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1999 - Discours de M. Henri Konan Bédié |
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| Protecteur du Prix | |
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Monsieur
le Parrain du Prix, cher Ami et Frère le Président Abdou Diouf, Excellences, C’est avec un grand plaisir et une grande émotion que je participe, pour la neuvième fois, à la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, institué par l'UNESCO en hommage à la pensée et à l'action du Sage de Yamoussoukro. Excellences, Vous me permettrez de saluer tout d'abord les Représentants du Président de la République de Côte d'Ivoire, mon frère Laurent Gbagbo. Je le remercie de s'être fait représenter à cette cérémonie par une délégation de haut niveau. Mon salut s'adresse également aux compagnons du Président Félix Houphouët-Boigny, venus spécialement d'Afrique, pour témoigner leur attachement à la mémoire du Père fondateur de notre pays. Je voudrais saluer aussi les membres de la famille du Président Félix Houphouët-Boigny présents dans cette salle. Je remercie de tout cœur S. Exc. M. Joaquim Chissano, Président de la République du Mozambique, pour s'être fait représenter à cette cérémonie par S. Exc. le Docteur Lidia Brito, Ministre de l'enseignement supérieur, des sciences et de la technologie. Je salue également le Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires étrangères de Belgique, M. Louis Michel, et le remercie de sa présence. En ma qualité de Protecteur du Prix, je voudrais adresser publiquement mes vifs remerciements au Directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, pour toute l'attention qu'il porte au Prix depuis son élection à la tête de l'Organisation. Le Président Félix Houphouët-Boigny, en visionnaire et en homme politique avisé avait, de son vivant, confié la haute mission de Parrain du Prix à mon ami et frère ici présent, le Président Abdou Diouf, que je salue chaleureusement. Depuis dix ans, le Président Abdou Diouf a placé le Prix au centre de ses priorités et veillé sans relâche à son succès et à son rayonnement international et je souhaiterais lui exprimer ici ma profonde reconnaissance. Je voudrais aussi exprimer toute ma gratitude aux éminents membres du Jury, qui sont tous des personnalités mondialement connues et respectées. Sans leur prestige et leur expérience, le Prix qui a été décerné à Nelson Mandela, Frederik De Klerk, Yasser Arafat, Itzhak Rabin, Shimon Pérès, Sa Majesté le Roi Juan Carlos I, Jimmy Carter, n'aurait pas connu le rayonnement international qui est le sien. Vous me permettrez aussi de rendre un vibrant hommage au Dr Henry Kissinger qui n’est pas parmi nous aujourd'hui. Il a mis son prestige personnel et sa crédibilité au service du Prix. Comme il l'a dit lors de notre dernière cérémonie, ici-même, sur cette tribune, il a fait de son appartenance à ce Jury « un engagement personnel ». Il me plaît également de saluer l'action personnelle, le dévouement et la compétence du Secrétaire exécutif du Prix, M. Alioune Traoré, qui a su, avec l'appui du Directeur général et du Jury, faire de ce Prix une des plus grandes distinctions internationales. Ce Prix a été et reste, il est bon de le rappeler, l'expression de l'hommage unanime de la communauté internationale à l'homme de paix, d'union et de dialogue qu'était le Président Félix Houphouët-Boigny. En effet, le Prix a été institué à l'UNESCO en 1989 à l'initiative de 120 États membres de l'UNESCO répartis sur les cinq continents. Aujourd'hui, alors que nous sommes réunis Place de Fontenoy à l'occasion de cet heureux événement, la situation de la Côte d'Ivoire nous préoccupe tous, pour l'attachement que nous portons à ce pays. Je souhaite que l'esprit de Félix Houphouët-Boigny inspire le peuple ivoirien dans sa volonté de dialogue, d'amour et de fraternité, que cette cérémonie, qui célèbre la paix, soit un motif d'encouragement pour tous mes frères ivoiriens et les invite à s'unir, à se donner la main dans le dialogue et la compréhension mutuelle, pour construire un avenir de paix et de prospérité en Côte d'Ivoire. En effet, le dialogue, l'amour, la compréhension de l'autre et la tolérance, fondements essentiels de la philosophie de Félix Houphouët-Boigny, nous permettront de poursuivre et de renforcer l’œuvre qu'il a réalisée. Enfin, j'ai à cœur de rendre hommage à la Communauté de Sant'Egidio qui, en la personne de son Président, le Professeur Andrea Riccardi, va recevoir cette année le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Dans un monde troublé, meurtri par les guerres civiles, guerres localisées, la Communauté de Sant'Egidio s'efforce jour après jour d'apporter aux victimes de la misère, de la violence, et de la maladie, compassion, réconfort et espérance. Je tiens à saluer tout particulièrement l'action qu'elle mène en Côte d'Ivoire où six communautés, dont les deux principales sont installées à Marcory et à l'université de Cocody, se consacrent à l'alphabétisation, à l'amélioration des conditions de vie des familles et des personnes sans ressources. C'est l'occasion de saluer ici le combat de Sant'Egidio en faveur de la paix dans le monde et particulièrement en Afrique. Elle a contribué à la résolution de nombreux conflits, notamment ceux qui divisaient les peuples frères du Mozambique et du Guatemala. Les médiations qu'elle a entreprises au Burundi, en Algérie, au Kosovo et en République Démocratique du Congo symbolisent son combat pour la paix et la fraternité humaine. La Communauté de Sant'Egidio s'emploie à traduire en actes les paroles de l'Évangile « Aimez-vous les uns les autres ». Par cette haute conception des devoirs de l'homme envers son prochain, elle mérite l'estime de tous ceux qui oeuvrent en vue d'un monde meilleur et j'estime, pour ma part, que le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix ne pouvait être décerné à lauréat plus digne de le recevoir cette année. Je vous remercie. |
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