UNESCO.ORG | The Organization | Education | Natural Sciences | Social Sciences | Culture | Communication & Information | Sitemap
UNESCO Home > Natural Sciences > Science Policy and Sustainable Development
Themes
Science Policy
   Overview
   Science Policy Formulation
   Prospective Studies
   University-Industry
   Partnerships
   Science Legislation
   Local and Indigenous
   Knowledge systems
   Country Studies
   Regional Focus
   Global Focus
  
More Themes
  
Regions/Countries

Africa
Arab States
Asia/Pacific
Europe/North America
Latin America/Caribbean
 
UNESCO Communities
Field Network

Amélioration des perspectives en Afrique et dans les États arabes ?

 

  Selon le Rapport de l'UNESCO sur la science 2005, le continent africain et les États arabes apportent une bien mince contribution au total mondial des dépenses de recherche et développement (DIRD), même si celle-ci reste stable : 0,4% en L’Afrique subsaharienne, 0,1% en Afrique du Nord et 0,2% dans les États arabes d’Asie. Ces mêmes parties du monde contribuent bien plus en termes de PIB : 2,3% en Afrique subsaharienne, 1,4% en Afrique du Nord et 1,2% dans les États arabes d’Asie

Le continent africain présente toujours de forts contrastes. Alors que « de nombreux pays font de grands efforts pour simplement retrouver l’état où ils étaient dans les années 1970 et 1980 », l’Afrique du Sud et l’Égypte peuvent s’enorgueillir d’avoir des systèmes de recherche plus efficaces.

En 2002, l’Afrique du Sud a consacré 3,1 milliards de dollars des États-Unis à la R&D, soit 0,7 % de son PIB. Le pays fournit 90 % du montant brut des dépenses de R&D des pays au sud du Sahara, avec ses capacités de recherche en aéronautique, génie nucléaire, chimie, métallurgie, agriculture et médecine. Á l’inverse, le centre du continent africain tend à restreindre les efforts de recherche dans ces deux derniers domaines.

L’Égypte fait cavalier seul en Afrique du Nord par la puissance de son appareil de recherche, surtout tourné vers la chimie et l’ingénierie. (L’Egypte a investi 400 millions de dollars des États-Unis dans la R&D en 2000 – 0,1% des dépenses mondiales). La production scientifique du Maghreb, où les nations n’ont commencé que dans les années 1970 à mettre en place des systèmes nationaux de recherche, progresse cependant au rythme de 10 % par an. Ces pays se font surtout remarquer dans les domaines de la médecine, de l’agriculture, de la physique, de la chimie et de l’ingénierie., l’absence de culture de la R&D sur les campus pose un grave problème aux États arabes, où les relations entre recherche universitaire, enseignement et industrie sont au stade d’un « divorce tripartite ».

En matière de production scientifique, il semble que l’Afrique rencontre des difficultés pour rester en course dans un environnement mondial de plus en plus concurrentiel. Entre 1991 et 2001, le continent a perdu du terrain dans les publications scientifiques, où la part de l’Égypte dans le total mondial, par exemple, est tombée de 0,4 % à 0,3 % et celle de l’Afrique du Sud de 0,6 % à 0,4 %. Pour l’ensemble du continent, cela se traduit par le passage de 1,6 % à 1,4 % de la production mondiale. La situation dans les États arabes d’Asie reste inchangée (0,3 %).

La fuite des cerveaux, problème persistant

Le potentiel des ressources humaines de l’Afrique est nettement sous-exploité, c’est un fait établi : avec une population de 13,4 % du total mondial, le continent africain n’a que 1,1 % des chercheursdu monde. Les États arabes d’Asie (1,7 % de la population mondiale) ne font guère mieux : ils représentent à peine 0,2 % du nombre mondial de chercheurs.

L’éthique du marché libre introduite par la mondialisation après 1980 a été particulièrement préjudiciable en Afrique où elle a incité les gouvernements à se désengager alors que le secteur privé du continent n’était pas en mesure de combler le vide. « Pour éviter l’humiliation et une considérable dégradation de leur statut social de nombreux universitaires éminents ont émigré » soit vers les pays du Nord, soit vers d’autres pays africains où ils étaient mieux rétribués » rappelle le rapport. Si les scientifiques africains reconnaissent qu’ils bénéficient d’une assez grande sécurité de l’emploi, 52 % des scientifiques sud-africains sont mécontents de leurs salaires, selon une enquête de 1999, contre 69 % en Afrique du Nord et 92 % dans le reste de l’Afrique.

En mettant en place, pour le personnel le plus qualifié, des conditions attrayantes, suggère le rapport, « les pays peuvent inciter leur ‘capital humain’ à rester chez eux ou à revenir, afin de contribuer au développement de leur pays ou de leur région ». A cet égard, le rapport salue le fait que l’Afrique du Sud (comme également la Chine, le Japon, le Mexique et la Fédération de Russie) commence à admettre que des Conseils professionnels de la recherche chargés d’attribuer des fonds au mérite contribuent efficacement à la bonne marche d’un système universitaire – un système universitaire performant étant un des remparts contre la fuite des cerveaux. Un pays d’origine qui connaît un développement économique vigoureux constitue toutefois l’aimant le plus puissant pour inciter les chercheurs à y revenir. Peut-on dire qu’une amélioration des perspectives de l’Afrique et des États arabes est en route ?

