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1996 - Ouverture de la cérémonie par M. Alioune Traoré |
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| Secrétaire exécutif du Prix | |
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Messieurs les Présidents de la République, J’ai l'insigne honneur de vous annoncer la présence à la tribune des invités de marque de l'UNESCO.
Il s'agit de Leurs Excellences :
Vous me permettrez également de citer parmi les personnalités venues honorer cette cérémonie de leur présence, M. Jacques Toubon, Représentant personnel du Président de la République française, M. Jacques Chirac, et M. le Juge Archer, Membre du Conseil d'État du Ghana, Représentant personnel du Président Jerry Rawlings.
L’UNESCO, dont le Directeur général prononcera, dans quelques instants, le discours officiel de bienvenue, se réjouit de vous accueillir aujourd'hui à l'occasion de la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à S. Exc. M. Alvaro Arzú Irigoyen, Président de la République du Guatemala, et à M. Ricardo Ramirez, plus connu sous le nom du Commandant Rolando Morán, Représentant de l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque.
Nous nous félicitons du pont d'amitié et de fraternité que le Prix Félix Houphouët-Boigny a désormais établi entre l'Afrique et l'Amérique centrale.
J’ai le plaisir de porter à votre connaissance que le Sommet France-Afrique, réuni à Ouagadougou en décembre 1996, a tenu à apporter son soutien sans réserve au Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. À cette occasion, un hommage solennel avait été rendu à la mémoire du Président Félix Houphouët-Boigny. Avec l'appui du Directeur général de l'UNESCO et de nombreux États membres, l'Assemblée générale des Nations Unies à sa 51e session a adopté à l'unanimité une résolution en faveur du Prix.
Il convient de le rappeler en cet instant solennel, le concept de culture de la paix qui sous-tend l'ensemble des programmes de l'UNESCO à l'aube du troisième millénaire, est né en Côte d'Ivoire au cours d'échanges intellectuels entre deux hommes de réflexion et d'action, deux amis, Félix Houphouët-Boigny et Federico Mayor. Il a été repris et développé par le Congrès de Yamoussoukro organisé en 1989 sur « La paix dans l'esprit des hommes », congrès au terme duquel le Directeur général a annoncé son intention de créer un prix de la paix en hommage au Sage de Yamoussoukro.
Dès la création du Prix en 1989, M. Henri Konan Bédié, aux côtés du Président Félix Houphouët-Boigny, a œuvré avec constance et détermination pour le renforcement du Prix. Ses sages conseils, son action personnelle et l'appui de ses nombreux amis dans le monde, nous ont permis de surmonter bien des difficultés inhérentes à toute entreprise de ce genre.
Il a placé le Prix Félix Houphouët-Boigny à la tête de ses priorités quotidiennes. Il a su conforter le Prix dans l'orientation souhaitée par le Président Félix Houphouët-Boigny, les membres du Jury, le Directeur général de l'UNESCO et le Parrain du Prix. Sans la politique de paix qu'il développe avec courage, lucidité et bonheur en Côte d'Ivoire, en Afrique et dans le monde en amplifiant les réalisations de Félix Houphouët-Boigny dans ce domaine, le Prix n'aurait pas connu un tel élan. Sans son appui, la promotion de la culture de la paix dans le monde par les moyens du Prix serait impossible.
Nous tenons à vous dire du fond du cœur, Monsieur le Président de la République de Côte d'Ivoire, un grand Merci .
En ce qui concerne notre cérémonie d'aujourd'hui, elle se déroulera de la manière suivante :
Nous assisterons à la projection d'un film sur la signature des Accords de paix au Guatemala, le 29 décembre 1996.
Conformément au protocole statutaire du Prix, la cérémonie commencera par un concert donné par l'orchestre symphonique et le chœur « Les Voix Unies » de l'UNESCO.
Puis nous entendrons le discours de bienvenue du Directeur général, suivi des discours des Chefs d'État, des invités de marque de l'UNESCO, et du Président du Jury.
Nous assisterons, ensuite, à la remise du Prix aux deux lauréats par le Directeur général et le Président du Jury.
Cette cérémonie de remise du Prix sera suivie par un concert de musique animé par deux artistes de réputation internationale, Mesdames Kandia Kouyaté et Amy Koïta qu'on ne présente plus.
Ce concert sera suivi des discours de remerciement des lauréats. La cérémonie se terminera par un récital de musique guatémaltèque donné par le baryton guatémaltèque M. Luis Felipe Girón-May, accompagné à la harpe par M. Otto Thiel.
Je vous remercie.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Vous avez suivi la signature de l'accord de paix au Guatemala. À présent, nous vous demandons de bien vouloir écouter le Président Félix Houphouët-Boigny exprimer, dans un discours improvisé, sa philosophie de la paix par le dialogue lors du colloque sur le Rassemblement démocratique africain (RDA) organisé en 1986 à Yamoussoukro.
« Rien ne résiste au travail de la constance ; l’eau qui tombe goutte à goutte perce le plus dur rocher. Il faut que nous soyons constants. Tant que nous serons sur la terre des hommes, il y aura toujours des différends entre les hommes. C’est malheureux, mais c’est cela, c’est la réalité. Elle est triste, mais c’est cela. Combien de voies pour régler ces différends ? La Côte d’Ivoire n'en connaît que deux, pas une troisième : c’est, ou le recours à la force, ou le recours à la négociation, donc au dialogue. Et nous savons par expérience que le dialogue n’est pas l’arme des faibles mais au contraire l’arme des forts. Il est plus facile de faire la guerre que de faire la paix. Si le dialogue ne fait pas l'économie de la guerre, il faudra bien un jour mettre fin à cette guerre. Et à quoi aurez-vous recours alors ? À la négociation, au dialogue, dans des conditions difficiles. Après tant de destructions de vies humaines, de biens matériels, s'installe une muraille de méfiance difficile à détruire. Nous sommes là pour chercher les voies et moyens, pour parvenir à la paix. Donc, il faut donner l’exemple. Il ne faut pas parler de paix tant que vous n’avez pas la paix chez vous. Il faut que nous ayons la paix chez nous. Ici, nous en avons fait une seconde religion. Notre combat n'est pas terminé. Il ne sera jamais terminé. Le vrai combat demeure : c'est le combat pour la paix. » |
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