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La Journée mondiale de la
science au service de la paix et du développement est l'occasion, pour les organisations scientifiques,
les chercheurs, les gouvernements et la société civile, de réaffirmer ensemble la contribution cruciale
de la science au "progrès social et [à l'instauration] de meilleures conditions de vie dans une liberté
plus grande", y compris la liberté de ne pas subir le fléau de la guerre et des conflits, pour citer la
Charte des Nations Unies.
L'accumulation des
connaissances scientifiques et les applications technologiques qui en découlent ont transformé la vie des
hommes et des femmes des temps modernes, et apporté d'énormes bienfaits à l'humanité. Toutefois, ces
bienfaits sont inégalement répartis, reflétant les grandes disparités de richesses et de chances dans un
monde socialement divisé. De plus, ces bienfaits sont trop souvent obtenus sans tenir dûment compte de la
durabilité des activités qui les génèrent.
Parallèlement, les
utilisations faites de la science et de la technologie suscitent de graves préoccupations quant à
l'exercice des responsabilités éthiques implicites dans l'influence croissante de la science et de la
technologie sur toute notre vie. Comme l'a souligné la Conférence mondiale sur la science et le Forum
mondial sur la science organisés par l'UNESCO à Budapest en 1999 et 2003 respectivement, il faut que
la communauté scientifique se pose ces questions, à deux niveaux : d'abord, en intégrant les préoccupations
liées à ces questions dans l'entreprise scientifique elle-même et, ensuite, en montrant aux décideurs et à
l'opinion publique comment la science peut contribuer à la cause du progrès humain, y compris en s'efforçant
de remédier aux conséquences d'applications erronées, dans le passé, des connaissances scientifiques.
La Journée mondiale de la
science aura atteint l'un de ses objectifs essentiels si elle peut aider à focaliser l'attention des jeunes
sur la science et à les convaincre que ses objectifs sont conformes à leurs propres aspirations. Les
tendances actuelles qui caractérisent les filières éducatives et les choix de carrière montrent que
l'intérêt pour la science décline peut-être parmi les jeunes dans de nombreuses régions du monde. La bonne
gouvernance nous impose d'inverser cette tendance et de redoubler d'efforts pour motiver les jeunes
générations à relever le défi de la science. À cet égard, il ne suffit pas de souligner les exigences
intellectuelles des études et recherches scientifiques ; nous devons aussi faire en sorte que l'éthique de
la solidarité, qui est implicite dans l'entreprise scientifique, guide effectivement ses finalités.
L'UNESCO s'est engagée à
soutenir des initiatives qui fassent mieux connaître la science parmi les jeunes. Elle encourage vivement
la création d'associations et de réseaux de jeunes scientifiques et elle a décidé de contribuer à la mise
en place de l'Académie mondiale des jeunes scientifiques, qui est destinée à renforcer la participation de
ces jeunes à la formulation des politiques scientifiques. L'Organisation parraine aussi le prix Javed Husain
des jeunes scientifiques, qui distingue des travaux de recherche pure ou appliquée de qualité exceptionnelle
dans le domaine des sciences exactes et naturelles et des sciences sociales et humaines, et les bourses du
MAB pour jeunes scientifiques, qui encouragent la recherche interdisciplinaire sur les écosystèmes, les
ressources naturelles et la diversité biologique.
Susciter chez les jeunes
un engouement pour les sciences, ce qui signifie nécessairement rendre les carrières scientifiques plus
gratifiantes sur le plan financier, est une tâche essentielle non seulement pour l'avenir des sciences
elles-mêmes mais aussi pour presque tous les objectifs que la communauté internationale s'est fixés à
l'aube du nouveau Millénaire. En fait, ces objectifs sont déjà inscrits dans le titre de la Journée
mondiale de la science au service de la paix et du développement.
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