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S. Schneegans, Editor
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SOMMAIRE
PLEINS FEUX SUR
p 2 - Les marées rouges
ACTUALITÉS
p 8 - Une politique scientifique pour le Liban
p 9 - Une mallette invite les élèves à
découvrir les terres arides
p 9 - L'homme, plus que le tsunami, menace les récifs
coralliens
p 10 - Chaire UNESCO en sciences de la terre pour le
Nigéria
p 11 - Une Fédération des sociétés
africaine de chimie
p 12 - Le système d'alerte du Pacifique mis à
l'épreuve
p 13 - Lancement du Fonds africain du patrimoine mondial
p 13 - L'UNESCO condamne les violences contre les universitaires
irakiens
INTERVIEW
p
14 - Hans van Ginkel présente une cellule de
réflexion au sein des Nations Unies
HORIZONS
p 17 - Utiliser le soleil pour étancher leur
soif
p 20 - Des satellites à la rescousse des tombes
gelées de Sibérie
EN BREF
p 24 - Calendrier
p 24 - Vient de paraître
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Sauver
des civilisations disparues
Si
l'on demandait au public de citer le plus grand exploit accompli
par l'UNESCO depuis sa création, il y a 60 ans, combien
de personnes répondraient " Abou Simbel "
? Vers la fin des années 1950, la situation désespérée
de ces temples vieux de 3 000 ans a enflammé l'imagination
du public. Abou Simbel et 22 autres temples et tombes nubiennes
risquaient de disparaître sous les eaux du lac Nasser
créé par la construction du haut barrage d'Assouan.
Les gouvernements de l'Egypte et du Soudan demandèrent
l'aide de l'UNESCO qui mit alors sur pied la plus vaste campagne
internationale jamais entreprise pour sauvegarder un patrimoine
archéologique.
Le
déplacement des temples nubiens exigea beaucoup d'ingéniosité.
On découpa les temples, décorés d'admirables
sculptures, en blocs que l'on numérota avant de les
transporter et de les assembler à nouveau, comme les
pièces d'un puzzle : 37 000 blocs rien que pour les
temples de Philae. Le grès d'Abou Simbel était
par endroits si friable qu'il fallut y injecter de la résine
synthétique pour l'empêcher de s'effriter sous
les dents de la scie. La falaise rocheuse dans laquelle se
nichait Abou Simbel dut être enlevée et un versant
artificiel fut construit quelque 180 m en retrait et au-dessus
du lieu d'origine. Abou Simbel en était encore au stade
du démantèlement lorsque les eaux commencèrent
à monter, si bien que les ingénieurs durent
se précipiter pour ériger une digue de protection,
à la suite d'une étude géologique entreprise
en urgence.
La
sauvegarde des temples de Nubie fut certes un exploit culturel,
mais aussi un exploit de la science et de l'ingénierie.
Ce ne fut d'ailleurs ni la première ni la dernière
fois que scientifiques et ingénieurs contribuèrent
à sauvegarder la mémoire des civilisations disparues.
Les méthodes ont, évidemment, évolué
depuis les années 1960. Le développement de
l'imagerie satellitaire, par exemple, assorti des clauses
d'utilisation équitable autorisant largement le partage
de cette technologie, a révolutionné des domaines
aussi divers que la météorologie, l'écologie,
l'océanographie
physique et
l'archéologie.
Actuellement,
l'UNESCO fait appel à la technologie spatiale pour
venir à la rescousse d'un autre trésor archéologique,
les tombes gelées de Sibérie. Ces tombes offrent
des aperçus inespérés sur la culture
disparue des Scythes. Préservées par le pergélisol
depuis 2 500 ans, elles sont éparpillées sur
les monts Altaï, qui se situent à cheval sur la
Chine, le Kazakhstan, la Mongolie et la Russie. Ces tombes
recèlent des corps si bien conservés par le
gel que même les tatouages sont souvent intacts.
Nous
allons suivre, dans ce numéro, le déroulement
de ce projet alors que la NASA a rejoint l'UNESCO et l'Agence
spatiale européenne dans l'Open Initiative qui s'efforce
de protéger des sites naturels et culturels grâce
à la technologie spatiale. La NASA fournit à
l'Université de Gand, en Belgique, l'imagerie satellitaire
dont celle-ci a besoin pour dresser la première carte
de l'ensemble des tombes et de la topographie.
Tout
comme à Abou Simbel, les scientifiques font la course
contre la montre : le changement climatique fait dégeler
le sol qui protégea les tombes. Les personnes chargées
de leur conservation dans les quatre pays ont besoin de savoir
à quelle vitesse reculent les glaciers de l'Altaï
afin de peaufiner leur stratégie de sauvegarde des
tombes. C'est aussi par l'observation continue du changement
climatique dans l'Altaï que le projet compte leur apporter
des réponses.
W.
Erdelen
Assistant Director-General for Natural Sciences
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