M. Traoré ] M. Mayor ] [ Tribune ] M. Kissinger ] M. Mitchell ] Sheikh Hasina ] Personnalités ]

1998 - Extraits des discours des personnalités à la tribune

M. Henri Konan Bédié
Président de la République de Côte d’Ivoire

« Madame le Premier Ministre,

 (...) Je tiens à saluer votre volonté de dialogue qui a été primordiale pour entraîner jusqu’à une vraie paix toute une région alors réfugiée dans la révolte, suite à des « malentendus » irréconciliables. Par votre vision et votre capacité à vous élever au-dessus des politiques partisanes et à considérer que, dans une démocratie, le devoir de la majorité est de protéger et de promouvoir les droits des minorités, vous avez pris en compte, avec une attention particulière, les intérêts légitimes d'une région repliée sur elle-même et vous avez aussi rassemblé et fortifié l'unité du peuple bangladais.

(...) Pour les femmes, vous êtes, Madame le Premier Ministre, un exemple et un modèle de notre temps. Dois-je rappeler que, grâce à vos initiatives, plus 12 000 femmes sont élues comme membres des conseils locaux partout dans votre pays, bel exemple d'émancipation et de vitalité démocratique ; et que votre attachement à la paix s'est aussi manifesté avec éclat dans un traité exemplaire, signé avec l'Inde, sur le partage des eaux du Gange. Cette question délicate, qui menace la paix dans de nombreuses régions du monde, a été résolue en garantissant aux populations la sécurité et l'espoir d'une croissance économique partagée. Ainsi, la vie reprend au rythme du labeur de la terre retrouvée dans de nombreux villages laissés à l'abandon. C'est pour vous la plus belle récompense, au-delà de tous les honneurs que le monde a su vous réserver.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 En demandant au Sénateur George J. Mitchell d'assurer la présidence de la Conférence de la paix en Irlande du Nord, le Président Bill Clinton lui a confié une mission si difficile que d'aucuns la considéraient comme vouée d'avance à l’échec. Elle a pourtant été remplie avec brio, forçant l’admiration de tous. L’Accord du Vendredi saint, signé sous ses auspices au château de Stormont, constitue aujourd’hui le fondement essentiel du processus de paix en cours en Irlande du Nord.

Monsieur le Sénateur,

Vous êtes celui qui a ramené l’espoir de la réconciliation avec une force, un calme et une clarté croissante, que les interminables négociations semées d’embûches n’ont jamais pu détourner du but sacré de la paix. Vous aviez besoin pour réussir de cet immense talent qui est le vôtre, généreux, lucide, d’une intransigeante honnêteté intellectuelle. Sans compter votre temps au fil des heures, des jours et des années, loin de votre famille et de vos soucis personnels, vous avez ainsi gagné la confiance de tous les partis politiques de l’Irlande du Nord et vous avez su concilier toutes les exigences autour d’un message simple : d’abord la paix. Cette unanimité émouvante et chaleureuse vous rend à présent un hommage remarquable.

Cela vous vaut le titre "d’artisan de la paix" que récompense le Prix que vous allez recevoir aujourd’hui. Votre combat pour la paix est incontestablement une preuve que la finalité de la vie c’est le bien, le droit à la vie, le bien-être, la paix et tout ce qui concourt à promouvoir ces fins ultimes. Ce combat honore votre grand pays, les États-Unis d’Amérique, qui ont apporté, nul ne l’ignore, une contribution décisive à la défense des valeurs qui fondent notre civilisation. »

____________

M. Abdou Diouf
Président de la République du Sénégal 

«Madame le Premier Ministre, vous êtes issue d'une illustre famille qui a donné au Bangladesh l'un de ses dirigeants les plus respectés, votre regretté père le Sheikh Mujibur Rahman à qui votre peuple avait décerné le titre de "Libérateur du Bangladesh".

 Le Sheikh Mujibur Rahman a mené son pays sur les voies de la démocratie et du développement et votre désir le plus cher a été de poursuivre son œuvre trop tôt interrompue.

 Portée au pouvoir par un vote démocratique en juin 1996, fidèle à la philosophie et à l'action de votre illustre père, vous vous êtes aussitôt attelée aux multiples problèmes qui entravent le développement harmonieux de votre pays, et en premier lieu, ceux qui mettent en danger la paix intérieure ou extérieure du Bangladesh.

 Après avoir signé des accords de coopération sur le partage des eaux du Gange au profit de tous les peuples de la sous-région, vous vous êtes entièrement engagée dans le règlement pacifique du conflit créé par la rébellion des populations vivant dans la région des collines de Chittagong.

 Vous avez estimé, à juste titre, que la paix intérieure était la condition préalable au progrès de la démocratie. Appuyé sur un programme d'aide au développement touchant cinq millions de personnes, l'accord de paix signé le 2 décembre 1997 avec les rebelles des collines de Chittagong permet au Bangladesh de tourner une page de son histoire et d'envisager plus sereinement l'avenir.

 Quant à vous, Monsieur le Sénateur Mitchell, vous avez été investi de la confiance du Président Bill Clinton pour contribuer à la résolution de l'épineux problème des relations entre les communautés catholique et protestante d'Irlande du Nord. Les négociations menées pendant vingt-deux mois sous votre présidence au château de Stormont ont abouti le 12 avril 1998 à l'Accord historique dit "du Vendredi saint" par lequel les deux communautés s'engageaient à former un gouvernement d'union en Irlande du Nord. Cet accord, dont la communauté internationale se réjouit encore, a été massivement approuvé par la population lors du référendum du 22 mai 1998.

Monsieur le Sénateur,

Votre action a été à l'origine de la première trêve signée par les deux communautés depuis le début du conflit. En ce moment même, vous poursuivez vos efforts inlassables pour rétablir la paix dans cette partie du monde, avec l'appui du gouvernement des États-Unis d'Amérique. »

M. Traoré ] M. Mayor ] [ Tribune ] M. Kissinger ] M. Mitchell ] Sheikh Hasina ] Personnalités ]