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Femmes, science et technologie
Ouagadougou (Burkina Faso) 25-28 janvier 1999

Forum régional de l’Afrique

Rapport

Sommaire
INTRODUCTION
PREMIER PANEL - Femmes, science et technologie : un enjeu pour l’Afrique
Recommandation
DEUXIÈME PANEL - L’éducation scientifique
Recommandations
TROISIÈME PANEL - Recherche et technologie
Recommandations
QUATRIÈME PANEL - Formation professionnelle
Recommandations
ADOPTION DES DOCUMENTS CLÉ
CÉRÉMONIE DE CLÔTURE
Contact

INTRODUCTION    Back to top

Dans le cadre de la préparation de la Conférence mondiale sur la science pour le XXIème siècle, l’UNESCO a entrepris à travers le monde une série de consultations destinées, d’une part à faire l’état des lieux sur la participation des femmes au développement scientifique et technologique et, d’autre part à identifier les moyens susceptibles d’aider à combler l’écart important qui apparaît à l’heure actuelle entre le nombre d’hommes et de femmes œuvrant dans ce domaine.

Sur l’invitation du gouvernement du Burkina Faso, ce Forum a réuni sur ce sujet une soixantaine de spécialistes africains dont la plupart étaient des femmes occupant des postes de responsabilité en science et technologie dans leur pays d’origine. Venus de quarante trois pays, ces participants représentaient toutes les zones linguistiques du continent. On notait également parmi eux une représentante de la Commission économique africaine (CEA) ainsi que celles d’associations de femmes et d’organisations non gouvernementales (la TWOWS (l’Organisation mondiale des femmes scientifiques du Tiers Monde) et le FAWE (Forum of African Women Educationalists) notamment) .

Le Forum a été organisé en étroite collaboration avec les autorités du Burkina Faso, avec la collaboration des Commissions nationales pour l’UNESCO de l’Afrique et le soutien du Ministère des Affaires Etrangères français et de l’ISESCO.

Les travaux proprement dits du Forum se sont déroulés au sein de séances plénières (panels) comportant chacun un ou plusieurs exposés substantiels suivis de débats et de propositions.

PREMIER PANEL - Femmes, science et technologie : un enjeu pour l’Afrique    Back to top

Dans une communication intitulée " Formation scientifique et technologique des filles dans l’éducation de base en Afrique " Mme Alice Tiendrebeogo, Ministre de la Promotion de la Femme du Burkina Faso, a tout d’abord souligné le rôle essentiel que les femmes jouent dans les économies nationales, notamment dans l’agriculture où elles contribuent dans une proportion de 60 à 80% à la production vivrière, ainsi que dans la gestion des ressources naturelles. Elle a regretté que, pour assumer ces responsabilités, les filles ne reçoivent ni formation initiale suffisante ni formation technique adaptée.

Elle a ensuite mis l’accent sur le taux d’analphabétisme élevé des femmes en Afrique subsaharienne (72% en moyenne contre 51% chez les hommes), le faible taux de scolarisation des filles (inférieur à 50%) et montré que plus de 50% des filles scolarisées abandonnaient l’école avant la fin de l’enseignement primaire.

Elle a expliqué que le système éducatif ne répondait pas aux besoins des filles et qu’il ne tenait pas suffisamment compte des savoirs traditionnels acquis par celles-ci dans leur communauté de vie.

Elle a dénoncé l’attitude différentielle des enseignants à l’égard des filles et des garçons et montré que les manuels scolaires diffusaient des idées préconçues perpétuant une image stéréotypée et dévaluée des femmes présentées comme passives, irresponsables, peu compétentes, cantonnées le plus souvent à des activités domestiques.

Elle a aussi analysé le rôle des parents qui, ayant moins confiance dans les capacités de leurs filles que dans celles de leurs garçons et considérant que les mathématiques et les sciences étaient des disciplines masculines, n’orientaient pas leurs filles dans les filières scientifiques et techniques.

