| Femmes,
science et technologie
Ouagadougou (Burkina Faso) 25-28 janvier 1999
Déclaration de Ouagadougou
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PRÉAMBULE
APPEL
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PRÉAMBULE

Nous, participants du présent Forum régional en prélude à la
Conférence mondiale sur la Science pour le XXIème siècle,
Ayant procédé à lexamen
critique de la situation du continent, en particulier celle des femmes
caractérisée notamment par :
- une faible scolarisation des
filles dont à peine une sur quatre en âge daller à lécole reçoit une
éducation de base,
- un analphabétisme élevé chez les
femmes, surtout dans les zones rurales où six à neuf femmes sur dix ne savent ni lire ni
écrire,
- un faible niveau de culture scientifique
et technique dans lensemble de la population et plus particulièrement chez les
femmes,
- une présence insuffisante des femmes dans
les carrières scientifiques et surtout dans les instances de décision,
- une absence quasi totale de véritable
politique scientifique et technique ;
Considérant
quune telle situation constitue : 
- dune part une injustice à
légard des femmes, privées par là même de moyens intellectuels et pratiques
indispensables à lamélioration de leurs conditions de vie dans des contextes
économiques et politiques de plus en plus difficiles (dysfonctionnements structurels
liés à la crise multiforme qui sévit en Afrique, à laquelle sajoutent les divers
conflits qui continuent de ravager le continent),
- dautre part une perte considérable
de ressources humaines en raison du rôle essentiel que les femmes africaines jouent dans
la société : éducation des enfants, prise en charge de la famille (alimentation,
soins, hygiène), gestion des ressources naturelles (eau, sources énergétiques),
production agricole, pêche, artisanat, petits commerces et emplois dans le secteur
informel ;
Soulignant que : 
- la Conférence mondiale sur
léducation pour tous (Jomtien, Thaïlande, 1990) a érigé en priorité absolue la
nécessité dassurer laccès des filles à léducation et
daméliorer la qualité de la formation qui leur est dispensée,
- la Troisième Conférence mondiale sur les
femmes (Nairobi, Kenya, 1985) a, dans sa Stratégie prospective daction pour la
promotion de la femme jusquà lan 2000, insisté sur lurgence
daccroître le nombre des jeunes filles et des femmes bénéficiant dun
enseignement scientifique et technique et de les faire davantage participer à
lamélioration des technologies pour le développement,
- la Quatrième Conférence mondiale sur les
femmes (Beijing, Chine, 1995) a, dans sa Déclaration et son Programme daction,
réaffirmé quil était indispensable daméliorer laccès des femmes à
la formation professionnelle, scientifique et technique et à léducation
permanente, pour obtenir les conditions dun développement durable au service de
lindividu ;
Décidons dagir
pour lavènement dune société assurant aux hommes et aux femmes
légalité des droits, des responsabilités et des chances dans tous les domaines,
mais plus particulièrement dans celui de la science et de la technologie, ainsi que leur
participation conjointe au développement du continent africain.
APPEL
A cet effet, nous lançons un appel solennel :
Aux gouvernements de nos Etats membres

Pour quils adoptent et mettent en uvre les textes
législatifs nécessaires et les dispositions réglementaires et institutionnelles
appropriées facilitant la promotion des femmes et des filles dans le domaine de
léducation en général et plus particulièrement dans celui de la formation
scientifique et technique.
Dans cette perspective, nous leur demandons de poursuivre et
dintensifier leurs efforts en vue de :
- léradication des facteurs
socioculturels conditionnant la petite fille et la femme dans des rôles imposés et
figés,
- la promotion dune éducation non
formelle adaptée aux intérêts et aux aspirations des femmes et mettant en valeur les
avantages que procurent les connaissances scientifiques et technologiques pour
lavenir de celles-ci,
- la valorisation des potentialités
scientifiques et technologiques des femmes africaines : savoirs, savoir faire, savoir
être, acquis de génération en génération dans de nombreux domaines (pédiatrie,
pharmacopée, pratiques culinaires),
- la rénovation des programmes
denseignement scientifique et technique et des matériels didactiques afin de les
rendre plus attractifs pour les filles,
- la mise en uvre, au profit des
filles et des femmes, de programmes de formation professionnelle intégrant les acquis de
la science et de la technologie,
- ladaptation des politiques de
formation des formateurs à la dimension de " genre ",
cest-à-dire à légalité sociale entre les sexes,
- la promotion des femmes aux postes de
décision dans le domaine de la science et de la technologie,
- La mise en place dun nouveau
partenariat national, régional et international dans le but de promouvoir la femme et la
fille africaine en science et technologie ;
Au Directeur général de lUNESCO

Pour quil accorde son soutien à une large diffusion des
conclusions du Forum régional de lAfrique et quil apporte, en collaboration
avec les partenaires de lUNESCO, lappui de lOrganisation à la mise en
uvre du Plan daction
régional destiné à renforcer les initiatives des gouvernements en vue de
promouvoir les femmes et les filles dans le domaine de la science et de la
technologie ;
A la communauté scientifique internationale 
Pour quelle encourage et soutienne, en créant des conditions
favorables, les filles ayant atteint un niveau scientifique et technologique satisfaisant
à poursuivre leurs études dans lenseignement supérieur et la recherche et à
évoluer dans leur carrière ;
Aux partenaires du développement 
Pour quils accordent dans leurs programmes de coopération avec
les Etats africains une large priorité à la formation et à la participation des femmes
aux activités scientifiques et technologiques ;
Aux organisations nongouvernementales et
associations locales 
Pour quelles aident les populations, notamment les populations
rurales, à prendre conscience de limportance de la science et de ses applications
dans lamélioration de leurs conditions de vie ainsi que du rôle primordial que les
femmes peuvent jouer dans le développement de leur pays en sinvestissant dans les
activités scientifiques et technologiques.
Adoptée à Ouagadougou le 28 janvier 1999
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