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1994 - Discours de M. Federico Mayor |
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| Directeur général de l’UNESCO | |
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Majestés, Après l'hommage solennel que nous venons de rendre aux deux grands hommes d'État disparus, nous allons remettre le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix 1994 aux deux lauréats que le Jury international a décidé d'honorer : S. M. Juan Carlos I, Roi d'Espagne, et M. Jimmy Carter, ancien Président des États-Unis d'Amérique, représenté aujourd'hui parmi nous par son fils, James Earl Carter III, et sa belle-fille Mme Ginger Carter. Majesté, en tant que fils de l'Espagne et Directeur général de l'UNESCO, je suis doublement ému de remettre le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à un lauréat si digne de le recevoir. Depuis Son accession au trône, Votre Majesté n'a cessé d'imprimer Sa marque personnelle sur le cours des événements qui ont amené l'Espagne au rang des grandes nations démocratiques européennes. Le chemin était long ; il fut parfois difficile, mais la fermeté de Votre engagement, le courage et la clairvoyance avec lesquels Vous avez su le mettre en œuvre ont conduit la nation espagnole là où Vous souhaitiez l'amener, dans le respect de sa diversité et de son unité. Diversité qui constitue sa richesse, unité – dont vous êtes le plus grand tisserand – qui constitue sa force. Aujourd'hui, l'Espagne tout entière se réjouit des progrès accomplis et honore le souverain à qui elle en est redevable. Avec le soutien précieux de Sa Majesté la Reine Sophie, ici présente, Votre Majesté a fait de l'Espagne une nation libre, ouverte, entreprenante et tournée vers l'avenir et vous en avez garanti la stabilité par-delà les fluctuations politiques. Ce titre seul de restaurateur de la démocratie en Espagne aurait suffi à désigner Votre Majesté pour ce Prix. Mais le Jury a aussi placé au nombre des mérites qui Vous ont valu cette haute distinction Votre souci de préserver et de promouvoir les droits des minorités dans l'évolution de l'Espagne vers la démocratie. Au plan international, je salue, avec le Jury unanime, l'action de conciliation que mène l'Espagne sous Votre haute direction dans la solution des conflits internationaux et le retour de la paix dans plusieurs régions du monde. Le second lauréat du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix 1994 est le Président Jimmy Carter, infatigable pèlerin de la paix partout où sa présence peut contribuer à la solution des conflits. En invitant à se rencontrer, à Camp David en 1978, les deux principaux protagonistes du conflit israëlo-égyptien, M. Carter a ouvert la voie au règlement d'une situation qui paraissait alors sans issue. Le traité entre Israël et l'Égypte a été le premier pas vers la paix au Moyen-Orient qui, depuis, s'étend lentement mais sûrement à toute la région. Que ce soit dans l'établissement de relations diplomatiques avec la Chine ou pour la signature de l'accord sur la limitation des armes nucléaires stratégiques, Jimmy Carter a porté sur tous les problèmes auxquels son pays était confronté le regard d'un chef d'État déterminé à donner toutes ses chances à la paix. À la tête du Centre Carter, qu'il a fondé avec son épouse Rosalynn en 1982, il poursuit un combat généreux contre la pauvreté, la maladie et l'oppression en Amérique et dans le monde. Les missions de bons offices qu'il a menées dans plusieurs pays en proie au conflit, ont fait de lui un ambassadeur itinérant de la paix. Majestés, En cette occasion solennelle, le Prix Félix Houphouët-Boigny est décerné à deux grands bâtisseurs de la paix. C'est la capacité d'éviter la guerre ou d'y mettre fin – et non celle de la faire et de la gagner, qui donne force aux nations et espoir au monde. L'espoir qui a noms El Salvador, Mozambique, Afrique du Sud, Gaza, Jéricho (...). C'est l'exercice – invisible – de la capacité de prévenir les conflits qui fera la grandeur du XXIe siècle, où la culture de la guerre sera remplacée par la culture de la paix, où les êtres humains seront tous, sans exception, les protagonistes de leur vie. Et le Système des Nations Unies aura honoré l'engagement de la Charte « préserver les générations futures du fléau de la guerre ». Au nom de l'UNESCO, je félicite ces deux éminents lauréats et leur souhaite plein succès dans la suite de leurs entreprises. Ils font partie de ces êtres d'exception qui frayent à l'humanité la voie d'un avenir meilleur. |
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