Les débats qui ont suivi la communication ont montré combien l’éducation scientifique des femmes était indispensable au développement de l’Afrique ainsi qu’à la participation de ce continent à l’économie mondiale.

Recommandation du premier panel    Back to top

  • Les participants ont demandé en conséquence que les gouvernements africains accordent la plus grande priorité possible à l’évolution et à l’épanouissement des femmes de leur pays en les aidant notamment par l’éducation, la formation et toutes autres mesures nécessaires, à participer pleinement aux mêmes titres que les hommes, aux efforts que la communauté internationale déploie pour faire de la science un instrument privilégié au service du développement durable.

DEUXIÈME PANEL - L’éducation scientifique    Back to top

Ce panel a principalement traité de la situation des filles par rapport à l’enseignement scientifique et technologique distribué dans l’enseignement secondaire. Trois communications ont été prononcées :

  • " Education scientifique des filles : au delà de l’enseignement secondaire " par le Professeur Andam Aba, Directeur du Département de Physique, Université de la Science et de la Technologie, Kumasi, Responsable de la Chaire " Femmes, science et technologie ", Ghana

  • " De la rhétorique à l’action : l’approche du FEMSA pour promouvoir la participation et les performances des filles en science et technologie " par M. Joseph O’ Connor, Coordinateur régional du FEMSA (Female Education in Mathematics and Science in Africa), Kenya

  • " Education scientifique des filles au Burkina Faso " par Mme Oudraogo-Banse Aminata Elisabeth, Inspectrice de l’Enseignement Secondaire en sciences naturelles, Présidente de l’association " Femmes scientifiques du Faso pour la promotion de l’éducation scientifique et technologique des femmes

Les enquêtes menées dans différents Etats africains ont montré que les filles étaient généralement peu scolarisées, qu’elles allaient moins souvent et moins longtemps à l’école que les garçons et que leur représentation dans les différents cycles d’enseignement allait en décroissant. C’est ainsi qu’au Burkina Faso en 1997-1998, 33,4% des filles étaient scolarisées dans l’enseignement primaire contre 48% des garçons , que 7,41% des filles étaient présentes dans l’enseignement secondaire contre 12,9% de garçons et que seulement 0,41% des filles bénéficiaient de l’enseignement supérieur contre 1,7% des garçons.

Par ailleurs, les études ont mis en évidence le fait que, généralement peu nombreuses dans l’enseignement secondaire, les filles choisissaient moins souvent que les garçons les filières scientifiques et technologiques (leur représentation dans ces classes est inférieure à 25% au Burkina Faso) et qu’elles y réussissaient assez mal en raison notamment de difficultés rencontrées en mathématiques. Selon une enquête menée entre 1990 et 1996 dans 4 pays d’Afrique, 80 à 90% des filles obtenaient de mauvais résultats en mathématiques et 60 à 80% étaient en difficulté dans les disciplines scientifiques.

Les intervenants se sont tous accordés pour désigner les principaux facteurs responsables de cette situation :    Back to top

  • Ils ont fortement insisté sur l’importance des facteurs socioculturels.

Dans la cellule familiale tout d’abord et dans la société par la suite, il n’est pas encore admis que la fille ait les mêmes aptitudes que le garçon et que l’éducation scientifique fasse partie de sa formation de base. Aussi est-elle éduquée autrement que le garçon et la plupart du temps non encouragée à s’orienter vers les filières scientifiques et techniques. Victime  des " domaines réservés ", elle reste ainsi en marge des activités socialement valorisées, bien rémunérées et performantes.

  • Ils ont aussi mis l’accent sur les facteurs économiques. 

Dans la situation de crise économique actuelle, les parents choisissent d’envoyer le garçon à l’école au détriment de la fille qu’ils confinent aux tâches domestiques, aux activités génératrices de faibles revenus afin de subvenir aux besoins de la famille et, dans certains cas, qu’ils contraignent au mariage forcé ou précoce.

