FRANCE

Message de
Madame Claudie HAIGNERE,
Ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies

à l'occasion de la
Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement

12 novembre 2002 – UNESCO Headquarters

 

Cette première Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement revêt à mes yeux une très grande importance. Je me félicite que l'UNESCO s'inscrive ainsi dans la direction tracée par la Conférence mondiale sur la science, qui s'est tenue à Budapest en 1999. La manifestation qui nous réunit aujourd'hui confirme la mission éthique assumée par l'UNESCO, celle de promouvoir un développement harmonieux et pacifique.

L'initiative prise par l'UNESCO confirme s'il en était besoin que la science ne connaît pas de frontières. La généralisation des nouvelles technologies fait que les savoirs traversent aujourd'hui la planète avec une extrême rapidité. Encore faut-il qu'ils soient bien partagées. Et c'est je crois l'une des préoccupations majeures pour tous les acteurs de la recherche scientifique que nous sommes.

Partage d'abord des connaissances entre les scientifiques et l'ensemble des citoyens. Il faut effectivement qu'un nouveau contrat soit établi entre la science et la société, comme cela avait été prévu par la Conférence de Budapest. C'est l'une des priorité fortes de mon action ministérielle. Il s'agit en effet pour moi de rapprocher science et société, de faire que l'individu ne soit plus désarmé face à la montée des grandes peurs qui secouent nos sociétés. Il s'agit de rappeler que les avancées scientifiques sont porteuses de progrès pour l'humanité alors que leur utilisation dévoyée est condamnable. Cela suppose une mobilisation d'ensemble de tous les intervenants : une mobilisation qui parte du plus jeune âge et prenne en compte toutes les attentes de nos concitoyens.

Mais le partage des connaissances doit également se faire des pays ayant les centres de recherche les plus avancés vers ceux qui en manquent encore. La science doit être généralisée à toute la planète. Connaissances et savoirs-faire doivent se répandre partout sur la planète. C'est une condition essentielle d'un développement harmonieux. Il existe aujourd'hui de très nombreuses coopérations scientifiques qui vont dans ce sens mais elles doivent être accrues, notamment pour qu'à terme les initiatives, les actions, les réussites émergent des pays encore à l'écart et ne soient pas importées de l'extérieur, ce qui nuit souvent à leur adaptation réussie.

Je crois qu'une telle volonté traverse de façon forte la communauté scientifique, une communauté si attachée à l'idée de diffusion des connaissances. A nous, responsables politiques, de faire que ce partage international s'appuie sur des structures adaptées. Et il est clair que l'UNESCO, par son rayonnement et ses capacités d'intervention, a un rôle majeur à jouer.

De ce partage, découle la réussite du développement à venir. A l'heure où l'on voit poindre de nouvelles famines, le développement de tous les parties du monde, de tous les pays, doit représenter un objectif prioritaire. Améliorer les techniques agricoles pour gagner la bataille de la faim, généraliser les découvertes biologiques pour augmenter l'espérance de vie, réfléchir aux formes de socialisation pour bâtir une vie collective meilleure… Autant d'objectifs forts de toute coopération internationale dans le domaine scientifique.

Ce développement harmonieux est une condition essentielle à l'installation de la paix. Trop souvent, les rivalités entre Etats naissent de progrès mal maîtrisés ou d'accès inégal aux nouvelles richesses du savoir. Les nouvelles technologies de l'information -je pense en premier lieu à Internet- nous montrent comment l'idée de partage universel est réalisable : un partage global et stimulant. C'est je crois le sens de cette Journée qui nous réunit. Seul le partage des connaissances le plus large peut permettre de réduire les discriminations, de construire un développement pour tous et d'assurer une paix durable.