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S. Schneegans, Rédactrice
en chef
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SOMMAIRE
PLEINS FEUX SUR
p 2 - La vague meurtrière
ACTUALITÉS
p 9 - Agenda pour les îles
p 9 - L'UNESCO et la NASA renforcent leurs liens
p 10 - Cinq physiciennes à l'honneur
p 11 - Un mécanisme scientifique consultatif
pour la CDB ?
p 12 - Envoi pour l'Irak
INTERVIEW
p 12 - Jeunes scientifiques en quête d'écoute
HORIZONS
p 16 - Combattre le paludisme, le vampire de l'ère
technologique
p 20 - Le savoir qui a sauvé les nomades de la
mer
EN BREF
p 24 - Calendrier
p 24 - Vient de paraître
p 24 - Organes directeurs
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Le
coût de l'attentisme
Jusqu’au
26 décembre dernier, la Conférence mondiale sur la prévention
des catastrophes naturelles n’était qu’une date parmi d’autres
sur le calendrier des Nations unies. En ce premier anniversaire
de la tragédie de Bam, le souvenir s’estompait du séisme de
magnitude 6,5 qui avait détruit en 12 secondes 80 % de la
cité historique.
C'est
alors que, 23 jours avant l’ouverture de la Conférence de
Kobé, le 18 janvier, un séisme a provoqué dans l’océan Indien
les ondes de tsunamis les plus meurtrières jamais enregistrées.
Immédiatement, les projets visant à mettre en place un système
d’alerte rapide aux tsunamis dans l’océan Indien sont sortis
des cartons. En quelques jours, l’UNESCO a pu compter sur
l’appui de plusieurs organisations et pays en faveur du nouveau
système d’alerte, celui-là même qu’elle avait déjà proposé
des années auparavant. Dans la mesure où le dernier tsunami
ayant ébranlé l’ensemble du bassin de cet océan remontait
à 1883, le système n’avait pas été jugé prioritaire, du moins
jusqu’à décembre dernier où la catastrophe a fait jusqu'à
270 000 morts en une seule journée.
Le
système d’alerte rapide aux tsunamis dans l’océan Indien devrait
entrer en service d’ici 2007. Dans ce numéro, nous verrons
quelles en sont les implications et quel est, à ce jour, son
état d’avancement. Entre-temps, à Bam, la reconstruction progresse
lentement. Les autorités iraniennes ont réitéré leur intention
de faire respecter les normes de construction parasismique.
Cela devrait rendre les nouvelles structures aussi résistantes
aux séismes que celles de Fukuoka, sur l’île de Kyushu (Japon),
qui, le 19 mars, a subi un séisme de magnitude 7. À Bam, plus
de 26 000 personnes ont été tuées, une seule le fut à Fukuoka.
Selon la formule de Charles Richter, l’inventeur de l’échelle
qui mesure la magnitude des séismes, « ce ne sont pas les
tremblements de terre qui tuent, mais les édifices ».
Il
est certes impossible de prévoir les catastrophes naturelles
; en revanche, nous savons comment réduire les pertes humaines
et matérielles par une bonne préparation : normes de construction
adaptées et zonage, systèmes d’alerte rapide, etc ... Malgré
cela, nous sommes encore et toujours tentés d’attendre que
la catastrophe se soit produite avant d’agir, un peu comme
celui dont le toit est percé et qui, lorsqu’on lui demande
pourquoi il ne le fait pas réparer, répond : « lorsqu’il pleut,
on ne peut pas réparer un toit, et lorsqu’il ne pleut pas,
c’est inutile ».
Certains
pourraient arguer, à juste titre, du coût de la prévention.
Le coût de la mise en place d’un système d’alerte rapide aux
tsunamis dans l’océan Indien a été évalué entre 30 et 50 millions
de dollars : un coût extrêmement faible comparé à celui de
la reconstruction. Et quel qu’en soit ce prix, il ne ramènera
pas les morts.
W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles
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