|
|
|
|
|
|
|
|
|
1999 - Discours de M. Koïchiro Matsuura |
|
| Directeur général de l’UNESCO | |
|
Monsieur le Président Abdou Diouf, Parrain du
Prix, Je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue au Siège de l’UNESCO, à l’occasion de la remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à la Communauté de Sant’Egidio. C’est la première fois, depuis mon arrivée à la tête de l’Organisation, qu’il m’est donné de remettre ce Prix, qui est sans conteste un instrument majeur de la promotion de la paix dans le monde. Le nom de Félix Houphouët-Boigny qui y est attaché symbolise la recherche de la paix et la fraternité humaine. Dans les années 60, lorsque j’étais tout jeune diplomate japonais en Afrique occidentale, j’ai eu la chance de rencontrer ce Sage de l’Afrique. J’avais alors été très fortement impressionné par la vision humaniste de cet homme hors du commun qui avait fait de la paix le but ultime de son combat. Je tiens donc à saisir l’occasion qui m’est offerte pour saluer une fois encore la mémoire du Président Houphouët-Boigny. Permettez-moi de rendre également un vibrant hommage au Président du Jury de ce Prix, le Dr Henry Kissinger, représenté aujourd’hui par M. Jean Foyer. Le Dr Kissinger a assisté à la naissance de ce Prix et en est, depuis plus de dix ans déjà, un fervent défenseur. L’engagement et la participation active de cet homme au prestige mondial honore l’UNESCO et souligne l’importance particulière de ce Prix. C’est avec un grand plaisir que j’accueille M. Abdou Diouf, Parrain du Prix, et M. Henri Konan Bédié, Protecteur du Prix, qui n’ont cessé de veiller à son rayonnement. Grâce à leur sollicitude attentive, le prestige international du Prix n’a cessé de se renforcer depuis sa création. Je me félicite également de la présence parmi nous de M. Abou Drahamane Sangaré, représentant du gouvernement de Côte d’Ivoire, et de M. N’Zi, Représentant personnel de M. Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo m’a adressé un message pour la première cérémonie de remise du Prix organisée depuis son accession à la magistrature suprême de son pays. Je voudrais également remercier le Président Jacques Chirac, Président de la République française, pour le message qu’il m’a fait parvenir pour me dire combien il regrette de ne pas être parmi nous aujourd’hui. Il m’a réitéré son attachement au Prix, qui célèbre la mémoire du grand homme d’État africain qu’était Félix Houphouët-Boigny et qui contribue utilement à la construction de la paix dans le monde. Il m’a fait part de sa satisfaction de voir la Communauté de Sant’Egidio récompensée pour son action au service de notre idéal commun. Je suis également très honoré de la présence parmi nous de M. Louis Michel, Vice-premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Royaume de Belgique, ainsi que de M. Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. M. Jacques Delors, ancien Ministre et ancien Président de la Commission européenne nous rejoindra dans quelques instants. Je tiens enfin à adresser un hommage spécial aux membres du Jury, qui ont bien voulu apporter au Prix la contribution irremplaçable de leur expérience des affaires internationales et leur dévouement au succès de cette haute distinction honorifique. Grâce à leur sagesse, à leur clairvoyance et à la pertinence de leurs choix, le Prix Félix Houphouët-Boigny est devenu en peu d’années un honneur recherché et une référence prestigieuse parmi les prix internationaux de la paix. Excellences, Il m’est particulièrement agréable de remettre le Prix à la Communauté de Sant’Egidio, représentée ici par son Président et fondateur, le Professeur Andrea Riccardi. C’est dans le sillage des orientations nouvelles définies par le Concile de Vatican II que vous avez décidé en 1968, Professeur Riccardi, d’insuffler un esprit évangélique à l’action humanitaire en créant une Communauté dont la philosophie repose sur l’amitié pour les pauvres. Cette approche nouvelle d’un problème ancien, vous l’avez mise en œuvre grâce aux efforts conjugués d’hommes et de femmes de bonne volonté, d’abord à Rome, puis dans toute l’Italie, enfin dans les nombreux pays où la Communauté a implanté son action. De ses origines modestes, la Communauté de Sant’Egidio a gardé le sens du contact humain et de l’écoute attentive de la parole d’autrui. Elle y a joint l’humilité dans l’approche intellectuelle des problèmes auxquels elle est confrontée, et la persévérance dans la recherche du succès final. Ces qualités précieuses, d’abord mises au service des plus démunis, puis du rapprochement entre les religions, la Communauté les a enfin employées à la recherche de la paix par le dialogue, dans les divers conflits où elle a été amenée à offrir sa médiation. Les résultats qu’elle a obtenus dans ce domaine sont la plus belle récompense qu’elle pouvait souhaiter et prouvent l’efficacité de sa méthode : faut-il rappeler le rôle essentiel qu’elle a joué dans le retour de la paix au Mozambique, son apport considérable au processus de paix au Guatemala, et les multiples efforts qu’elle a déployés en Europe, en Afrique et en Amérique latine ? Si l’on ajoute que tous les membres de la Communauté de Sant’Egidio mettent bénévolement leur temps et leur énergie au service de la paix et du développement, on ne peut que s’incliner devant leur dévouement digne d’éloges au service de leur prochain. Excellences, Dans quelques instants, le Vice-Président du Jury, M. Jean Foyer, exposera devant vous les motifs qui ont déterminé le choix du Jury. Je me réjouis quant à moi, au nom de l’UNESCO, que le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix aille cette année à une organisation qui fait honneur à ses fondateurs et à la conscience morale de l’humanité. Je vous remercie. |
|
|
|
|