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S. Schneegans, Editor
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SOMMAIRE
Vol.4
N°4
PLEINS FEUX SUR
p 2 - Repenser l'avenir des terres arides
ACTUALITÉS
p 9 - Le Président du Nigeria engage 5 milliards
de dollars pour la National Science Foundationp
p 9 - LUNESCO et la BBC portent la science à
lécran
p 10 - Un centre régional de biotechnologie pour
lInde
p 10 - Intensifier la recherche sur la montée
du niveau de la mer
p 11 - Priorité absolue aux systèmes nationaux
dalerte aux tsunamis
INTERVIEW
p
12 - Badaoui Rouhban : sécuriser les écoles
en cas de catastrophes
HORIZONS
p 17 - La réussite bien réelle du Campus
virtuel Avicenne
p 20 - Au Kenya, les étudiants optent pour la
vie
EN BREF
p 24 - Calendrier
p 24 - Vient de paraître
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Faire
verdir les déserts
Dans
les années 1950, portés par loptimisme
ambiant, nous avons cru que nous pour-rions faire verdir tous
les déserts du monde. Nous pensions que lensemencement
des nuages pourrait faire pleuvoir sur les zones arides, que
le progrès de lirrigation accroîtrait leur
productivité agricole et que la sélection du
bétail induirait un élevage moins gourmand en
eau. Bref, nous pensions que la technologie serait capable
de faire reculer la pauvreté dans toutes les zones
arides.
Un
demi siècle plus tard, le réalisme et lanxiété
ont remplacé loptimisme. La croyance en la possibilité
dagir sur le climat a cédé la place à
linquiétude devant limpact des activités
humaines sur lenvironnement, comme le réchauffement
planétaire. Les climatologues pré-voient aujourdhui
que les régions les plus arides du monde le deviendront
encore plus.
En
mai dernier, Science publiait un article indiquant que laire
du climat tropical gagnait du terrain en direction des deux
pôles. Selon létude, qui exploite des données
satellitaires de la période 1979 2005, les jet
streams des deux hémisphères vents rapides
soufflant à environ 10 km au-dessus de la terre et
délimitant les tropiques se sont déplacés
de 1° de latitude chacun (environ 113 km) vers les pôles.
« Sils gagnent encore 2 à 3° au cours
du siècle actuel, des zones très arides, comme
le désert du Sahara, pourraient faire un pas de plus
vers les pôles, peut-être sur quelques centaines
de miles » prédit John Wallace, de lUniversité
de Washington (É.-U.), lun des auteurs de larticle.
En
dépit des progrès technologiques qui ont permis
la manipulation génétique des orga-nismes pour
accroître leur résistance à la sécheresse
et aux parasites, les pays ayant des terres arides restent
parmi les plus pauvres du monde et nombre dentre eux
enregistrent en même temps une forte croissance démographique.Les
50 dernières années nous ont prouvé que
la situation écologique et socio-économique
des terres arides ne se résume pas à une équation
entre les facteurs de climat, nature du sol, eau et végétation.
Les spéculations du marché et lampleur
des fluctuations monétaires sur des produits comme
le coton peuvent influer sur le revenu du cultivateur (ou
de la cultivatrice) dun village perdu du Mali, tout
autant que la sécheresse ou linondation.
Les
choix politiques entrent également en jeu. En Chine,
dont près dun cinquième du ter-ritoire
est désertique, le gouvernement a annoncé en
février un plan ambitieux qui, dici 2020, réhabilitera
250 000 km2 de déserts par la plantation darbres
et de graminées, linterdiction pour la population
dexploiter les terres dans certaines zones, linvestissement
dans les éner-gies renouvelables et une utilisation
plus efficace de leau.
Ce
que nous avons appris en 50 ans cest que, si laridité
ne règne pas sur lensemble de la planète,
elle nen demeure pas moins un problème planétaire.
Pour citer les auteurs de The Future of Drylands
Revisited, « la poussière de lAsie centrale
affecte la santé non seulement de la Chine et du Japon
mais aussi de lAmérique du Nord, [et] la poussière
de lAfrique contribue peut-être au dépérissement
des récifs coralliens des Caraïbes ».
W.
Erdelen
Assistant Director-General for Natural Sciences
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