  • Ils ont enfin dénoncé l’influence négative des facteurs pédagogiques

Dès son entrée à l’école, la fille est en effet confrontée aux programmes inappropriés, aux stéréotypes sexistes, aux approches et méthodologies dépassées, aux attitudes négatives des enseignants et des enseignantes, à l’absence de modèles. Lorsqu’elle s’intéresse aux disciplines scientifiques, elle ne trouve pas l’encouragement souhaité pour persévérer dans cette voie.

Face à une telle situation, des actions vigoureuses ont été engagées par les Etats et des Organisations nationales et internationales dans le but d’améliorer l’éducation scientifique et technologique des filles :    Back to top

  • Le projet FEMSA a été créé dans le cadre du FAWE en décembre 1995 afin d’accroître la participation et la performance des filles en mathématiques, science et technologie dans l’enseignement primaire et secondaire. Parallèlement au recueil de données effectuées dans une douzaine de pays d’Afrique, il a entrepris des actions destinées à aider les Etats et les agences extérieures à utiliser des ressources limitées pour promouvoir une éducation de qualité pour les filles. Citons parmi les réalisations en cours : l’amélioration des curricula d’enseignement, la formation des enseignants, une révision des tests et examens, la refonte des manuels scolaires, l’élaboration de matériel éducatif.

  • Le gouvernement du Burkina Faso a mis en place des structures de réflexion et d’action pour l’éducation des filles et introduit des mesures visant à donner la priorité aux filles, lorsqu’elles choisissaient une orientation scientifique, dans l’attribution des bourses d’enseignement secondaire et de logements universitaires.

  • Au Ghana, à l’initiative du ministère de l’Education, des " Cliniques scientifiques " ont été créées en 1997. Il s’agit de séjours organisés réunissant pendant les vacances des jeunes filles de l’enseignement secondaire et des scientifiques dans le but de parler de la science, de réaliser des expériences et de visiter des centres de recherche et des industries. Le programme devrait s’étendre progressivement à l’ensemble de la région.

  • Une Chaire Unesco  " Femmes, science et technologie ", implantée au Ghana, assure des activités de recherche, de formation d’expérimentation et de diffusion concernant la promotion des femmes en science et technologie dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Précisons qu’une seconde Chaire UNESCO est implantée au Swaziland pour les pays du sud de l’Afrique.

  • Des associations de femmes scientifiques et ingénieurs se sont constituées dans de nombreux pays (Burkina Faso, Cameroun, Guinée, Mali, Togo) afin d’encourager les filles à choisir les filières scientifiques et technologiques et soutenir les femmes professionnelles dans leur évolution de carrière.

Les débats qui ont suivi ces communications ont confirmé que la quasi totalité des Etats africains représentés au Forum avaient pris conscience de la nécessité d’améliorer l’éducation scientifique des filles et que de nombreuses initiatives avaient été prises, par exemple :    Back to top

  • la création en Guinée d’un Comité d’équité chargé d’atténuer les disparités entre les sexes lors de la scolarisation des enfants,

  • l’expérimentation de la microscience et de la microchimie dans l’approche pédagogique au Cameroun,

  • l’enseignement scientifique en langues locales au Soudan, pays où les étudiantes représentaient 51,7% des diplômés de l’Université en sciences naturelles et 41,2% des diplômés en mathématiques et informatique en 1994-1995,

  • la création de Clubs scientifiques au Togo.

