Selon le Rapport de
l’UNESCO sur la science 2005, l’Amérique laine et les Caraïbes apportent une mince contribution au total mondial des dépenses de
recherche et développement(DIRD), et l’on constate
qu’entre 1997 et 2002, elle a même diminué (de 3,1 % à 2,6 % - comparé à une part du PIB mondial de 7,6%). Trois pays contribuent à eux
seuls 85% des dépenses de R&D de la région , le Brésil, le Mexique let l’Argentine.
La region a consacré 21,7 milliards de dollars des Etats-Unis au DIRD en 2002, dont 13,1 milliards au Brésil, 3,5
milliards au Mexique et 1,6 milliard en Argentine. Dans la région, seul le Brésil consacre 1% du PIB à la R&D
(compare à 0,4% au Mexique et en Argentine). Aux Caraïbes, seul Cuba atteint la moyenne régionale de 0,6% du PIB.
« Alors que les pays se mondialisent, l’Amérique latine n’y arrive pas », regrette le rapport. Cela s’explique par le
fait que les tentatives d’intégration intra régionales se sont heurtées à de tenaces « obstacles liés à des problèmes de
développement et à une instabilité politique et financière ». Le rapport attire l’attention sur « le potentiel inexploité
que possèdent l’Amérique latine et les Caraïbes en matière de transfert horizontal du savoir et des technologies à des
conditions avantageuses pour tous ».
L’Amérique laine et les Caraïbes représentent 8,6% de la population mondiale mais seulement 2,5% des scientifiques dans le
monde. En moyenne, la région compte 261 chercheurs
par million d’habitants (715 en Argentine, 315 au Brésil et 217 au Mexique). Ce chiffre est à comparer avec ceux de l’Inde (112),
de la Chine (633), de la France 2982, de l’Allemagne (3209), des Etats-Unis (4374) et du Japon (5085).
Le nombre restreint de ses chercheurs n’a pas empêché l’Amérique latine d’accroître sa part dans les publications mondiales
entre 1991 et 2001, de 1,8% à 3,3%. La part mondiale du Brésil a doublé à 1,4% celle de l’Argentine est passé de 0,4% à 0,6% et
celle du Mexique (soit dit en passant, membre de l’OCDE) de 0,3% à 0,7%. Si les scientifiques latino-américains continuent le plus
souvent de cosigner des articles avec leurs homologues d’Europe et d’Amérique du Nord, la collaboration entre collègues ibéro américains
a progressé. Il en va de même de la co-signature chez les scientifiques asiatiques, passée d’environ 6 % en 1997 à plus de 18 % en 2001.
Cet aperçu de l’état actuel de la science et la technologie en Amérique latine et aux Caraïbes est tiré d’un article sur
le Rapport de l’UNESCO sur la science 2005 qui est paru dans le bulletin trimestriel de
l’UNESCO, Planète Science, en avril 2006.
Resserrer les liens intra-régionaux en en Amérique latine et aux Caraïbes
Les pays comprennent aujourd’hui que, si leur région veut revendiquer sa juste place sur la scène internationale, ils vont
devoir s’épauler les uns les autres. Ce qui implique qu’ils resserrent leurs liens intrarégionaux.
L’UNESCO prone depuis longtemps les avantages de la cooperation Sud-Sud pour l’ensemble du monde en développement.
En Amérique latine et aux Caraïbes, son Bureau regional pour la science à Montevideo
(Uruguay) est engage depuis des décennies dans des projets régionaux de coopération technique. L’UNESCO a également joué un
rôle important dans la création de réseaux scientifiques régionaux ; les deux derniers ont été lancés en 1998 : les réseaux
de R&D et de programmes en sciences aux Caraïbes (Cariscience) et en Amérique centrale (Red-CienciA).
En décembre 2005, l’UNESCO et le Ministère cubain de la science et la technologie ont organisé une conférence régionale
sur la science, la technologie et l’innovation en vue du développement durable. Les organisateurs ont tourné délibérément le
dos à l’état d’esprit « on continue comme avant ». Au lieu de s’efforcer d’adopter un ensemble de recommandations, issue la
plus fréquente des conférences de ce type, ils ont entériné une série de projets de coopération. Ces projets opérationnels
auront à traiter, entre autres, de l’atténuation des risques de catastrophes, de l’enseignement des sciences et de la vulgarisation scientifique.
Pleins feux sur les Caraïbes
Lire une étude qui passe en revue l’état de la R&D dans les pays du
Marché commun des Caraïbes (Caricom), ainsi qu’une étude de cas de
Cuba, Les deux études ont paru dans le numéro d’octobre 2005 du bulletin trimestriel de l’UNESCO, Planète Science. A noter, l’étude sur les pays
du Caricom est tirée du Rapport de l’UNESCO sur la science 2005 (ici en version abrégée).