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S. Schneegans, Rédactrice
en chef
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SOMMAIRE
PLEINS FEUX SUR
p 2 - uel avenir pour la science en libre accès
?
ACTUALITÉS
p 9 - Marché conclu pour lInstitut UNESCOIHE
déducation relative à leau
p 10 - LUNESCO crée une structure de médiation
pour les conflits liés à leau
p 11- LUNESCO et lOMS dans un même
combat contre les maladies émergentes
p 12 - Cinq femmes dexception primées
INTERVIEW
p 11 - Osman Benchikh explique pourquoi lère
des énergies renouvelables a commencé
HORIZONS
p 13 - Ensoleiller la vie
p 16 - Afghanistan, sur le chemin (rocailleux) du redressement
EN BREF
p 19 Organes directeurs
p 20 - Calendrier
p 20 - Vient de paraître
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Merci,
M. Berners-Lee
Cette
année, sitôt connue du public la nouvelle du syndrome respiratoire
aigu sévère (SRAS), les scientifiques du monde entier se sont
précipités pour identifier la nouvelle maladie. Et c’est,
dans une large mesure, grâce à l’information et aux données
échangées sur l’Internet qu’ils ont pu isoler en un temps
record l’agent responsable du SRAS. Cette épidémie a mis en
lumière le rôle clé que peut jouer l’Internet dans le cas
d’une urgence sanitaire mondiale. Mais la collaboration scientifique
« virtuelle » n’a rien de nouveau : depuis l’invention, il
y a dix ans, du World Wide Web (la Toile), la collaboration
scientifique internationale a connu un développement foudroyant.
Dans un monde où les distances se réduisent, où les voyages
aériens et la Toile font de nous des nomades véritables et
virtuels, les grands problèmes d’environnement et de santé
sont, eux aussi, devenus des globe-trotters. Garantir à toutes
les universités et institutions de recherche du monde une
connexion à l’Internet à haut débit, d’un prix abordable,
et un accès équitable à l’information et aux données scientifiques
numériques, est une condition indispensable pour toute prise
de décision pertinente et toute production de connaissances.
La société de l’information est parmi nous : ce qu’il nous
faut dorénavant, ce sont des sociétés du savoir.
Cela
exigera, évidemment, une volonté politique. La fracture numérique
existe et se porte bien. Si le nombre d’utilisateurs de l’Internet
doit doubler pour approcher du milliard en 2005, selon le
Rapport 2002 sur le développement humain du PNUD, force est
de se demander comment faire, dans un avenir proche, pour
atténuer le déséquilibre entre pays développés et moins développés,
sans une puissante motivation politique. Quelque 72 % des
utilisateurs de l’Internet se situent encore dans les pays
à hauts revenus de l’OCDE, qui ne regroupent que 14 % de la
population mondiale.
Le
Sommet mondial sur la société de l’information, organisé par
l’UIT, en collaboration avec l’UNESCO et d’autres agences
des Nations unies, qui se tiendra en décembre de cette année
– avec une deuxième édition en 2005 – ne pourra pas éviter
d’aborder de front le problème de l’iniquité de l’accès aux
télécommunications, et le handicap qu’elle constitue pour
le développement mondial. Le Groupe de rédaction intergouvernemental
se réunit au siège de l’UNESCO du 15 au 18 juillet afin de
mettre la dernière main aux documents de travail du Projet
de déclaration de principe et du Projet de plan d’action,
avant la dernière réunion préparatoire du Sommet, qui aura
lieu en septembre. À ce stade très avancé, les documents ne
font quasiment pas référence à la science, pourtant productrice
et utilisatrice prolifique d’information et de connaissances.
Un
symposium organisé en mars de cette année par l’UNESCO et
plusieurs de ses partenaires scientifiques s’est déclaré préoccupé
par la montée des restrictions apportées dans le domaine numérique
à la liberté d’accès aux travaux de recherche financés sur
fonds publics. Ces préoccupations sont développées dans le
présent numéro.
Aujourd’hui,
en préparant le Sommet, nous serions bien inspirés d’accorder
une pensée à Tim Berners-Lee, le scientifique qui nous a gratifiés
de la Toile.
W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles
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