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2000 - Discours de M. Koïchiro Matsuura |
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| Directeur général de l’UNESCO | |
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Monsieur
le Président Henri Konan Bédié, Protecteur du Prix, C’est malheureusement sous un ciel bien sombre, au lendemain de trois nouveaux attentats meurtriers perpétrés contre des civils israéliens, que se tient cette cérémonie de remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Je suis profondément affecté et choqué par ces actes terribles, qui minent toujours davantage les chances fragiles de parvenir à la réconciliation et à la paix dans la région. Je veux ici répéter haut et fort ma condamnation sans réserve de tels actes, que rien ni personne ne pourront jamais justifier. La poursuite des violences à laquelle nous assistons, la liste déjà trop longue des morts et blessés palestiniens et israéliens qui continue de s’allonger, entretiennent un climat d’insécurité et une angoisse quotidienne qui compromettent la reprise du dialogue. Je suis et reste convaincu que seul un règlement politique pourra parvenir à rétablir la paix dans la région, cette paix que nous souhaitons tous et qui nous réunit aujourd’hui. Excellences, Maître Abdoulaye Wade, Président de la République du Sénégal, avait prévu d’être parmi nous aujourd’hui. Mais, en tant que principal médiateur du conflit malgache, il s’est vu obligé, à son grand regret, de prendre l’avion ce matin pour Addis-Abeba où se tient un Sommet de chefs d’État sur la crise à Madagascar. Lors de la réunion de travail que nous avons eue hier soir, je n’ai pas manqué de lui dire combien j’appréciais ses initiatives en faveur du développement en Afrique et de la paix dans le monde. Vous me permettrez de saluer le Président de la République française, M. Jacques Chirac, représenté par M. Pierre-André Wiltzer, Ministre délégué à la coopération et à la francophonie auprès du ministre des affaires étrangères. Le Président Chirac, lui aussi empêché d’être parmi nous puisqu’il participe en ce moment même au Sommet de Séville, a toujours manifesté un intérêt particulier pour le Prix qui porte le nom de celui qu’il considérait comme son ami, le Président Félix Houphouët-Boigny. Je voudrais aussi rendre hommage au Président de la République de Côte d’Ivoire, M. Laurent Gbagbo, pour l’intérêt qu’il accorde au Prix, et saluer les représentants de la Côte d’Ivoire à cette cérémonie. Mes remerciements vont également au Président de la République islamique de Mauritanie, M. Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, dont je salue ici les représentants, pour son appui au Prix qui porte le nom du Sage de l’Afrique. Je suis également heureux d’accueillir parmi nous le Président Abdou Diouf, Parrain du Prix, et le Président Henri Konan Bédié, Protecteur du Prix, à qui le Président Félix Houphouët-Boigny avait, de son vivant, confié le soin de veiller après lui à la prospérité et au rayonnement du Prix qui porte son nom. Ils se sont l’un et l’autre acquittés de cette mission de confiance avec un dévouement digne d’éloges, et je souhaite ici leur exprimer ma profonde gratitude. Je voudrais enfin adresser toutes mes félicitations et mes sincères remerciements au Président du Jury, M. Henry Kissinger, qui, depuis dix ans, accepte de mettre sa sagesse et sa grande clairvoyance au service du Prix en présidant son Jury. Je salue également les distingués membres du Jury, pour le prestige exemplaire qu’ils ont su conférer au Prix. C’est à la conception élevée que ce Jury a de sa mission, à la pertinence de ses choix, que le Prix doit la place qu’il occupe aujourd’hui dans le monde. Excellences, Au cours de la cérémonie qui nous réunit aujourd’hui, nous allons rendre hommage à une femme d’un rare courage et d’un dévouement exceptionnel à la cause des opprimés : Mme Mary Robinson, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Depuis sa nomination en 1997 à la tête du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Mme Mary Robinson se démène sans relâche pour élargir et approfondir le champ d’application des droits fondamentaux de la personne et dénoncer toutes les atteintes à ces droits. Cette mission ambitieuse est particulièrement difficile – je peux en attester – dans le contexte d’organisations intergouvernementales, où les États sont ceux que l’on sert, mais aussi parfois ceux que l’on critique. Madame la Haut Commissaire, Vous avez consacré toute votre énergie et tout votre dévouement à créer les conditions du respect universel des droits de l’homme. Cette contribution personnelle inestimable relève de la défense de la cause de la paix que le Prix Félix Houphouët-Boigny s’attache à promouvoir dans les cœurs et les esprits. Dans ce monde troublé, choisir de parler et d’agir au nom des droits imprescriptibles des pauvres, des victimes de la guerre, des femmes opprimées, des enfants exploités, des opposants politiques persécutés, c’est ouvrir un chantier immense et se pencher sur des situations personnelles et collectives douloureuses. C’est vouloir la justice pour tous et pour chacun. C’est accepter de prendre plus que sa part du fardeau de la misère humaine. C’est enfin vouloir l’avènement d’une société universelle où la fraternité se verrait reconnaître sa juste place. La voie exaltante que vous avez choisie est semée d’embûches. Dans cette noble entreprise, on ne peut jamais considérer que le but est définitivement atteint et que l’œuvre est terminée. Mais vous avez décidé, au nom de la conception que vous vous faites de la dignité de l’être humain, qu’aucun obstacle ne devait arrêter votre effort, et que la plus haute récompense, pour vous, est celle d’avoir contribué à faire reculer l’injustice dans le monde. Ce sont ces idéaux, que vous incarnez si bien, que le Jury a souhaité reconnaître et honorer en vous décernant le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Il m’est agréable de saluer celui qui, à vos côtés, a sans aucun doute apporté son soutien précieux à votre noble mission, je veux parler de votre époux, M. Nicholas Robinson, qui a bien voulu aujourd’hui honorer l’UNESCO de sa présence. Madame la Haut Commissaire, Soyez assurée que l’UNESCO se réjouit de votre succès. Permettez-moi cependant de joindre mon hommage personnel à celui, si mérité, que vous rend aujourd’hui la communauté internationale. Je vous remercie. |
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