Recommandations du deuxième panel    Back to top

  • Promouvoir l'accès des filles à une éducation de base de qualité incluant la science et la technologie ;

  • Tenir compte, pour élaborer les programmes scientifiques, du savoir traditionnel des femmes et des besoins, préoccupations, environnement, cadre de vie des filles ;

  • Accroître le nombre d'enseignantes bien formées dans les disciplines scientifiques ;

  • Promouvoir le rôle de modèle chez ces enseignantes et d’une façon générale chez toutes les femmes scientifiques et ingénieurs ;

  • Promouvoir un programme de formation des formateurs les sensibilisant à la dimension du " genre ", c’est-à-dire à l’égalité sociale entre les sexes ;

  • Revoir systématiquement les manuels scolaires en y éliminant les images dévalorisantes de la femme ;

  • Soutenir, afin de les faire partager, les expériences positives qui ont déjà été menées dans le cadre de la promotion de l'éducation scientifique et technologique des filles (FAWE, FEMSA, GASAT, TWOWS);

  • Prévoir une politique de soutien (bourses, récompenses, etc.) pour les filles qui s'orientent dans les filières scientifiques et technologiques ;

  • Limiter l'abandon des études par les filles en renforçant les programmes d’éducation sexuelle.

TROISIÈME PANEL - Recherche et technologie    Back to top

Le panel a été centré sur la place des femmes dans les carrières scientifiques et technologiques (recherche, enseignement supérieur et ingénierie) et sur les possibilités de promotion au sein de ces métiers. Il a été l’occasion de nombreuses interventions :

  1. " Science et technologie : nouvelles perspectives pour les femmes d’Afrique " prononcée par Mme Isabelle Tokpanou, ancien Ministre, Professeur, Présidente des femmes scientifiques du FAWECAM, Cameroun ;

  2. " Femmes, science et technologie " par le Professeur Grace A. Alele-Williams, Vice-Présidente de TWOWS, Nigeria ;

  3. " Femmes et éducation scientifique : cas de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire " par le Professeur Denise Houphouet-Boigny, Directeur des Enseignements Supérieurs en Côte d’Ivoire ;

  4. " Participation des femmes dans les carrières scientifiques en Afrique australe et particulièrement au Botswana " par le Professeur F. Mpuchane Sisai, Doyen, Faculté des sciences, Université du Botswana ;

  5. " Au delà de la motivation : le défi de retenir les femmes dans les carrières scientifiques et technologiques " par le Professeur Eunice A. C. Okeke, Département des Sciences de l’Education, Université du Nigeria ;

  6. " Femmes ingénieurs au Mali " par Mme Salamata Fofana Gakou, Ingénieur, Présidente de l’Association des femmes ingénieurs du Mali (AFIMA) ;

  7. " Femmes, recherche et technologie " par le Docteur Clémentine Dabiré-Binso, Chargée de recherche à l’INERA, Présidente de l’Association des femmes scientifiques du Burkina Faso (AFSCIB).

Ces nombreux exposés ont donné un aperçu assez global de la situation des femmes dans les carrières scientifiques et technologiques en Afrique. En dépit des différences observées entre les sous régions représentées concernant la scolarisation des jeunes filles dans les trois cycles d’enseignement, les difficultés à recruter des femmes scientifiques ont été reconnues comme étant du même ordre dans tous les pays étudiés. Il a été souligné que les femmes étaient peu nombreuses dans les carrières scientifiques et technologiques (moins de 30%), qu’elles choisissaient de préférence les sciences biologiques aux autres disciplines de travail et qu’elles restaient absentes des lieux de décision et de responsabilité.

En Côte d’ivoire, les femmes sont sousreprésentées dans le corps des enseignants chercheurs scientifiques : 5 femmes Professeurs titulaires en sciences de la santé; 10% de femmes Professeurs titulaires dans les autres Unités de formation et de recherche scientifiques (UFR). Il n’y a aucune femme Directeur de recherche ni Maître de recherche, les femmes étant toutes Chargées de recherche ou Attachées de recherche.

Au Burkina Faso, une femme figure parmi les 18 Professeurs d’Université titulaires. On dénombre seulement 8,8% de femmes chercheurs non contractuelles au Centre national de la recherche scientifique et technologique. Aucune femme n’occupe un poste de responsable dans ce Centre de Recherche.

