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Chaque année, la Journée mondiale de la science
au service de la paix et du développement nous offre l’occasion d’accorder une attention particulière à la contribution de la
science au développement durable et à l’amélioration des perspectives de paix. De l’agriculture à la médecine, des énergies
renouvelables à la gestion de l’eau, les progrès scientifiques et technologiques jouent un rôle clé dans le développement
social et économique, où ils trouvent des applications très variées.
Bien entendu, l’importance de la science ne
doit pas reposer uniquement sur la valeur de la recherche et de la connaissance en soi. En effet, elle tient également à la
capacité de celles-ci de satisfaire les besoins de la société et à leur efficacité face à ces besoins et aux objectifs
macroéconomiques définis par les gouvernements. Il s’agit là d’un défi aux plans national et international.
Si les objectifs de la science n’ont pas
fondamentalement changé, les besoins sociaux ont, eux, beaucoup évolué. De nos jours, la science doit relever des défis
complexes qui sont d’ampleur et de nature mondiales. Elle doit affronter des problèmes immenses et difficiles qui ne peuvent
être traités que moyennant des efforts conjoints. La science est par essence une entreprise collective, ses progrès sont
généralement dus à la motivation et à la persévérance d’équipes de recherche qu’aux découvertes de personnalités
exceptionnelles. La coopération est au cœur du travail scientifique.
En cette Journée mondiale de la science au
service de la paix et du développement, je souhaite insister cette année sur l’importance cruciale de la coopération Sud-Sud
en matière de science et de technologie. Cette coopération est peut-être plus importante aujourd’hui que jamais et il faut
donc continuer à la soutenir et à l’encourager. La coopération Sud-Sud est porteuse de promesse et de la possibilité de créer
dans les pays du Sud une masse critique de scientifiques et de technologues hautement qualifiés et inventifs, qui soient
formés à traiter les problèmes d’importance primordiale pour les populations du Sud. Grâce à l’échange de travaux de recherche
et de formations aux liaisons et à la mise en réseau entre institutions, la coopération Sud-Sud peut contribuer à la création
d’une culture professionnelle d’excellence entre scientifiques qui travaillent dans leur pays où leur contribution est
indispensable.
En outre, la coopération Sud-Sud dans le
domaine de la science et de la technologie offre de réelles occasions de promouvoir le développement et la paix. Les
expériences de développement au Sud sont riches et variées. Parce qu’ils ont des points communs au plan historique et
géographique ou bien parce que les défis qu’ils ont à relever en matière de développement sont semblables, les pays du Sud
ont d’importantes leçons à partager concernant les difficultés qu’ils ont affrontées et les résultats positifs auxquels ils
sont parvenus. Le dialogue et la collaboration scientifiques sont en outre des mécanismes vitaux pour créer des intérêts
réciproques et une compréhension mutuelle entre les peuples. L’UNESCO considère depuis longtemps que la promotion de la cause
de la paix par la coopération scientifique internationale et par la coopération Sud-Sud est et continuera à être un aspect
important de ce travail.
Aujourd’hui, la promotion et l’utilisation par
l’UNESCO des modalités de coopération Sud-Sud figurent dans le programme UNITWIN et chaires UNESCO, par exemple. En outre, le
recours à la coopération Sud-Sud ainsi que Nord-Sud est au cœur du Programme international relatif aux sciences fondamentales
(PISF), qui est axé sur le renforcement des capacités scientifiques et sur le transfert et le partage de l’excellence et de
l’information scientifiques.
En cette Journée mondiale 2005 de la science
au service de la paix et du développement, l’UNESCO appelle tous ceux qui participent à l’entreprise scientifique à réaffirmer
leur engagement de bâtir un monde pacifique, prospère et équitable grâce à la science et à concrétiser cet engagement par la
coopération internationale et des activités menées en collaboration. Souhaitons que les scientifiques développent, par la
coopération Sud-Sud en particulier, des rapports de solidarité et d’entraide qui apporteront des bénéfices concrets et qu’ils
soient aussi pour d’autres des modèles à suivre.
Koïchiro Matsuura
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