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S. Schneegans, Rédactrice
en chef
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SOMMAIRE
PLEINS FEUX SUR
p 2 - Un puits de carbone qui sature ?
ACTUALITÉS
p 6 - Projet ambitieux pour leau en Irak
p 7 - Plan stratégique en faveur des universités
afghanes
p 8 - Deux ans pour un bilan de lagriculture mondiale
p 8 - Des journalistes dAsie formés au
reportage sur le VIH/sida
p 9 - LUNESCO et lOMM ensemble face aux
inondations
p 10 - Le CIPT fête ses 40 ans
INTERVIEW
p 11 - Osman Benchikh explique pourquoi lère
des énergies renouvelables a commencé
HORIZONS
p 13 - Sassumer avec le solaire
p 16 - Qui a besoin des maths dans un moment pareil
?
EN BREF
p 20 - Calendrier
p 20 - Vient de paraître
p 20 - Organes directeurs
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À
pluie acide, océan acide
L’
Homo industrialis n’occupe la terre que depuis 200 ans mais
il a, dans ce laps de temps, constamment accru sa consommation
de charbon et de pétrole et produit des quantités considérables
de béton. La moitié du carbone issu de cette activité frénétique
s’est infiltrée dans les océans du globe. Les océans sont
devenus des puits, et même des puits très efficaces. Selon
un article publié en juillet dernier dans Science, les océans
ont absorbé 118 millions de tonnes de dioxyde de carbone (gaz
carbonique, CO2) dans l’atmosphère au cours des deux derniers
siècles, soit environ le tiers de leur capacité à long terme.
C’est ainsi que la concentration du CO2 dans l’atmosphère
n’a pu augmenter que de 36% pendant cette période. Si l’océan
n’avait pas joué le rôle de puits, la concentration de CO2
dans l’atmosphère serait bien plus élevée de nos jours, et
le réchauffement de la planète serait bien plus inquiétant.
Nous avons une lourde dette envers l’océan.
Mais,
et c’est la question que nous posons dans ce numéro, l’océan
saura-t-il continuer à jouer les puits de carbone ? Un colloque
organisé en mai dernier par la Commission océanographique
intergouvernementale de l’UNESCO a estimé que l’humanité pourrait
avoir à payer très cher ce service. Leur forte teneur en CO2
rend les océans plus acides et on constate que cela commence
à produire des effets négatifs sur la vie marine.
Du fait que la consommation des combustibles fossiles tend
à augmenter plutôt qu’à reculer, la situation ne pourra qu’empirer
pour les coraux, les mollusques ptéropodes, certaines espèces
de plancton et peut-être même certains poissons, qui pourraient
connaître des problèmes de reproduction ou d’asphyxie, par
exemple, au fur et à mesure que l’acidité de l’océan augmente.
Cela serait catastrophique pour les industries de la pêche
et du tourisme du monde entier.
En outre, avec la saturation progressive des eaux de surface
en carbone, l’océan pourrait réduire sa capacité à servir
de puits. S’il absorbait moins de carbone, c’est l’atmosphère
qui en retiendrait davantage, ce qui accélérerait le réchauffement
de la planète.
Jusqu’ici,
les expériences ont surtout été menées en laboratoire, si
bien que nous ne pouvons prévoir à coup sûr, à l’heure actuelle,
comment réagira la chaîne alimentaire marine. Mais il nous
faut chercher à le savoir. Et rapidement. D’où la décision
prise en mai par les spécialistes réunis à L’UNESCO de fixer
des délais précis pour étudier ex situ, et surtout longuement
in situ, les effets d’un habitat acidifié sur la vie marine.
W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles
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