L’examen des données statistiques des pays de l’Afrique australe révèle que bien que le taux de scolarisation des filles dans l’enseignement primaire et secondaire soit élevé et même supérieur à celui des garçons (83% de taux de scolarisation avec plus de 50% de filles et 53,5% de filles dans l’enseignement secondaire du Botswana en 1994-95), celles-ci n’en sont pas pour autant très présentes dans les carrières scientifiques. On compte en moyenne 28% d’étudiantes en sciences à l’Université du Botswana et pour les pays de la sous région 10% de femmes enseignantes dans les Facultés scientifiques avec seulement 0,71% de Professeurs.

Les difficultés rencontrées par les femmes dans l’enseignement supérieur et la recherche sont accentuées dans les métiers d’ingénieurs. Les femmes représentent 3,5% des ingénieurs et 11,3% des techniciennes au Mali. Le Soudan connaît le plus fort taux de femmes ingénieurs avec 15,8%.

L’accès des femmes africaines aux carrières scientifiques et technologiques a été considéré par les intervenantes comme un véritable parcours du combattant, semé d’embûches. La conduite d’une carrière scientifique étant longue et particulièrement difficile pour une femme, les jeunes filles préfèrent souvent choisir les filières de formation courtes, débouchant rapidement sur un emploi. Parmi celles qui ont osé opter pour l’aventure scientifique, un bon nombre décident après plusieurs années d’études ou de pratique professionnelle de changer d’orientation.

Les raisons de cette désaffection des filles pour les sciences et les technologies sont connues :    Back to top

  • absence d’égalité sociologique entre les sexes et de l’égalité des chances dans les études et dans les carrières,

  • abandons dus à l’impossibilité pour les jeunes filles ou les femmes de concilier les exigences familiales et celles de la formation ou de la carrière,

  • nombre insuffisant de " modèles " féminins susceptibles d’encourager les filles à choisir une carrière scientifique ou technologique en dépit des difficultés rencontrées,

  • manque de soutiens financiers indispensables à la poursuite d’études spécialisées ou de travaux de recherche,

  • absence de prise de conscience par les media du rôle que celles-ci doivent jouer dans la diffusion d’images susceptibles de créer des vocations.

Les débats qui ont suivi ces communications ont montré que les difficultés relevées au cours des différents exposés concernaient toute l’Afrique. Parallèlement à ce constat, les participants ont fortement insisté sur la nécessité d’accroître la présence des femmes dans les métiers de la science dans la perspectives d’un développement humain durable. Il s’agit en effet, par l’obtention d’une masse critique de scientifiques féminins, de renforcer le potentiel scientifique du continent mais, au delà de cet aspect quantitatif, d’enrichir non seulement la communauté scientifique mais aussi la société toute entière par l’apport de nouvelles idées, de points de vue différents, de méthodes originales et sans aucun doute de motivations en faveur d’une culture de la Paix. Aussi a-t-il été demandé que le Forum contribue à inciter les Etats à tenir compte des ressources considérables et inexploitées que représentent les femmes du continent africain.

Recommandations du troisième panel    Back to top

De nombreuses recommandations ont été proposées (voir Plan d’action régional) parmi lesquelles nous retiendrons :

  • Faire accéder les femmes scientifiques et ingénieurs aux postes de décision afin qu’elles constituent un levier pour la promotion des filles et qu’elles puissent être les porte-parole de toutes les femmes par la mise en œuvre de politiques prenant en compte leurs besoins, leurs aspirations, leurs intérêts ;

  • Fournir aux femmes scientifiques et ingénieurs un environnement social leur permettant de concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle ;

  • Créer des fonds spéciaux régionaux pour les femmes scientifiques et ingénieurs ;

  • Encourager la création d’associations de femmes scientifiques et ingénieurs et resserrer les liens qui les unissent ;

  • Mettre les technologies récentes à la portée des femmes ;

  • Inciter et encourager les femmes chercheurs, enseignantes et ingénieurs à jouer un rôle de relais auprès des populations féminines des zones rurales en cherchant à mieux cerner leurs besoins mais aussi à vulgariser les découvertes et des technologies récemment mises au point.

