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S. Schneegans, Editor
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SOMMAIRE
Vol.5
N°2
PLEINS FEUX SUR
p 2 -Loin de la nanomanie
ACTUALITÉS
p 8 -Avis
de tempête sur le réchauffement planétaire
p 9 - « Diversité » cartographie
le corridor biologique de la Mésoamérique
p 10 - Colonie de vacances avec des robots
p 10 - Le programme mondial de leau se délocalise
en Italie
p 11 - Les Palestiniens acquièrent une chaire
de math et de physique
p 11 - LAfrique sengage en faveur de la
recherche
p 12 - Un prêt de 30 millions de dollars pour
la réserve du pays maya
p 13 - Surveillance sismique à plein temps des
mers dEurope
p 13 - Un demi million de dollars pour des scientifiques
prestigieuses
INTERVIEW
p
14 - Igor Vasilievich Severskiy sur la fonte des glaciers
en Asie centrale
HORIZONS
p 16 - Sauver ce qui reste de la fauneau Darfour
p 21 - Dénombrer les femmes scientifiques : un
véritable cassetête
EN BREF
p 24 - Agenda
p 24 - Vient de paraître
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Le
plafond de verre
L'
UNESCO a entrepris depuis une dizaine dannées
un programme dactivités « Femmes, science
et technologie ». Ne sagit-il pas dune question
secondaire au regard de problèmes majeurs tels lextrême
pauvreté, le réchauffement climatique et les
pandémies, pour ne citer que quelques exemples ? Alors
que la planète est confrontée à des enjeux
cruciaux pour sa survie, naurait-on pas mieux à
faire que dattribuer des prix et des bourses spécifiquement
aux femmes ou de se préoccuper de léducation
scientifique des filles?
Prenons
le temps dexaminer la situation. Les dernières
données publiées par lInstitut des statistiques
de lUNESCO, et présentées dans ce numéro,
montrent que la science et la technologie restent des domaines
majoritairement investis par les hommes. Les femmes représentent
seulement le quart des chercheurs dans le monde, environ 10%
des professeurs duniversité et moins de 5% des
membres des académies des sciences, sans parler de
leurquasi absence des Prix Nobel scientifiques, avec moins
de 3% dattributions.
Et
même si le nombre de femmes impliquées dans les
sciences de la vie dépasse souvent celui de leurs collègues
masculins, il nempêche que, dans ces domaines
aussi, le « plafond de verre » se fait sentir
dès quon atteint les postes de décision.
« Nos collègues masculins nacceptent pas
facilement les femmes », regrette le Professeur AmeenahGurib-Fakim,
lune des cinq lauréates du Prix LORÉALUNESCO
de cette année.Elle ajoute : « Pour quune
femme réussisse, son bagage doit être dix fois
plus lourd que celui de son homologue masculin. »
Même
dans des pays comme lArgentine, la Thaïlande et
le Kazakhstan, où sest instaurée la parité
entre les sexes, le plafond de verre demeure une réalité.
Cependant, comme il est habituel avec larrivée
de toute population nouvelle, lafflux des femmes dans
les professions scientifiques commence à modifier,
lentement mais sûrement, la physionomie de ces professions.
Les femmes apportent avec elles des approches et des points
de vue nouveaux qui ne peuvent que bénéficier
au progrès. Linfluence des femmes se traduit
déjà dans lagenda de la science, grâce
à leur présence plus importante dans les conseils
scientifiques. Elles confèrent à linnovation
une valeur ajoutée, du fait quelles détiennent,
par leur statut d « initiées », des
informations privilégiées en matière
de besoins et daspirations des consommatrices, qui pourraient
être précieuses dans lélaboration
de produits et de services.
Le
plafond de verre ne se brisera pas du jour au lendemain. Mais
je suis fier de penser que le partenariat de lUNESCO
avec LORÉAL, qui a déjà honoré
350 femmes scientifiques durant les neuf premières
années de son existence, aura contribué à
le fissurer.
W.
Erdelen
Sous-directeur général pour les sciences exactes et naturelles
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