Première
Conférence des Ministres chargés de
la recherche-développement
de l'Afrique de l'Ouest et du Centre
(COMRED/AOC)
Hôtel Mont Fébé, Yaoundé (Cameroun) 12-14 janvier 1999
Rapport final
Rapport de la réunion des
experts
Sommaire
Thème
général : relance et réappropriation de la recherche africaine par
lAfrique au bénéfice des peuples africains dans le contexte de la mondialisation.
Les 12, 13 et 14 janvier 1999, s'est tenue à lhôtel Mont Fébé de Yaoundé, la
Réunion préparatoire des experts de la première Conférence des Ministres chargés de
la Recherche-Développement de l'Afrique de l'Ouest et du Centre (COMRED/AOC).
Les experts qui ont participé à cette réunion venaient des pays suivants : le
Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Niger, la République Centrafricaine,
le Sénégal, le Tchad, le Togo.
Ont également participé à la réunion :une délégation de la Conférence de responsables de recherche agronomique
africains (CORAF) composée de son Président et de son Secrétaire Exécutif
des représentants du Pôle régional de recherche au développement des savanes
dAfrique centrale (PRASAC), de lInternational Plant Genetic Resources
Institute (IPGRI) et du CRBP
une délégation de l'UDEAC/CEMAC conduite par son Secrétaire général
le représentant résident de lOrganisation des Nations Unies pour
lalimentation et lagriculture (FAO)
le Directeur du Bureau régional de l'UNESCO pour l'Afrique Centrale
des experts du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le
développement (CIRAD) et de lInstitut de recherche pour le développement (IRD) en
France
des représentants de l'Agence universitaire de la francophonie (AUPELF/UREF)
des représentants du GEMARSTA.
Ordre du jour 
Au cours de cette réunion, les experts ont eu à examiner l'ordre
du jour suivant :
Préparation africaine de la Conférence mondiale sur la science pour le
XXIème siècle quorganisent l'UNESCO et le Conseil international pour la science
(CIUS) à Budapest du 26 juin au er1 juillet 1999 ;
Relance et rénovation de la recherche agricole et environnementale pour
le développement en Afrique dans le contexte de la mondialisation ;
Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) et
"Universités Virtuelles" nationales, régionales et internationales ;
Financement durable de la recherchedéveloppement en Afrique.
Allocution douverture 
La réunion des experts préparatoire à la première Conférence des
Ministres chargés de la Recherche Développement en Afrique de l'Ouest et du Centre a
été ouverte par son Excellence le Professeur Henri Hogbe Nlend, Ministre de la Recherche
Scientifique et Technique de la République du Cameroun.
Dans son allocution d'ouverture, le Professeur Henri Hogbe Nlend a rappelé les défis qui
interpellent les Africains en général, et les scientifiques en particulier. Il a enfin
insisté sur l'urgence à apporter des solutions durables aux problèmes que sont :
l'insécurité alimentaire, la baisse de la production agricole, la perte de parts
importantes de nos produits sur les marchés internationaux, la dégradation de
l'environnement, la pauvreté croissante.
Face à ces défis, le Professeur Hogbe Nlend a affirmé que seule une volonté politique
de coopération pouvait sortir l'Afrique de la crise qu'elle traverse, aucun pays ne
pouvant, seul, résoudre tous les problèmes de développement auxquels il fait face mais
la mise en commun des moyens dans un cadre institutionnel négocié et accepté comme
légitime peut accélérer la levée des contraintes, améliorer les outils de recherche,
re-motiver les scientifiques en leur rendant leur crédibilité.
Election du
Bureau 
Après l'ouverture officielle de la réunion, le Ministre a fait
adopter l'ordre du jour proposé et a présidé l'élection du Bureau de la réunion des
experts.
Sur proposition de la réunion, le bureau suivant a été élu :
Président : Monsieur Njomatchoua Justin, Secrétaire général du Ministère de la
Recherche scientifique et technique du Cameroun
1er Vice-président : Monsieur Kouada Issoufou, Secrétaire général du Ministère de
lEnseignement supérieur, de la recherche et de la technologie du Niger
2ème Vice-Président : Madame Adèle Sambo, Directrice de la Recherche et de la
coopération scientifique du Gabon
Rapporteurs Généraux : Moïse Houssou et Ndiaga Mbaye de la CORAF
Secrétaire de la réunion : Monsieur Charles Binam Bikoï du Cameroun.