QUATRIÈME PANEL -Formation professionnelle    Back to top

Les exposés de ce Panel ont traité principalement de la place et du rôle de la formation professionnelle à composante scientifique et technologique vis à vis des nouveaux besoins des entreprises :

  1. " Structures industrielles et opportunités de carrières dans l’industrie textile: conséquences pour la formation des filles" par le Docteur W. Dinah Tumuti, Responsable du Département des textiles, de l’habillement et du design, Université de Kenyatta, Kenya ;

  2. " Formation professionnelle des filles et des femmes au Burkina Faso : résultats et perspectives " par Mme Zourata Yameogo, Inspectrice de l’Enseignement secondaire technique et professionnel ;

  3. " Les métiers de l’énergie solaire " par le Docteur Emmanuel Nanema, Chercheur au Département " Energies " de l’IRSAT/CNRST, Burkina Faso ;

  4. " Formation professionnelle dans l’éducation non formelle " par Mme Sabine Zigani, Représentante de l’Association mondiale des Guides et Eclaireuses (AMGE).

A partir d’exemples concrets les intervenants ont montré combien l’évolution technologique que connaissent les entreprises à l’heure actuelle devrait inciter les décideurs à offrir aux femmes une formation professionnelle adaptée.

Dans l’industrie textile, l’une des plus grandes génératrices d’emplois en Afrique, dans l’industrie de l’énergie solaire et dans d’autres branches professionnelles (conservation et transformation des denrées alimentaires par exemple) les femmes constituent souvent la majorité des travailleurs les moins qualifiés. Les nouvelles technologies et l’arrivée de l’informatique entraînent de profondes modifications dans la marche des entreprises. Cette évolution contraint celles-ci à recruter un personnel qualifié qui souvent n’est pas encore disponible sur le marché du travail. Pour remédier à cet état de fait, il serait nécessaire de concevoir et de mettre en œuvre des programmes de formation professionnelle intégrant les sciences, les mathématiques et la gestion d’entreprise permettant aux jeunes filles de trouver des emplois intéressants et bien rémunérés.

L’association internationale des Guides et Eclaireuses a présenté ses programmes d’éducation non formelle en matière de santé, d’alimentation et de nutrition et de protection de l’environnement destiné essentiellement aux filles et aux jeunes femmes analphabètes ou peu scolarisées.

Les discussions ont porté sur l’importance de l’éducation non formelle pour aider les femmes analphabètes dans leur vie quotidienne. L’enseignement à distance a été aussi prôné.

Concernant la formation professionnelle, il a été noté la faiblesse de l’offre face à une demande croissante, le nombre insuffisant de professeurs qualifiés dans les centres de formation mais aussi le nombre trop restreint d’équipements disponibles au regard des effectifs pléthoriques. Plusieurs intervenants ont évoqué les difficultés rencontrées par les jeunes filles lors de leur insertion professionnelle, à la fin de leur période de formation.

Il a été demandé que les associations de femmes scientifiques et ingénieurs fassent l’inventaire des technologies utilisées par les femmes dans l’artisanat et plus généralement dans les différentes activités du secteur informel et qu’elles encouragent le transfert de technologies plus adaptées.

Parmi les réalisations à l’étude citons la création d’un Centre international de coordination des activités relatives aux femmes, implanté au Burkina Faso, destiné à devenir un pôle d’excellence en éducation et en formation.

