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S. Schneegans, Rédactrice
en chef
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SOMMAIRE
PLEINS FEUX SUR
p 2 - Quand apprendre les sciences devient un jeu d'enfant
ACTUALITÉS
p 8 - L'altération des écosystèmes
menacent le développement
p 9 - Tsunamis : nouvelle phase pour un Système
d'alerte rapide
p 10 - Un bureau pour l'IODE
p 11 - Brunei rejoint l'UNESCO
p 11 - L'académie des sciences chinoise va surveiller
le Patrimoine mondial
p 12 - Le Grid traque la fuite des cerveaux dans les
Balkans
INTERVIEW
p 11 - Howard Moore : Pour que l'aire européenne
de la recherche devienne réellement paneuropéenne
HORIZONS
p 16 - Les bienfaits de la nature en Afrique australe
p 20 - Le trésor enfoui des Amériques
EN BREF
p 16 - Calendrier
p 16 - Vient de paraître
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Levons
l'obstacle
Si nous manquons le train qui doit mener à la viabilité
de lenvironnement avant 2015, nous pourrons dire adieu
non seulement à cet Objectif du millénaire mais
aussi à beaucoup dautres, à en croire
une étude publiée le 30 mars. « Aucun
progrès pour réduire la pauvreté extrême
et la famine, améliorer la santé et protéger
lenvironnement na de chance de perdurer tant que
continueront à se dégrader la plupart des services
que lhomme attend de lenvironnement pour sa survie
» déclare létude, qui voit dans
la dégradation persistante des services rendus par
les écosystèmes des « barrages sur la
route » des Objectifs de
développement du millénaire, tels que définis
aux Nations unies en 2000 par des sommités mondiales.
Létude estime en effet que 60 % des services
assurés par les écosystèmes qui rendent
possible la vie sur terre sont dégradés ou utilisés
de manière non durable.
Fruit dune évaluation menée à léchelle
mondiale pendant quatre ans par une équipe dagences
des Nations unies parmi lesquelles lUNESCO ,
dorganisations scientifiques et dagences de développement,
le Rapport de synthèse sur lévaluation
des écosystèmes pour le millénaire affirme
que les experts détiennent désormais suffisamment
de preuves pour nous avertir que le rythme actuel de dégradation
de 15 des 24 services décosystèmes analysés
comme leau douce, les pêcheries, la régulation
de lair et de leau ou celle du climat régional,
les catastrophes naturelles et les animaux nuisibles
accroît la probabilité de changements brutaux
susceptibles davoir des effets désastreux sur
la qualité de la vie humaine. Il sagit par exemple
de lémergence de maladies nouvelles, de laltération
soudaine de la qualité de leau, dapparition
de « zones mortes » le long des côtes, de
leffondrement du rendement des pêcheries et de
sautes brusques dans le climat régional.
Létude confirme ce que nous sommes nombreux à
soupçonner de longue date: ce sont les plus pauvres
du monde qui subiront de plein fouet les effets des changements
des écosystèmes. Les régions exposées
à une sérieuse dégradation de lenvironnement
Afrique subsaharienne, Asie centrale, certaines parties
de lAmérique latine, de lAsie du Sud et
du Sud-Est sont également celles qui ont le
plus de mal à réaliser les Objectifs du millénaire.
En Afrique subsaharienne, par exemple, on prévoit que
le nombre de pauvres passera des 315 millions de 1999 à
404 dici 2015. LAfrique australe a peu de chances
dy échapper,
comme nous le verrons daprès lun des rapports
sous-régionaux qui composent lÉvaluation,
longuement cité dans le présent numéro.
Á l'heure où nous mettons sous presse, les pays
du G8 viennent deffacer la dette de 18 des pays les
plus pauvres du monde : Bénin, Bolivie, Burkina Faso,
Éthiopie, Ghana, Guyana, Honduras, Madagascar, Mali,
Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Ouganda, Rwanda,
Sénégal, Tanzanie, et Zambie. Neuf autres pourraient
bientôt les rejoindre. Libéré du joug
de la dette, ce premier groupe de pays disposera désormais
de 1,5 milliard de dollars ainsi épargnés pour
investir, entre autres, dans léducation, la santé
et lenvironnement. Cela pourrait changer radicalement
leurs chances datteindre les Objectifs du millénaire.
W. Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles
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