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1996 - Extraits des discours des personnalités à la tribune

M. Abdou Diouf
Président de la République du Sénégal

« Je voudrais insister sur ce mot de “réconciliation” pour souligner toute l'importance que revêt cette notion. On doit aimer la paix en sachant mettre tout en œuvre pour prévenir les conflits, pour élever, comme dit le Préambule de l'UNESCO, dans l'esprit des hommes, les barrières que l'on opposera à la guerre. Et notre époque a besoin, partout, de mettre en œuvre des mécanismes de préven­tion des conflits.

Mais quand la violence a éclaté, quand la guerre s'est déclarée avec son cortège de morts et de dévastation qui attisent les rancœurs, il faut que la paix puisse trouver à être servie par une autre vertu qui est justement la capacité de se réconcilier. Pour tous les hommes et femmes épris de paix, ce mot de réconcilia­tion est l'expression même du courage et du sens du dépassement. Quel courage il faut, en effet, pour déposer les armes, pour dire non à la guerre, pour rompre avec la fatalité de la violence qui, on le sait, se caractérise par la capacité de s'auto­entretenir et de s'exaspérer encore et toujours davantage à sa propre fureur ! »

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M. Henri Konan Bédié
Président de la République de Côte d’Ivoire

« La paix, nous ne le dirons jamais assez, est la condition fondamentale de l'épanouissement individuel et du développement collectif des nations. Elle est le bien suprême auquel aspirent les peuples et les individus. Sans elle, les efforts vers plus de justice sociale, plus de bien-être et de prospérité restent voués à l'échec.

Ce processus s'est étendu sur une longue période et n'a pas été exempt de difficultés. Mais la confiance retrouvée, la parole donnée sans jamais se dédire, ont fait qu'à aucun moment ils n'ont désespéré du succès final. »

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M. Rosny Smarth
Premier ministre de la République d’Haiti

« En signant l'accord de paix, le 29 décembre 1996, le gouvernement du Guatemala et les représentants de la guérilla guatémaltèque ont scellé une pierre nouvelle pour le bonheur de l'humanité. Monsieur le Président, Commandant Morán, cette pierre que vous avez élevée pour le plus grand bien de votre peuple, il convient de la protéger, de l'entretenir. Mais pour cela, disons-le sans détour, il faut vaincre les causes de la guerre, c'est-à-dire qu'il faudra combattre la pauvreté et les innombrables injustices sociales qui s'y rapportent. Ce sont ces dernières qui, non seulement au Guatemala mais aussi en divers points du monde, expliquent bien des situations dramatiques. »

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M. John Hamilton
Adjoint au Secrétaire d’État américain
Représentant du gouvernement des États-Unis d’Amérique

« Je me trouvais parmi ceux qui ont vu le Président Arzù et le Commandant Morán allumer la flamme de la paix à Ciudad Guatemala, le 2,9 décembre. Ce fut un moment historique. Il n’aurait jamais eu lieu, cependant, sans le courage et l'engagement de ces deux hommes.

L’accord de paix signé au Guatemala en décembre dernier n'est pas le fruit de forces historiques occultes, mais l’œuvre d'hommes qui ont changé le cours de l'histoire. »

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M. Jean-Pierre Masseret
Secrétaire d’État auprès du ministre de la défense chargé des anciens combattants Représentant du gouvernement français

            « … Le Guatemala et la France partagent une histoire d'amitié, d'échanges intellectuels et de reconnaissance réciproque.

            La France était présente, le 29 décembre 1996, lors de la signature des accords de paix mettant fin à trente-cinq longues et terribles années de guerre civile.

… Et votre désir commun, Messieurs, de renforcer dans votre pays l'État de droit, de favoriser la cohésion des populations, permettront au Guatemala, j'en suis sûr, de rentrer de plain-pied et avec sérénité, dans le XXIe  siècle, que nous voulons un siècle de paix et de prospérité. »

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Messages reçus à l'occasion de la cérémonie de remise du Prix
Messages lus par le Secrétaire exécutif du Prix, M. Alioune Traoré

Message de Sa Majesté Juan Carlos I
Roi d'Espagne

            C’est avec une grande joie que je me joins à l'hommage que l’UNESCO rend au Président de la République du Guatemala, M. Alvaro Arzù Irigoyen, et au Commandant Rolando Morán, en leur décernant le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

Leur engagement en faveur de la paix et de la réconciliation du peuple guatémaltèque, rendues possibles par la signature de l'accord de décembre 1996 entre le gouvernement et les forces de la guérilla, est un exemple que nous saluons avec admiration et espoir.

 Le courage et la détermination avec lesquels ils ont ouvert à leurs concitoyens la voie d'un avenir meilleur constituent également un témoignage d une haute valeur morale pour la communauté internationale et pour le règlement des conflits régionaux qui l’affligent.

 En adressant aux deux lauréats mes sincères félicitations pour cette distinction si méritée, je forme des vœux pour le succès de leurs efforts et j'adresse mon salut et celui du peuple espagnol au Guatemala, qui tient en notre cœur une place particulière, en raison de sa signification en Amérique centrale, et au sein de la communauté ibéro-américaine à laquelle nous sommes fiers d’appartenir.

Juan Carlos I
Roi d'Espagne

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Message de El Hadj Omar Bongo au Parrain du Prix
Président de la République gabonaise

Monsieur le Président et cher Frère,

Vous avez bien voulu me convier à prendre part à la cérémonie d'attribution du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix qui, cette année, honorera conjointement S. Exc. Monsieur Alvaro Arzù Irigoyen, Président de la République du Guatemala et le Commandant Rolando Morán, Représentant de l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque.

