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S. Schneegans, Rédactrice
en chef
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SOMMAIRE
PLEINS FEUX SUR
p 2 - La crise de leau : comment en sommes-nous
arrivés là ?
ACTUALITÉS
p 6 - Plus que jamais déterminés à
aider lIraq
p 6 - Enseignement des sciences sur mesures pour Timor-Leste
p 7 - Suprématie des jeunes asiatiques en sciences
naturelles et mathématiques
p 8 - Accélérer lexploration de
lespace intérieur
p 9 - Les satellites au secours du patrimoine mondial
p p10 - La lutte contre le Sida attire à Venise
des Premières dames dAfrique
p p10 - Réserves de biosphère : arrivée
de nouveaux pays
INTERVIEW
p 11 - Osman Benchikh explique pourquoi lère
des énergies renouvelables a commencé
HORIZONS
p 13 - Africaniser l'aménagement de la forêt
tropicale
p 16 - Récifs et pauvreté
EN BREF
p 19 - Organes directeurs
p 20 - Calendrier
p 20 - Vient de paraître
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Discourir
n’est pas agir
Loin
des projecteurs de l’actualité, un groupe de scientifiques
israéliens et palestiniens cherche depuis quatre ans à améliorer
le sort des enfants palestiniens. Avec un simple tableau noir
comme matériel pédagogique dans la plupart des écoles, les
enseignants palestiniens sont mal équipés pour aider leurs
élèves à démystifier la science. La situation aurait de quoi
démoraliser n’importe quel scientifique. Elle a au contraire
poussé ce groupe à agir.
Conscients qu’il serait irréalisable, au point de vue financier,
d’installer un laboratoire dans chaque école palestinienne,
l’Université Al Qods de Jérusalem Est et le Musée scientifique
Bloomfield de Jérusalem Ouest ont imaginé un Centre scientifique
interactif logé dans la première et soutenu par ce dernier.
Le Centre enrichirait le programme scientifique palestinien
en donnant aux enfants la chance d’observer des phénomènes
naturels et de faire par euxmêmes des expériences, tout en
encourageant des vocations pour la science. Le Centre pourrait
servir de vitrine à la recherche et à l’industrie palestiniennes
et, en ouvrant ses portes au grand public, vulgariserait la
science.
Le
projet a rapidement séduit d’autres partenaires, comme les
Philanthropies Andrea et Charles Bronfman (ACBP) d’Israël,
l’Université hébraïque de Jérusalem et l’Université Federico
II de Naples (en Italie). Ils ont tous participé en juin à
une réunion organisée par l’UNESCO, la Collaboration européenne
pour les expositions de caractère scientifique, industriel
et technologique (ECSITE), et la Cité de la science de Naples.
Depuis, les partenaires s’apprêtent à organiser une exposition
itinérante destinée à sensibiliser le public et à récolter
des fonds en complément de ceux qui ont déjà été alloués au
Centre par l’ACBP, l’Union européenne et le gouvernement de
la région napolitaine.
Les belles paroles ne suffisent pas. Nous pouvons parler des
vertus de la paix jusqu’à en perdre la voix, cela ne coûte
rien et nous donne bonne conscience. Mais ce n’est pas instaurer
la paix. Instaurer la paix, c’est traduire les paroles en
actes.
SESAME
est un mot. Mais c’est surtout un acte. Ou plutôt une série
d’actes : actes des scientifiques qui, pendant six ans, ont
battu le rappel pour obtenir des aides à la création d’un
centre de recherche de rang international pour le Moyen-Orient,
dénommé SESAME ; actes de l’UNESCO, qui en a été le mentor
; de l’Allemagne donatrice de la pièce maîtresse, la source
de rayonnement synchrotron ; de la Jordanie, qui a offert
le site pour le centre SESAME, actuellement en construction
; et actes de Bahrein, de l’Égypte, des Émirats arabes unis,
de l’Iran, d’Israël, de la Jordanie, du Pakistan, de l’Autorité
palestinienne et de la Turquie, qui ont tous accepté d’en
être les partenaires. Des actes, pas des paroles.
La
Journée mondiale de la science pour la paix et le développement
sera de nouveau célébrée le 10 novembre. Ce sera pour nous
tous l’occasion de nous demander ce que nous, scientifiques,
pouvons faire pour y contribuer.
W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles
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