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S. Schneegans, Editor
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SOMMAIRE
PLEINS FEUX SUR
p 2 - Scruter l'océan pour comprendre les changements
climatiques
ACTUALITÉS
p 10 - Prix scientifiques décernés au
Forum de la science
p 10 - La télémédecine permet de
repenser la formation médicale
p 11 - Adoption de la Déclaration sur la bioéthique
et les droits de l'homme
p 12 - Des physiciens s'engagent pour le développement
durable
p 12 - Premier pas vers un institut de l'environnement
INTERVIEW
p 13 - Sabrina Krief : Pourquoi les grands singes ont
encore beaucoup à nous apprendre
HORIZONS
p 16 - Prendre la température de la montagne
p 20 - Le filtre anti-arsenic traque le tueur silencieux
au Bangladesh
EN BREF
p 23 - Organes directeurs
p 24 - Calendrier
p 24 - Vient de paraître
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Nous
sommes tous des ours polaires
Pour
inaugurer la Conférence des Nations unies qui s'est
tenue à Montréal en décembre dernier
en vue de préparer l'après Kyoto (à partir
de 2012), le Canada, pays hôte, a qualifié les
gaz à effet de serre de pire menace pour le monde d'aujourd'hui.
" Prenons, à l'égard du changement climatique,
des engagements plus précis, plus ambitieux et à
plus longue portée " a plaidé le ministre
canadien de l'environnement, Stéphane Dion. Du fait
que trois des quatre plus gros émetteurs de gaz à
effet de serre ne sont pas assujettis au Protocole de Kyoto
- les Etats-Unis pour ne l'avoir pas ratifié, la Chine
et l'Inde en tant que pays en développement l'après
Kyoto sera sans conteste une période critique.
Climatologue
à l'Institut Goddard des études spatiales de
la NASA, James Hansen a averti, à la même éporque,
lors d'une conférence de l'Union américaine
de géophysique, que même dans l'hypothèse
où tous les pays se conformeraient rigoureusement au
Protocole de Kyoto, cela n'empêcherait pas un sévère
changement climatique du fait de l'augmentation constante
du niveau des émissions de gaz à effet de serre.
Vouloir ignorer cette réalité amènerait
inexorablement à un changement climatique si radical
" que la Terre deviendrait une autre planète ".
Il
existe désormais un important corpus de preuves scientifiques
établissant que l'activité humaine est en train
de modifier le climat. C'est dans l'Arctique que les signes
en sont peut-être les plus visibles : la couverture
de glace de mer y était déjà l'an dernier
la plus faible jamais mesurée. Les scientifiques prévoient
un été 2080 presque libre de glace si les tendances
actuelles se poursuivent sans opposition de notre part. Privés
de glace, les ours polaires ne seront plus en mesure de capturer
les phoques qui constituent leur nourriture de base.
Mais
les ours polaires ne forment que la partie émergée
de l'iceberg, pour ainsi dire. Le dégel du pergélisol
provoque l'effondrement de maisons dans les régions
arctiques. Dans toutes les régions montagneuses du
monde, les réserves d'eau douce utilisables diminuent
avec le recul des glaciers, et cette tendance va provoquer
des pénuries d'eau pour des dizaines de millions d'Asiatiques
et de Latino-américains. Pendant que fondent les plaques
de glace du Groenland et de l'Arctique, l'élévation
du niveau de la mer pourrait atteindre 1 m d'ici 2100, en
inondant les zones de faible altitude de par le monde. Quels
seront les effets de cet afflux supplémentaire d'eau
douce sur les schémas de circulation des océans
? On constate déjà dans l'Atlantique Nord des
signes de ralentissement de certains segments du " tapis
roulant de l'océan ", qui transporte de la chaleur
vers le nord. Si l'Atlantique Nord se rafraîchit, l'Europe
occidentale en fera autant.
Le
Protocole de Kyoto et son successeur représentent une
police d'assurance contre un changement incontrôlé.
La Conférence de Montréal nous offre l'occasion,
dans ce numéro, d'examiner la contribution de l'UNESCO
à la recherche sur le changement climatique, grâce
notamment au Système mondial d'observation de l'océan
et au projet Changement planétaire dans les régions
de montagne (GLOCHAMORE).
Plus
grandes seront nos connaissances scientifiques, plus nous
serons en mesure de réagir au changement de notre climat.
W.
Erdelen
Assistant Director-General for Natural Sciences
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