Exposés
introductifs 
La première session de la Conférence s'est déroulée sous la
présidence de M. Njomatchoua Justin. Des exposés introductifs sur les quatre points de
l'ordre du jour ont été respectivement présentés par :
- Cheikh Tidiane Sy, Chef du Bureau
Régional de l'UNESCO en Afrique Centrale sur la préparation africaine de la Conférence
mondiale sur la science ;
- Moïse Houssou et Ndiaga Mbaye,
respectivement Président et Secrétaire Exécutif de la CORAF, M. Henri Rouillé
d'Orfeuil du CIRAD, Vice-Président du Forum Mondial sur la Recherche Agricole et Monsieur
Jean Ngou Ngoupayou, Directeur Adjoint de l'IRAD (Cameroun) sur : Relance et rénovation
de la recherche agricole et environnementale pour le développement en Afrique dans le
contexte de la mondialisation ;
- Gilbert Okombi, Directeur du Département
de la Recherche, des Statistiques et de la Prospective de L'UDEAC/CEMAC sur "Les
Réseaux des Centres Nationaux de Recherche Agricole en Afrique de lOuest et du
Centre : Situation et Perspectives", M. Cheikh Tidiane Sy et Mme Isabelle
Turmaine de l'AUPELF-UREF sur les nouvelles technologies de l'information et de la
communication et les "Universités Virtuelles nationales, régionales et,
internationales" ;
- Norbert Dazogbo, Représentant de la FAO
sur le financement durable de la recherche agricole en Afrique : " L'expérience
de la FAO ".
Les différents exposés ont donné lieu à des questions et
commentaires. Les experts ont salué l'initiative du Professeur Henri Hogbe Nlend, qui a
reconnu l'urgence qu'il y avait à organiser une telle réunion, au moment où, malgré
les efforts des différents pays, les infrastructures des institutions de recherche se
dégradent, les ressources financières diminuent, les scientifiques perdent leur
crédibilité, et où le fossé se creuse chaque jour davantage entre le Nord et le Sud.
Les experts ont accueilli favorablement l'idée de l'élaboration d'un message
africain pour la reconnaissance de l'Afrique et la prise en compte de ses priorités
à la fois dans la dynamique en cours de mondialisation de la science et dans la
recherchedéveloppement,
Les différents intervenants ont rappelé la nécessité pour l'Afrique de se préparer
pour apporter sa contribution à l'évolution de la science et de la technique, en se
donnant les moyens daccéder aux nouvelles technologies d'information et de
communication, en construisant notamment des alliances aux niveaux national, régional et
international. Tout en acceptant le bien-fondé des modèles de coopération en cours de
montage de par le monde, les experts ont insisté pour que le niveau national reste le
lieu où se déroulent les opérations, et ont recommandé que tout renforcement commence
par les systèmes nationaux de recherche.
Les discussions ont également permis de rappeler les principes qui doivent guider la
coopération et le partenariat, à savoir : l'intérêt commun, l'équilibre, la
transparence et la durabilité.
Après cette première session qui a lancé la Réunion des Experts, quatre groupes de
travail ont été constitués autour des thèmes inscrits à l'ordre du jour.
Conclusions
et recommandations 
Préparation africaine de la Conférence Mondiale sur
la Science pour le XXIème siècle quorganisent l'UNESCO et le Conseil
international pour la science (ICSU) à Budapest du 26 juin au 1er juillet
1999 ;
Les experts apprécient positivement le projet de la Déclaration mondiale sur la science et lutilisation
du savoir scientifique présenté par Monsieur le Représentant Régional de
lUNESCO et estiment qu'il est globalement recevable et exploitable.
Toutefois, il relève que des concertations nationales préalables auraient permis un
examen plus fructueux de ce projet.
Le groupe déplore enfin, lindisponibilité du Projet
dAgenda pour la Science Cadre dAction annoncé à la fin de la
Déclaration. Ce projet devrait " permettre datteindre les
buts énoncés dans cette Déclaration ".
Après analyse du projet de Déclaration, les experts ont retenu, à titre
indicatif, comme spécificité de la sous-région :
- la prolifération et lutilisation abusive des armes et des technologies de
destruction massive ;
- la spoliation des pays de la sous-région quant à lexploitation et à la
valorisation des résultats de la recherche, toutes choses qui rendent actuel le problème
crucial de la propriété intellectuelle dans la sous-région ;
- la dégradation de lenvironnement consécutive à son exploitation abusive ;
- les déficits dans le contrôle et la protection des activités de recherche ;
- linsuffisance des financements destinés aux activités scientifiques et
techniques ;
- le retard dans ladoption et lappropriation des nouvelles technologies de
linformation et de la communication.
Les experts proposent les amendements suivants sur le préambule
du projet de Déclaration : 
ligne 65 bis : Considérant
que le partage inégal des bienfaits de la science a creusé un profond fossé entre pays
industrialisés et pays en développement ;
ligne 65 ter : Conscient
également que lexploitation des acquis scientifiques a débouché sur une
dégradation de lenvironnement en même temps quelle a été une source de
déséquilibre social et dexclusion ;
ligne 81 bis : Constatant
que le savoir scientifique sert abondamment à la mise en place de technologies
destructrices ;
ligne 81 ter : Convaincus
que la paix mondiale ne peut être assurée et garantie que par une utilisation humaine et
pacifique des découvertes scientifiques et technologiques.
