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S. Schneegans, Rédactrice
en chef
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SOMMAIRE
PLEINS FEUX SUR
p 2 - Les petites îles sous les projecteurs
ACTUALITÉS
p 6 - Projet ambitieux pour leau en Irak
p 7 - Six pays dAfrique de lOuest refusent
le saccage de lenvironnement
p 8 - Le Prince Talal fait don dun million de
dollars au Fonds de solidarité
p 8 - Plan daction pour leau en Afrique
p 9 - Vers un Internet accessible à tous les
chercheurs
p 9 - 150 centres multimedia pour lAfrique
p 10 - Des géologues envisagent une année
Planète Terre
p 10 - Les jeunes scientifiques ont désormais
leur propre académie
INTERVIEW
p 11 - Luc Montagnier sur la mise au point dun
vaccin pour protéger les nourrissons du Sida
HORIZONS
p 14 - SAprès le tremblement de terre
p 17 - Doubler le nombre des professionnels de leau
EN BREF
p 20 - Calendrier
p 20 - Vient de paraître
p 20 - Organes directeurs
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Petites
îles, grandes attentes
La
crise politique qui sévit actuellement à Haïti et les troubles
qui ont déstabilisé les îles Salomon l’année dernière sont
de graves sujets d’inquiétude pour les populations des Caraïbes
et du Pacifique. Ces événements ont prouvé aux peuples des
continents voisins que, pour petites qu’elles soient, ces
îles ne sont certainement pas insignifiantes.
Haïti
et les îles Salomon sont deux des 41 petits États insulaires
en développement (PEID) de la planète, terme générique qui
recouvre aussi bien Tokelau, territoire d’à peine 10 km2,
que la Papouasie Nouvelle-Guinée, avec ses 453 000 km2. Il
serait loisible de percevoir les PEID comme un groupe hétérogène,
vu la différence considérable de leurs dimensions et le fait
qu’on ne puisse même pas les qualifier tous d’États en développement,
si l’on songe à Singapour et Malte.
Bien
que ne constituant pas un groupe homogène, les PEID sont cependant
souvent confrontés aux mêmes défis : isolement géographique,
étroitesse du marché, faiblesse des ressources naturelles
et vulnérabilité aux catastrophes naturelles et aux changements
climatiques, par exemple. Certains PEID voient même leur survie
menacée par l’élévation du niveau de la mer, ce qui pousse
leurs autorités à demander la reconnaissance internationale
du statut de « réfugié pour cause écologique ».
Le
Programme d’action de la Barbade de 1994 (PAB) a marqué un
tournant pour les PEID qui ont, pour la première fois, exposé
officiellement les dispositions spécifiques à prendre pour
assurer leur développement durable. Les îles ont alors créé
l’Alliance des petits États insulaires, afin de faire entendre
leur voix sur la scène mondiale.
Si,
il y a dix ans, le débat portait essentiellement sur les questions
d’environnement, un changement fondamental s’est introduit
dans les discussions préparatoires à la réunion de Maurice
qui révisera le PAB, en août. Aux problèmes d’environnement
se sont ajoutés certains « sujets brûlants » comme la sécurité
et l’importance de renforcer la résilience des petites îles.
Ces sujets sont omniprésents dans les débats engagés aujourd’hui,
aussi bien entre les insulaires qu’entre eux et les pays observateurs
continentaux voisins ou encore des pays ayant des intérêts
stratégiques ou financiers dans les îles. Le trafic de drogue,
la contrebande d’armes légères, le rejet et le transport de
déchets radioactifs posent de vrais problèmes aux PEID constitués
d’archipels comme à ceux qui ont des côtes très étendues et
peu de moyens de surveillance. En outre, les petites îles
essaient d’améliorer la prévention des catastrophes naturelles
en renforçant les mesures de sécurité concernant l’énergie,
l’eau et l’alimentation – à travers par exemple, la diversification
de l’agriculture et l’aquaculture.
La communauté mondiale va se retrouver prochainement à Maurice,
afin de vérifier la mise en œuvre du PAB et finaliser la stratégie
de son suivi au-delà de 2004. À Maurice, les PEID auront l’opportunité
d’occuper le devant de la scène et de réaffirmer leur place
dans le paysage mondial.
W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles
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