 Je me réjouis très sincèrement, et avec moi le gouvernement et le peuple gabonais, des prestigieuses personnalités qui ont été retenues pour cette haute distinction qui couronnera ainsi définitivement l’accord du 29 décembre 1996 qui a mis fin à trente six ans de guerre civile au Guatemala.

Monsieur le Président de la République, vous savez combien votre fraternelle invitation honore le Gabon et son Président. Mais, en raison de l'actualité douloureuse que vit notre sous-région et du rôle qui ma été confié par le Comité international de médiation pour le suivi quotidien en vue du rétablissement de la paix au Congo, il me sera difficile d'effectuer le déplacement à Paris et d'être des vôtres au Siège de l’UNESCO.

Je compte sur votre haute compréhension afin que mes collègues soient informés des raisons qui m'obligent à être absent de cette importante manifestation. Je le regrette sincèrement et vous réitère encore mes remerciements pour l'invitation qui m’a été faite.

Je vous prie d’agrée, Monsieur le Président de la République, l'assurance de ma haute et fraternelle considération.

 El Hadj Omar Bongo
Président de la République gabonaise

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Message de M. Kiro Gligorov
Président de la République de Macédoine

Monsieur le Directeur général,
Messieurs les Chefs d’État,
Messieurs les Chefs de gouvernement,
Messieurs les Lauréats,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi d’exprimer mes plus vifs regrets de ne pas pouvoir assister personnellement à la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Néanmoins je tiens à vous faire parvenir ce message: 

Mes salutations et remerciements vont vers le Directeur général de l'UNESCO, Monsieur Federico Mayor, qui a reconnu, en m'invitant, l'importance que mon pays attache à la cause de la paix, dans les Balkans et dans le monde entier.

Vous me permettrez de rendre un hommage solennel à l’œuvre et à la mémoire du Président Félix Houphouët-Boigny, l’homme sage, qui a lutté tout au long de sa vie pour cet idéal qui est la paix.

Mes félicitations les plus sincères s'adressent aux deux lauréats, pour leur contribution à la paix, la paix si fragile et si fortement désirée par nous tous. Le triomphe de la conciliation et du dialogue, dont ont fait preuve M. Alvaro Arzǔ Irigoyen et le Commandant Rolando Morán, a un sens profond et universel dans ce monde si cruellement déchiré.

À cette philosophie de la paix par la conciliation s’associe mon pays, la République de Macédoine, qui a opté pour une voie pacifique et légitime pour acquérir son indépendance et le respect des frontières actuelles. Elle n'a pas participé à la guerre et a choisi le dialogue pour résoudre les problèmes issus de la désintégration de la République socialiste fédérale de Yougoslavie. Dans la nouvelle structure balkanique, la Macédoine est devenue la clé de la paix dans cette partie du monde, elle a proclamé son État dans ses frontières existantes, elle a opté pour une équidistance dans ses relations avec ses voisins et pour des relations de bon voisinage avec des frontières ouvertes.

Je vous remercie.

Message de S. Exc. M. Kiro Gligorov
Président de la République de Macédoine

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Message de M. Kofi Annan
Secrétaire général des Nations Unies

Cette année encore, à travers le Prix qui porte son nom, nous tenons à honorer ensemble la chère mémoire du Président Houphouët-Boigny. Plus que jamais, en cette période troublée pour le continent africain, ses leçons de sagesse doivent nous inspirer.

Le Jury du Prix Félix Houphouët-Boigny a décidé, cette année, de distinguer M. Alvaro Arzǔ Irigoyen, Président de la République du Guatemala et le Commandant Rolando Morán, Représentant de l'Unité révolutionnaire nationale guatémaltèque. Je ne peux que féliciter le Jury de ce choix judicieux en m’associant pleinement à cette distinction.

Chacun sait, en effet, le rôle qu'ont joué ces deux personnalités pour établir la paix au Guatemala et travailler à la réconciliation nationale. Grâce à leur volonté politique et à leur sens des responsabilités, ils ont contribué, en collaboration avec la société civile guatémaltèque tout entière, à mettre fin à une guerre civile qui, depuis quatre décennies, déchirait leur pays.

Je voudrais saisir l'occasion de l'hommage qui leur est ainsi rendu pour y associer l’action qu’a conduite, à cette occasion, l’Organisation des Nations Unies. C'est en effet sous l'égide de l’Organisation mondiale que l’Accord-Cadre des négociations, la médiation entre les parties et les efforts de reconstruction du pays ont été établis.

La communauté internationale continuera à encourager ce processus de paix en offrant sa coopération pour que s’affirme, jour après jour, la sécurité, le développement et la démocratie, qui sont les seuls garants d'une paix durable.

C’est dire combien, au nom de l’Organisation des Nations Unies, et en mon nom personnel, je suis heureux de féliciter les récipiendaires de ce beau Prix Houphouët-Boigny qui honore la communauté internationale dans son ensemble.

Je vous remercie.

Kofi Annan 
Secrétaire général des Nations Unies

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Message de M. Mário Soares
Ancien Président de la République portugaise

Cher Ami,

Empêché d'être présent à la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouët-Boigny au Président de la République du Guatemala et au Commandant Rolando Morán, comme je souhaitais, je vous prie de bien vouloir leur transmettre mes sincères félicitations, en ma qualité de membre du Jury.

Étant donné mon grand intérêt, en tant que Portugais et membre de la Communauté ibéro-américaine, pour les questions de la démocratie et de la paix en Amérique Centrale, je fais une évaluation très exacte de 1’importance du Prix Félix Houphouët-Boigny pour les progrès de la démocratie et de la coexistence, du dialogue et de la paix, non seulement au Guatemala mais dans toute la région.

Je vous envoie à vous tous, Messieurs les Chefs d’État, honorables invités du Prix, mes sentiments les plus amicaux.

Mário Soares
Ancien Président de la République portugaise

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