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2002 - Discours de M. Koïchiro Matsuura |
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| Directeur général de l’UNESCO | |
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Monsieur le Président de la République
démocratique du Timor-Leste, Je suis particulièrement heureux
de vous accueillir aujourd'hui à l'UNESCO, à l'occasion de la remise du
Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à M. Kay Rala
Xanana Gusmão, Président de la République démocratique du Timor-Leste. Mes salutations et mes
remerciements s'adressent au Président Abdou Diouf, Parrain du Prix et
Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie,
et au Président Henri Konan Bédié, Protecteur du Prix, dont il me plaît
de souligner la contribution irremplaçable qu'ils ont apportée, et
continuent d'apporter au succès du Prix. Je salue la présence parmi nous
de M. Pedro Roseta, Ministre portugais de la Culture, représentant le
Premier Ministre Durão Barroso, de M. Sébastien Danon Djédjé, Ministre
de la Réconciliation nationale de Côte d'Ivoire, représentant le Président
Laurent Gbagbo, de M. Michel de Bonnecorse, Conseiller pour les affaires
africaines, représentant M. Jacques Chirac, Président de la République
française, de M. Mamadou Bamba, Ministre d'État, Ministre des Affaires
étrangères de Côte d'Ivoire, de M. Kim Holmes, Secrétaire d'État
adjoint des États-Unis d'Amérique, de S. Exc. M. Teiichi Sato,
Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, Délégué permanent du
Japon auprès de l'UNESCO, représentant le Premier Ministre du Japon,
ainsi que de M. Amara Essy, Président par intérim de la Commission de
l'Union africaine. Je suis enfin désolé que M.
Henry Kissinger, Président du Jury, n'ait pu nous rejoindre aujourd'hui
du fait des grèves. Mais je me réjouis que ses éminents collègues,
membres du Jury, qui, une nouvelle fois, ont choisi un lauréat dont les mérites
sont unanimement reconnus, soient parmi nous. Je tiens à les saluer et à
rendre hommage à leur action au service du Prix dont ils ont fait, en une
dizaine d'années, une des principales distinctions internationales. Me L'objectif essentiel que poursuit
l'UNESCO par les moyens de l'éducation, de la science, de la culture et
de la communication, vous le savez, c'est d'abord et avant tout, l'élargissement
du champ de la paix dans les consciences. Cette paix, que les pères
fondateurs de l'Organisation avaient inscrite au Préambule de son Acte
constitutif, et qu'ils considéraient comme la condition fondamentale du
progrès de l'humanité. Dans un monde où se multiplient
les foyers de tension et où le terrorisme est devenu un fléau
international, la recherche de la paix par l'établissement d'une
solidarité morale, économique et intellectuelle, entre toutes les
nations, devient une exigence politique de plus en plus forte. Seule l'instauration d'une telle
solidarité active entre les hommes permettra d'extirper les racines de la
violence et d'envisager l'avenir sous de meilleurs auspices. Excellences, Mesdames et
Messieurs, Je souhaiterais, à présent,
rendre hommage au lauréat du Prix, le Président Xanana Gusmão, un
combattant de la liberté qui, pendant près d'un quart de siècle, a lutté
pour l'indépendance de son pays avant d'être triomphalement élu Président
de la République démocratique du Timor-Leste. Monsieur le Président Gusmão, Je suis particulièrement heureux
que votre nom soit aujourd'hui associé à celui de l'UNESCO, car il
symbolise les valeurs de paix et de tolérance soutenues par
l'Organisation depuis sa création, au lendemain de la Seconde Guerre
mondiale. Le courage et l'abnégation avec lesquels vous avez, pendant de
longues années, défendu l'aspiration légitime de votre peuple à la
liberté et à la conduite de ses propres affaires, font l'admiration de
tous. À vos concitoyens, dont une génération
n'a connu que la guerre, vous avez, dès le lendemain de l'indépendance,
tenu un discours de réconciliation et de pardon. Vous avez compris que la
jeune République démocratique du Timor-Leste ne pourrait se développer,
ni préparer son avenir, sans se réconcilier avec elle-même et avec ses
voisins. C'est en reconnaissance de votre
dévouement à la cause de la paix, du dialogue et du pardon, que le Jury
a décidé de vous décerner le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la
recherche de la paix. Excellences, Mesdames et
Messieurs, Dans ce monde troublé, l'exemple
du Timor-Leste est un encouragement pour tous les défenseurs de la démocratie
et de la paix. L'UNESCO se félicite de constater que la philosophie
politique du Président Félix Houphouët-Boigny reste vivante à travers
le Prix qui porte son nom. Elle demeure une source de sagesse dont nous
devons, aujourd'hui encore plus qu'hier, nous inspirer, afin de renforcer
la paix et la fraternité dans le monde. Monsieur le Président
Gusmão, Permettez-moi de vous exprimer,
au nom de l'UNESCO, tous les vœux que je forme pour le succès de vos
efforts au service de votre pays et des valeurs au nom desquelles le Prix
vous a été décerné. Vous avez témoigné, dans votre lutte pour mener
votre pays à l'indépendance, et depuis une année que vous présidez à
sa destinée, d'un sens de la rigueur, de la justice, et du bien commun
tout à fait remarquable. L'annonce faite, il y a seulement quelques
jours, de l'adhésion de votre pays à l'UNESCO, faisant du Timor-Leste
notre 189e État membre, scelle la fructueuse collaboration qui s'est déjà
établie entre nous dans les domaines de la culture, de l'éducation et de
la communication. La magnifique statue ancienne que vous venez d'offrir à
l'UNESCO, d'une grande valeur symbolique et spirituelle, est à l'image
des relations que nous forgerons entre votre pays et l'Organisation. Je ne
doute pas que la visite officielle que je m'apprête à effectuer au début
du mois de juillet, dans votre pays, ne pourra que la renforcer davantage. Recevez donc, Monsieur le Président, toutes mes félicitations. |
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