Recommandations du quatrième panel    Back to top

A la suite de ces interventions plusieurs propositions ont été faites :

  • Valoriser l’enseignement technique et professionnel notamment par le lancement de campagnes de sensibilisation s’adressant aux jeunes filles ;

  • Multiplier les Centres de formation professionnelle et la mise en œuvre de programmes répondant aux exigences actuelles ;

  • Elaborer des programmes d’information et de communication mettant l’accent sur la diffusion des nouvelles technologies ;

  • Former des Conseillers d’orientation professionnelle capables d’orienter les filles vers les métiers d’avenir qualifiés ;

  • Créer des structures dispensant l’information sur l’attribution de moyens financiers destinés à inciter les jeunes filles et les femmes à choisir des formations scientifiques et technologiques et sur les métiers auxquels de telles formations donnent accès ;

  • Former les femmes, habitant les zones rurales notamment, à la maintenance des appareils.

ADOPTION DES DOCUMENTS CLÉ    Back to top

Lors de la dernière journée du Forum, deux documents ont été adoptés :

Les participants ont procédé à la finalisation du message que le Forum a adressé à tous ceux qui s’intéressent au devenir de l’Afrique . Ce message intitulé " Déclaration de Ouagadougou " cherche à mettre en exergue le fait que des changements drastiques dans les méthodes d’éducation, de formation s’imposent désormais au nom du développement de l’Afrique. Elles s’adresse en particulier aux gouvernements africains, à l’UNESCO, aux organisations internationales non gouvernementales, aux institutions bilatérales et multilatérales d’aide au développement ainsi qu’à tous ceux qui, de par leur position, peuvent contribuer à favoriser, au niveau de leur pays, l’accès des femmes au développement et à l’application de la science, c’est-à-dire les parents d’élèves, les enseignants, les chercheurs, les industriels, les chefs d’entreprise.

Sur le plan continental, le Forum a également proposé un Plan d’action régional destiné à encourager et à appuyer les initiatives de tous les Etats membres africains en mettant à leur disposition, grâce à des projets régionaux ou sous-régionaux, à des réseaux, à des associations, etc, des données, des expériences et tous autres moyens dont ils ont besoin dans ce domaine.

CÉRÉMONIE DE CLÔTURE    Back to top

Dans un second temps, le Forum a procédé à une cérémonie de clôture au cours de laquelle M. Nouréini Tidjani-Serpos, Sous-Directeur général, Chargé du Département " Priorité Afrique " à l’UNESCO, a salué le courage des participants du Forum " face à la pauvreté, à l’injustice sociale, à l’exclusion, à la marginalisation dont les femmes sont victimes dans le partage des connaissances, face aux défis de la mondialisation " et les a encouragés " à construire avec les différentes composantes de la société un monde nouveau qui est d’abord un monde de Paix ".

S. Exc. M. François Cousin, Ambassadeur de France au Burkina Faso a exprimé la satisfaction de son pays d’avoir pu contribuer à la réalisation de cette importante rencontre de femmes scientifiques dont les conclusions devraient enrichir les débats de la Conférence mondiale sur la science pour le XXIème siècle.

M. Christophe Dabiré, Ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique du Burkina Faso s’est solennellement prononcé en faveur de la promotion de la femme en général et plus particulièrement dans le domaine de la science et de la technologie et a déclaré " Je m’engage à œuvrer avec mes homologues africains en charge de l’Education et de la Formation pour une transformation qualitative des mentalités, pour une réforme de la conception des outils pédagogiques et didactiques, afin qu’un regard désormais positif soit autant accordé à la jeune fille qu’au jeune garçon ".

Après avoir invité les participants à poursuivre leur action auprès de leurs gouvernements et de leurs institutions de recherche et d’enseignement, il a déclaré clos les travaux du Forum.

Fait et adopté à Ouagadougou le 28 janvier 1999

Site UNESCO - Femmes, science, technologie

Contact:    Back to top
Pour toute information complémentaire, veuillez contacter :   r.clair@unesco.org

 

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