Le
GRASP freinera, d'ici 2010, la déperdition des grands
singes
La première réunion intergouvernementale du
Projet pour la survie des grands singes (GRASP) a adopté
une stratégie et un plan d'action pour protéger
les grands singes et leur habitat. Accueillie par la République
démocratique du Congo (RDC) du 5 au 9 septembre et
réunissant les représentants des gouvernements
de 23 États de parcours de ces espèces, la
réunion de Kinshasa a également avalisé
la création du Conseil exécutif du GRASP chargé,
entre autres, d'assurer la liaison avec les donateurs.
De fait, il est ressorti de la réunion non pas une
stratégie mais plusieurs, adaptées aux conditions
de chacune des régions. L'Ouganda, l'Indonésie,
le Ghana, la Côte d'Ivoire et l'Angola ont défini
leurs propres stratégies nationales et régionales
pour assurer la survie des grands singes, pleinement conscients
qu'ils sont du risque d'extinction des grands singes. Ils
ont souligné l'importance de l'action collective
rendue possible par le partenariat du GRASP. Plusieurs États
ont signalé leur souci que les solutions prennent
en compte la réduction de la pauvreté dans
les communautés vivant au contact des grands singes
; d'autres ont souligné la nécessité
de mieux appliquer les lois et de renforcer les capacités
pour le faire.
La Déclaration et la Stratégie de Kinshasa
font écho à ces préoccupations. Dans
la Déclaration, les participants se sont fixé
l'objectif de réduire de façon continue et
significative le rythme actuel de déperdition des
populations de grands singes et de perte de leur habitat
d'ici 2010, et de garantir d'ici 2015 la survie de toutes
les espèces et sous-espèces de grands singes
en liberté.
À cette fin, les signataires s'engagent à
veiller à l'intégrité des sites abritant
les principales populations libres qui préserveraient
à jamais la diversité génétique,
écologique et culturelle de tous les grands singes
et à les protéger à l'avenir de toute
dégradation et perte d'habitat. Les signataires s'engagent
à assurer les moyens de relier entre elles des zones
protégées en créant, par exemple, si
nécessaire, des couloirs de circulation afin d'éviter
l'isolement de certaines populations protégées
de grands singes.
Les signataires s'engagent à travailler avec les
communautés autochtones pour veiller à ce
que toute occupation des habitats par les humains soit durable
au plan écologique et compatible avec le maintien
de populations viables de grands singes en bonne santé.
Il faudra pour cela élaborer des stratégies
locales de réduction de la pauvreté viables
au point de vue de l'environnement.
Les signataires s'engagent en outre à " améliorer
de façon sensible ", partout où cela
sera nécessaire, la qualité et la mise en
uvre des lois pertinentes ainsi que la capacité
des agences de mise en application de ces lois, afin de
protéger tous les grands singes et leur habitat.
Parmi les signataires de la Déclaration de Kinshasa
se trouvent notamment les ministres de l'Angola, du Cameroun,
du Congo, de la République centrafricaine, de la
RDC, du Ghana, de Guinée Bissau, de l'Ouganda, de
la République unie de Tanzanie, l'Ambassadeur de
la Côte d'Ivoire et certains pays donateurs tels que
le Royaume-Uni, ainsi que des représentants de la
Commission européenne et de la Commission des forêts
d'Afrique centrale (Comifac). Klaus Töpfer et Walter
Erdelen ont signé la Déclaration au nom du
Secrétariat du GRASP, qui est dirigé conjointement
par le PNUE et l'UNESCO.
Assistaient à la réunion les représentants
des ministères nationaux de l'environnement, des
forêts ou des ministères ou départements
du tourisme, des gouvernements donateurs et d'autres États
qui n'abritent pas de grands singes, d'ONG internationales
et locales, de communautés locales et du secteur
privé, parmi lesquels des responsables des sociétés
d'éco- tourisme et d'exploitation du bois.
À Kinshasa, Walter Erdelen a annoncé une nouvelle
initiative en faveur des grands singes. L'UNESCO va attribuer
des bourses d'un montant total de 100 000 dollars par périodes
de deux ans à de jeunes scientifiques originaires
de 16 États de parcours des grands singes, qui désirent
consacrer leurs études à ces espèces,
leur habitat et les relations qu'entretiennent les communautés
humaines locales avec les grands singes. Ces fonds sont
gérés par le programme MAB, dans le cadre
du système de prix attribués à de jeunes
scientifiques.
Vu l'insuffisance actuelle des moyens financiers pour atteindre
les objectifs fixés, l'une des premières tâches
du Conseil du GRASP sera de démarcher les donateurs
associés. En juin, l'Union européenne a promis
de consacrer 2,4 millions d'euros aux activités du
PNUE au titre du GRASP.
Pour obtenir un dossier de candidature : mab@unesco.org
Déclaration de Kinshasa : http://www.unesco.org/mab/grasp/grasp.htm