que ceux qui n'ont pas pu se joindre à nous mais qui travaillent en ce moment même à la paix.

Je suis persuadée que nous réussirons tous, même s'il reste beaucoup à faire.

Que la mémoire d'Itzhak Rabin soit bénie ; puisse-t-il nous inspirer et puisse son rêve devenir réalité.

Qu'il en soit ainsi !

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