1998 - Ouverture de la cérémonie par M. Alioune Traoré

Secrétaire exécutif du Prix 

Monsieur le Président de la République du Sénégal,
Monsieur le Président de la République de Côte d'Ivoire,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Le Secrétariat exécutif du Prix se réjouit de votre présence massive en hommage aux deux artisans de la paix que nous honorons aujourd'hui, Sheikh Hasina, Premier Ministre de la République populaire du Bangladesh, et le Sénateur George J. Mitchell, des États-Unis d'Amérique.

Cette présence est pour nous un motif d'encouragement à persévérer dans la voie du renforcement de cette importante distinction internationale.

La remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix est devenue l'occasion d'une rencontre annuelle des amis de l'Afrique et des défenseurs des nobles idéaux de l’UNESCO.

Avant de céder la parole au Directeur général pour son allocution de bienvenue, je voudrais exprimer toute notre gratitude au Parrain du Prix, le Président Abdou Diouf, qui a bien voulu accueillir la cérémonie de remise du Prix l'année dernière à Dakar. Sa fidélité à la mémoire du Sage de l'Afrique est une grande leçon pour tous.

Mon salut le plus respectueux s'adresse également à S. Exc. M. Henri Konan Bédié, Président de la République de Côte d'Ivoire, qui a amplifié l’œuvre politique et les réalisations économiques du Président Félix Houphouët-Boigny.

Je voudrais aussi présenter mes plus déférents hommages à Mme Elizabeth Diouf, Première Dame du Sénégal et à Mme Henriette Konan Bédié, Première Dame de Côte d'Ivoire.

Il m’est agréable de signaler la présence parmi nous d'une délégation de la République de Guinée venue représenter le Président Lansana Conté, délégation conduite par S. Exc. M. Eugène Camara, Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, que je salue.

En ce dixième anniversaire du Prix, je pense avec émotion à ce géant de l'histoire qu’était et reste Félix Houphouët-Boigny, à ce grand visionnaire qui a consacré sa vie à la paix et au bonheur de l’homme.

Je vois se dérouler sous mes yeux tout ce qu’il avait prédit, la situation en Afrique du Sud, au Moyen-Orient, en Amérique latine, en Asie, en Europe, bref, les évolutions politiques les plus inattendues à l’époque.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

J’ai à cœur de rendre hommage au rôle majeur joué par le président du Jury, le Dr Henry A. Kissinger, qui est le pilier du Prix, depuis sa création. Sa fidélité à son ami Félix Houphouët-Boigny est exemplaire. Il l’a prouvé en nous soutenant constamment dans la mise en œuvre et la promotion internationale du Prix.

 Enfin, je suis heureux d'exprimer toute ma reconnaissance aux membres du Jury qu’il est de mon devoir de présenter à cette auguste assemblée.

Mme Gabrielle Kirk McDonald (États-Unis d’Amérique), Présidente du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, qui siège pour la première fois parmi nous à la cérémonie.

-         M. Mário Soares, ancien Président de la République portugaise.

-         M. Jean Foyer (France), ancien Garde des Sceaux et Ministre de la justice du général de Gaulle.

-         M. Mohammed Bedjaoui (Algérie), ancien Ministre, Juge à la cour internationale de justice de La Haye, ancien Président de cette Cour internationale de justice.

-         Le Professeur Iba Der Thiam (Sénégal), ancien Ministre, député à l'Assemblée nationale.

-         Le Professeur Andréas Ådahl (Suède), ancien Ambassadeur auprès de l’UNESCO, ancien membre du Conseil exécutif, Ambassadeur au Ministère des affaires étrangères.

Les trois membres du Jury qui n'ont pu se joindre à nous aujourd'hui pour des raisons indépendantes de leur volonté, m'ont chargé de transmettre leurs félicitations aux deux lauréats. Il s'agit des membres suivants :

-         Le Professeur Juan Antonio Carrillo Salcedo (Espagne), ancien juge à la Cour européenne des Droits de l'homme, membre de l'Institut de droit international.