Du nouveau dans les paysages africain et arabe

Récemment arrivé dans le paysage africain, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), qui intéresse 53 pays, a été lancé en 2001 par l’Union africaine. Le rapport estime que le NEPAD a plus de chances de réussir que les efforts de réforme antérieurs car « les objectifs qu’il propose sont raisonnables ». Son Plan d’action pour la science et la technologie subordonne strictement les investissements à la satisfaction des besoins essentiels que sont l’élimination de la pauvreté, l’amélioration de la santé publique, l’accès à une eau potable de qualité et à la protection de l’environnement. Il fait également des centres d’excellence les éléments clés d’une stratégie qui encourage la collaboration entre Africains et la coopération Sud Sud aussi bien que Nord Sud.

Il convient de signaler la multiplication des Académies des sciences sur le continent africain, ainsi que la fondation en 2002, à l’initiative de l’UNESCO, de l’Académie arabe des sciences, dont le siège est au Liban. La création, en 2004, de l’Académie des sciences du Zimbabwe a porté à 10 le nombre d’Académies des sciences au sud du Sahara (les autres étant au Cameroun, en Egypte, au Ghana, au Kenya, au Madagascar, au Nigeria, au Sénégal, en Afrique du Sud et en Ouganda. Bon nombre de ces académies sont malheureusement « en manque de moyens financiers, de reconnaissance et d’influence ».

La Fondation arabe de science et technologie, lancée en 2000, « vise à forger le chaînon manquant dans le monde arabe entre la communauté des chercheurs et le monde des affaires ». En rassemblant les compétences des scientifiques arabes vivant dans la région et en dehors, la Fondation espère améliorer la qualité de la recherche par la mise en réseau et la collaboration dans les domaines stratégiques de la recherche.

L’importance d’une vision nationale

Le rapport souligne l’importance d’une vision nationale. En Afrique, le marché de la science et de la technologie est dominé par les bailleurs de fonds internationaux, les programmes d’assistance et les sociétés multinationales. Les incitations qu’ils mettent en place à l’égard des chercheurs africains restent sans effet puisqu’il n’existe pas de structures nationales dans le domaine de la science et des technologies susceptibles de leur proposer des carrières.

De même, dans les pays arabes, le principal apport technologique est le fruit d’investissements clés en main réalisés par de grandes sociétés étrangères, et ces techniques ne parviennent pas à s’enraciner véritablement. « Au cours des trois dernières décennies, le monde arabe a dépensé plus de 1 000 milliards de dollars pour des projets clés en main, soit plus de 20 fois le montant des dépenses investies dans le cadre du Plan Marshall pour reconstruire l’Europe après la Deuxième guerre mondiale », précise le rapport. Il avertit que « les économies arabes qui reposent sur le pétrole et les autres ressources minérales ne pourront maintenir leur développement dès lors qu’elles seront épuisées », du fait que la science et le technologie ne sont pas un élément prioritaire aux yeux des leaders politiques arabes ».

Il semble que la science prenne un nouveau départ au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique (133 millions d’habitants) et un gros producteur de pétrole. « Depuis le retour à un gouvernement civil en 1999… le Nigeria a clairement manifesté un renouveau de son intérêt pour la S&T », indique le rapport. Le pays a placé en 2003 un microsatellite de télédétection de la Terre en orbite basse, afin qu’il observe l’environnement et recueille des informations utiles au développement des infrastructures. L’année suivante, le pays demandait à l’UNESCO d’établir un conseil consultatif international pour aider les autorités à réformer le système national de science, de technologie et d’innovation. « Le programme de la réforme consiste essentiellement à passer en revue les investissements, les capacités industrielles et l’innovation ; il fait appel aux compétences de l’UNESCO, de la CNUCED, de l’ONUDI et de l’OMPI». Le moment est bien choisi pour entreprendre la réforme : le PIB a augmenté en 2003 de près de 10 %, poussé par les revenus du pétrole et la croissance de 7 % du produit agricole. Les dépenses publiques ont considérablement augmenté, passant de 19 % du PIB en 1997 à 50 % en 2001. « L’un des objectifs de la réforme du système scientifique consistera à orienter cette croissance vers la diversification de l’économie nigériane », suggère le rapport, « afin que le pays soit moins directement soumis aux fluctuations du prix du pétrole ».


Ce résumé de l’état actuel de la science et la technologie en Afrique et dans les États arabes est tiré d’un article sur le Rapport de l’UNESCO sur la science 2005 qui est paru dans le bulletin trimestriel de l’UNESCO, Planète Science, en avril 2006.

Lire également les articles publiés dans Planète Science sur les retombées de la Première (en 2003) et de la Seconde (en 2005) Conférences ministérielles africaines sur la science et la technologie.


Lire un résumé sur les autre regions dans le Rapport de l’UNESCO sur la science 2005 :

La science fait des bonds en Asie
L’Europe et les Etats-Unis face à une montée de la concurrence internationale
L’Amérique latine et les Caraïbes à la traîne

 


SERIES

Science Policy Studies series
UNESCO Reference Works
Series
Encyclopedia of Life
Supports Systems
Science Policy Studies
and Documents
Coastal Regions & Small
Islands Series
A World of Science


UNESCO Science
Report 2005 EN - FR




Science in Africa EN - FR


  © UNESCO 2008    |     Disclaimer    |     Privacy Policy    |
Contact