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COMMISSION EUROPÉENNE Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement 10 novembre 2002 – UNESCO Message
à l’adresse de
L’homme et la science La course vers les étoiles a commencé dès l’aube de l’humanité lorsque le premier homme a levé les yeux vers le ciel. Depuis, quelques cent cinquante milles générations se sont succédées sur cette Terre, et l’esprit de l’Homme est allé partout où son regard s’est porté. Sa quête se poursuit aujourd’hui, bien au-delà de ses sens et de ce que pouvaient imaginer la génération qui nous précédait. Certaines périodes de l’Histoire ont été moins propices que d’autres au développement des connaissances, mais rares furent celles qui virent une réelle stagnation du savoir. S’il fût parfois ralenti, jamais il ne s’est arrêté. Le siècle dernier a vu au contraire une accélération prodigieuse dans la génération, la transmission et l’application du savoir scientifique. Favorisé par la stabilité apportée par la construction européenne, la connaissance scientifique est devenue le principal vecteur de progrès économique et social de l’Europe. C’est aujourd’hui en terme de savoir et de connaissances détenus par ses citoyens que se mesure le véritable capital de la société européenne. Pour favoriser cette transition vers une société de la connaissance, la Commission européenne a lancé en 2000 le projet de créer un véritable Espace européen de la Recherche ouvert sur la société européenne et sur le monde. Les chercheurs et la société Les chercheurs sont la clé de cette construction. Ils ont aujourd’hui une responsabilité particulière devant la société. Ils développent des connaissances dont les applications viennent remettre en question des équilibres parfois millénaires. Est-ce une rupture ? Oui certainement. C’est une rupture avec le passé mais celle-ci doit être mesurée pour ne pas se transformer en une rupture brutale du corps social et des sociétés humaines, entre certains qui auraient accès au savoir et des exclus de ce savoir. Tous les hommes de quelque origine qu’ils soient devraient pouvoir profiter des avancées de la science. J’en appelle donc d’abord aux chercheurs eux-mêmes pour qu’ils prennent conscience de leurs responsabilités dans ce partage humaniste des connaissances scientifiques. La science et les médias J’en appelle aussi aux médias qui ont un rôle important à jouer dans cette relation entre science et société. L’opinion publique se forge à cette masse d’information qui transite journellement par les canaux classiques de la télévision, des journaux, de la radio, et aujourd’hui par Internet. C’est une lourde responsabilité que de présenter à des publics non avertis des sujets complexes et je crois que cette responsabilité d’information envers le public doit être mieux partagée. Je les invite à travailler de concert à ces fins avec les chercheurs. La science et les jeunes J’en appelle enfin aux jeunes dont certains s’interrogent sur l’intérêt d’un investissement personnel important dans l’aventure scientifique. Je souhaiterais qu’ils prennent conscience de ce qu’ils sont les artisans du monde de demain et que celui-ci ne se fera ni sans eux, ni sans la science. Les carrières des chercheurs ne ressembleront sans doute pas dans l’avenir à celles d’aujourd’hui mais elles n’en seront pas moins passionnantes car sans doute encore plus diversifiées. La science et l’Europe Au lendemain de cette journée mondiale de la science au service de la paix et du développement se tiendra à Bruxelles la présentation par la Commission européenne de ses activités pour la période 2003-2006, tournées vers la mise en œuvre du projet d’Espace Européen de la Recherche. Je voudrais à cette occasion souligner la place spéciale qu’occupe ici l’Union Européenne. Au milieu des nations qui ont toutes à une période de leur histoire fait usage de la science et de la technologie à des fins guerrières, l’Union Européenne s’est toujours refusée à financer des recherches destinées à augmenter ses capacités destructrices. Nous avons transformé notre histoire faite d’une litanie de faits sanglants en une histoire de paix où le dialogue et la diplomatie ont été préférés à la force brute. La science nous a grandement aidés sur ce chemin et continuera à le faire. C’est cette histoire que nous souhaitons partager et c’est le sens de ce message à l’adresse de la communauté scientifique, des jeunes et des médias européens et des autres régions du monde. La science est un socle suffisamment ferme pour y construire paix et développement pour tous. Philippe
Busquin |