-         M. Adolfo Pérez Esquivel (Argentine), Président de la Ligue internationale pour les droits et la libération des peuples, Prix Nobel de la paix.

-         M. Andrew Young (États-Unis d'Amérique), ancien compagnon de lutte de Martin Luther King, ancien Ambassadeur auprès des Nations Unies.

Permettez-moi à présent de me tourner vers M. Federico Mayor qui participe, pour la dernière fois en tant que Directeur général, à la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

Monsieur le Directeur général,

Je voudrais, avant tout, vous dire publiquement merci. Avant votre élection à la tête de l'Organisation, sur les neuf prix décernés par l'UNESCO, aucun ne portait le nom d'un Africain. Vous avez corrigé cette injustice, en faisant remarquer que l'Afrique ne manquait pas de grands hommes.

Votre choix a été judicieux, car il s'est porté sur Félix Houphouët-Boigny, le Sage de l'Afrique, un « cerveau politique de premier ordre » selon l'expression du général de Gaulle, « apôtre de la paix » selon les termes mêmes de la résolution de la Conférence générale créant le Prix.

En tant qu'Africain, j'ai été très sensible au respect et à la considération de M. Federico Mayor pour mon continent et ses peuples.

Le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, vous l'avez créé, Monsieur le Directeur général, vous l'avez soutenu en y veillant quotidiennement.

 En le dotant d'une structure souple, opérationnelle au sein du Secrétariat, vous avez, dès le départ, posé les jalons de son succès. Vous avez permis au prestigieux Jury qui le conduit de travailler en toute indépendance.

L’histoire retiendra votre nom comme étant celui d'un ami sincère de l'Afrique et d'un défenseur de la cause de la paix dans le monde.

Dès lors, votre rencontre avec le Président Félix Houphouët-Boigny n'était pas une surprise et, de vos longs entretiens à Yamoussoukro, devait naître cette amitié profonde qui vous liait au grand Sage de notre continent.

Vous avez bien compris et prêché que l'Afrique devait être une priorité de l’Organisation et que l'UNESCO était la conscience de l'humanité.

En effet, si notre Organisation n’était qu'une agence ou un institut d'éducation, de science, de culture et de communication, elle n'aurait pas suscité tant de passion, d'intérêt et d'enthousiasme.

Monsieur le Directeur général,

Vous référant aux Pères fondateurs de l'UNESCO, vous avez toujours pensé que le but ultime de l'Organisation était la paix. C'est ce qu'affirmait d'ailleurs l'un de vos plus illustres prédécesseurs, le Français René Maheu, lorsqu'il déclarait : « L’UNESCO a pour mission de promouvoir et de renforcer la solidarité des consciences. Pour elle l’éducation, la science, la culture, l'information, objets immédiats de ses efforts, ne sont pas, si nobles soient-elles, des fins en soi : ce ne sont que les moyens et les domaines d'une action spirituelle au service de la paix. (...) La paix que nous voulons aider à construire dans la volonté des adultes et le cœur des enfants, pour qu'elle passe de la vie réelle des peuples à l'ordre des États, est celle du règne de la justice. »

Cette vision humaniste de la mission de l'Organisation qui est aussi la vôtre, Monsieur le Directeur général, est partagée par le Pape Jean-Paul II qui, lors de sa mémorable visite au Siège en juin 1980, réaffirmait : « L'UNESCO est l'œuvre des nations qui furent, après la fin de la terrible Seconde Guerre mondiale, poussées par ce qu'on pourrait appeler un désir spontané de paix, d'union et de réconciliation. »

C'est ce même désir spontané de paix, d'union et de réconciliation qui vous anime, Monsieur Mayor, et inspire également nos illustres lauréats d'aujourd'hui.

Je vous remercie.

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