Dix
ans pour développer des centres d'excellence en Afrique
L'Union africaine (UA), avec son Nouveau partenariat pour
le développement de l'Afrique (NEPAD), et l'UNESCO
vont orchestrer la mise en place d'un réseau d'une
trentaine de centres régionaux d'excellence sur le
continent africain au cours des dix prochaines années,
pour un coût estimé à 3 milliards de
dollars.
L'UA fait de la création d'un réseau régional
de centres d'excellence le cur du Plan d'action consolidé
de l'Afrique dans le domaine de la science et la technologie,
qui a été adopté à Dakar (Sénégal)
le 30 septembre par la deuxième Conférence
ministérielle africaine sur la science et la technologie5.
Cette ambition a été également au centre
du rapport de la Commission pour l'Afrique, Dans l'intérêt
de tous, publié en mars, qui a recommandé
tout particulièrement au NEPAD/UA et à l'UNESCO
de nommer un groupe de travail de haut niveau pour dresser
un programme détaillé concernant les centres
d'excellence. Le rapport recommandait aussi que le programme
prenne en compte la cartographie des capacités en
science et technologie établie par le NEPAD au cours
des deux dernières années.
Les recommandations du rapport ont par la suite été
entérinées par le G8, groupe de pays industrialisés,
lors de son sommet de juillet à Gleneagles (Royaume-Uni).
Le G8 s'est engagé à consacrer un montant
de 8 milliards de dollars au développement de l'Afrique
dans les dix années à venir : 3 milliards
pour mettre en place un réseau régional de
centres d'excellence et 5 milliards pour un programme de
relance des établissements d'enseignement supérieur
du continent.
La deuxième Conférence ministérielle
africaine sur la science et la technologie a décidé
que le Secrétariat du NEPAD établirait un
groupe de travail de haut niveau réunissant UA/NEPAD/UNESCO
pour préparer un programme d'ensemble couvrant la
création et le financement des centres d'excellence,
conformément aux recommandations de la Commission
pour l'Afrique.
La Conférence a également approuvé
la création d'un Service africain pour la science
et l'innovation qui aura pour missions de soutenir les réseaux
d'excellence et de promouvoir l'esprit d'entreprise dans
les domaines de la technologie. Entre autres fonctions,
ce Service mobilisera les compétences techniques
et le financement nécessaires à l'élaboration
des projets et à leur mise en oeuvre.
La composition du groupe de travail n'est pas encore arrêtée
mais il lui incombera de repérer les centres d'excellence
existants, comme le Service de biosciences pour l'Afrique
centrale et orientale, situé au Kenya, et d'en proposer
de nouveaux en sciences de l'environnement, sciences physiques,
médicales et sociales. Créer des instituts
de technologie doit constituer l'un des temps forts du programme.
Les centres régionaux d'excellence devront non seulement
servir le développement endogène mais aussi
combattre l' " hémorragie des cerveaux "
du continent. On a évalué à 4 milliards
de dollars par an le prix que paie l'Afrique pour recruter
100 000 spécialistes expatriés afin de remplacer
ceux qui en partent chaque année.
Les centres d'excellence seront incités à
établir des alliances public/privé ou des
cellules d'innovation qui sont indispensables pour susciter
l'innovation, l'esprit d'entreprise et la diffusion de la
technologie. Ils seront également vivement encouragés
à entrer en relation avec les communautés
locales, le gouvernement, la diaspora et les partenaires
internationaux pour faire en sorte que la science dépasse
le seuil des laboratoires et s'intègre à la
vie quotidienne.
Le Plan d'action consolidé de l'Afrique dans le domaine
de la science et la technologie stipule que " l'un
des grands objectifs du NEPAD est de combler le fossé
technologique entre l'Afrique et le reste du monde ".
Il cite pour cela certains résultats précis
à atteindre, tel que doubler la densité des
téléconnexions pour arriver, d'ici 2005, à
2 lignes pour 100 personnes.
Le Plan se subdivise en quatre sous-ensembles : biodiversité,
biotechnologie et connaissances autochtones ; énergie,
eau et désertification ; science des matériaux,
technologie de fabrication, du laser et de la transformation
des récoltes ; et enfin TIC et science et technologie
spatiales. Au sein de chacun de ces sous-ensembles, un réseau
africain de centres d'excellence devra être développé.
En ce qui concerne les biosciences, par exemple, le réseau
devra servir de guide à toutes les institutions pour
la recherche en génomie et en protéomique
des céréales.
Pour en savoir plus : sc.nepad-ldc@unesco.org
; http://www.nepad.org
; http://www.commissionforafrica.org
5.
Concernant
la premirèe de ces conférences, voir Planète
science de janvier 2004