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2000 - Extraits des discours des personnalités à la tribune

Discours de M. Boutros Boutros-Ghali
Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie

« J’ai envie d’évoquer, (…) chère Mary Robinson, notre première rencontre, parce qu’elle m’a immédiatement donné la mesure de votre personnalité, de vos convictions et de votre engagement au service des oubliés et des sans voix.

C’était en 1992. Vous étiez alors Présidente de l’Irlande. Et vous vous apprêtiez à partir dans un pays où rien ne vous obligeait à aller, si ce n’est votre courage et votre générosité. C’était en Somalie. Par la suite, nos chemins se sont maintes fois croisés, en Afrique, parfois en des moments tragiques de l’histoire de ce grand continent, parfois en des moments porteurs des plus grandes espérances.

Vous étiez déjà Vous ! C’est-à-dire une femme libre dans la pensée, volontaire dans l’action, exigeante pour elle-même comme pour ceux que vous avez choisi de défendre et de protéger, au nom de ces idéaux que vous incarnez au plus haut point et qui ont pour nom le développement, les droits de l’homme, et la paix.

Libre, volontaire et exigeante, vous n’avez jamais cessé de l’être dans l’exaltante, mais difficile, mission qui est la vôtre au sein des Nations Unies.

Et je suis à même d’apprécier le talent et la force de caractère qui vous ont permis de servir cette grande institution sans jamais être asservie, qui vous ont permis d’atteindre, à maintes reprises, le compromis, sans jamais admettre la compromission, qui vous ont permis de renoncer au silence prudent et de tenir, avec constance, le langage simple, mais souvent dérangeant, de la vérité.

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Discours de M. Pierre-André Wiltzer
Ministre délégué à la coopération et à la francophonie auprès du ministre des affaires étrangères de la République française

« Il y a près de dix ans, les Nations Unies ont décidé, lors de la Conférence mondiale de Vienne, de renforcer leur action dans le domaine des droits de l’homme. C’est à cette occasion qu’a été créé le poste de Haut Commissaire aux droits de l’homme, « pièce manquante » du dispositif des Nations Unies auquel, Madame la Haut Commissaire, vous avez donné la dimension qu’il devait avoir. Avec conviction et enthousiasme, vous avez su développer un instrument actif particulièrement précieux au service des droits de l’homme.

Vous avez su trouver le ton juste pour encourager des pays réticents à s’engager dans la voie des réformes. Vous avez su dénoncer courageusement les violations graves quand il le fallait, librement, en conscience, notamment les violations du droit humanitaire à l’occasion de conflits. Vous nous avez rappelé que, dans le combat pour les droits de l’homme, rien n’est jamais acquis et que « l’horizon des droits de l’homme pouvait s’assombrir ».

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Discours de M. Mário Soares
Membre du Jury

« Madame Robinson, non seulement vous avez amplement mérité ce Prix, mais le fait qu’il vous ait été attribué personnellement, dans une conjoncture internationale difficile, revêt un sens tout particulier. Vous avez toujours rejeté sans équivoque toutes les formes de terrorisme et avez en toutes circonstances, avec un courage exceptionnel, affirmé la primauté du Droit. Pour vous, les droits de l’homme forment un tout indivisible qui repose sur des valeurs universelles applicables à tous, puissants et faibles.

         Je sais qu’en outre vous êtes une femme de talent qui fonde son action sur des valeurs éthiques et des principes rigoureux. Vos idéaux politiques s’inspirent directement des principes universels de la philosophie du siècle des Lumières qui ont été à la base des révolutions américaine et française. Jamais vous n’avez accepté de renoncer à vos principes humanistes et aux exigences de votre conscience morale. »

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Discours du Président Henri Konan Bédié
Protecteur du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix

« Madame le Haut Commissaire,

Il m’est particulièrement agréable de vous féliciter pour cette haute distinction par laquelle le Jury a décidé de récompenser votre action au service des droits de l’homme. De toutes les causes qui méritent un engagement total, celle des droits de l’homme est certainement une des plus nobles et des plus exigeantes. Aussi, vous avez choisi de vous y consacrer sans réserve depuis de longues années.

Votre présence sur tous les terrains, et particulièrement en Afrique que vous connaissez bien pour avoir partagé ses souffrances, au Rwanda, en Somalie, a largement contribué à la diffusion d’une véritable prise de conscience des droits de l’homme sur notre continent meurtri par tant de conflits et leur cortège de misère.

Vos interventions n’ont jamais manqué de souligner l’importance d’une vision d’ensemble de ces droits, en insistant sur le fait que le développement, la démocratie et les droits de l’homme relèvent de la même démarche, du même idéal et des mêmes enjeux, la paix.

Les événements récents, je pense à ceux du 11 septembre, comme la multiplication des conflits de toute nature, dans le monde et sur notre continent, nous enseignent que la question des droits de l’homme ne se résume pas aux seules oppositions ou contradictions entre l’ordre, la sécurité et les libertés. Les libertés individuelles et collectives sont aussi en péril dans un monde trop inégal et face à l’intolérance des acteurs politiques qui préfèrent la voie de la violence à celle du dialogue, de la négociation et du compromis.

            Madame la Lauréate,

(…) À travers l’œuvre que vous avez accomplie de manière exemplaire à la tête du  Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, on retiendra que le respect de l’être humain, de sa dignité et de ses droits, sont les conditions indispensables à l’avènement d’un monde de justice, d’harmonie et de paix. »

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