Les experts recommandent, 
en vue dun examen plus fructueux du projet de Déclaration,
et compte tenu des spécificités de chaque Etat de la sous-région, la tenue de
concertations nationales sur le projet de Déclaration pour dégager un
consensus, au besoin en organisant une concertation sous-régionale, voire régionale,
avant la tenue de la réunion de Budapest.
Les experts recommandent aux partenaires
du développement :
Relance et rénovation de la
recherche agricole et environnementale pour le développement en Afrique dans le contexte
de la mondialisation.
Les experts ont procédé à un diagnostic du contexte économique et social de
l'agriculture africaine ; ils ont estimé que, malgré des efforts certains dans tous les
pays de la sous-région, nos agricultures sont encore confrontées à une double crise :
crise de la production, crise de la recherche agricole et environnementale. En effet, la
sécurité alimentaire est loin d'être assurée, les ressources naturelles et
environnementales continuent de se dégrader, la pauvreté rurale s'installe dans tous les
milieux.
Cette crise est aggravée par une mondialisation qui impose une compétition de plus en
plus effrénée à nos économies et à nos producteurs. Pour faire face à ces defis, on
assiste à la diversification et la responsabilisation des acteurs, au désengagement de
l'Etat, à la libéralisation des filières de production. La recherche, pour être
capable de jouer pleinement son rôle et répondre aux défis qui nous interpellent, doit
se réorganiser et se renforcer suivant les trois axes majeurs :
le renforcement institutionnel : mise en place d'outils de gestion
administrative, financière et scientifique, rénovation et équipement des unités de
recherche et de formation ;
le renforcement de la coopération régionale et internationale ;
la mise en place de mécanismes de financement durable.
S'agissant du renforcement institutionnel,
les experts recommandent : 
la mise en place et la rénovation, dans les Etats, de structures
de recherche agricole et environnementale viables et performantes, capables de répondre
aux problèmes essentiels qui se posent à nos agricultures ; et la construction, autour
de ces structures, de véritables systèmes nationaux de recherche agricole et
environnementale comprenant les institutions de recherche, les universités et écoles de
formation, les organisations non gouvernementales, le secteur privé ;
le renforcement de la collaboration entre la recherche, la
vulgarisation et tous les acteurs du développement agricole et environnemental. Cette
démarche permettra d'identifier des programmes de recherche pertinents, qui tiennent
compte des exigences de protection de l'environnement (eau, forêt, sol, biodiversité),
et enfin favorisera l'accélération du transfert et de l'adoption des technologies par
les utilisateurs ;
l'élaboration d'un plan stratégique de la recherche agricole
nationale qui s'inscrive dans la ligne du Plan directeur agricole ;
une approche partenariale forte, intégrant l'ensemble des acteurs du
développement, aux fins de la prise en compte de toutes les demandes sociales;
la prise en compte de la conservation de la biodiversité et une
meilleure gestion des ressources naturelles et environnementales pour un développement
durable ;
- la prise en compte des stratégies de
développement définis dans les plans de développement national lors de la définition
du Plan directeur de recherche scientifique et technique ;
- la révision ou la mise en place des
statuts incitatifs pour les chercheurs et les personnels de la recherche afin de susciter
une plus grande motivation et une perspective d'évolution du plan de carrières.
Sagissant de la coopération
scientifique, les experts recommandent : 
· que les thèmes de coopération
scientifique au niveau régional soient l'expression des priorités nationales de
recherche;
- que les formes et les modalités de mise
en uvre de cette coopération soient définies de manière participative afin que
l'ensemble des acteurs puissent s'y identifier et exercer le rôle qui leur revient ;
- que les initiatives en cours au sein de la
CORAF soient poursuivies, renforcées, et que les résultats soient partagés avec
l'ensemble des systèmes nationaux ;
- que les outils de la communication se
développent pour partager les expériences et capitaliser les acquis des différents
systèmes nationaux ;
- pour une bonne préparation de la réunion
du Forum mondial de la recherche agricole prévue en l'an 2000, que la CORAF organise et
inscrive dans son agenda, la structuration d'un message clair qui traduise la volonté de
la sous-région de jouer pleinement son rôle, et pour ce faire
que les rapports des études en cours au sein de la CORAF sur le
développement institutionnel, l'information scientifique et technique, la planification
stratégique et la définition des priorités de recherche et de coopération, soient
édités et largement diffusés au plus tard en juillet 1999, en vue de leur appropriation
par les différents partenaires et pour leur validation par les autorités politiques
compétentes, dont la COMRED/AOC.
Les nouvelles technologies de
linformation et de la Communication "Universités Virtuelles Nationales,
Régionales et Internationales "
Les experts, après une analyse sans complaisance de l'état de
développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication(NTIC°,
reconnaissent que :
- l'évolution, dans la mise en place du projet dUniversités virtuelles
francophones (UVF), apporterait un plus dans :
- l'amélioration qualitative des formations ;
- la diversification des voies d'accès à l'enseignement supérieur et à la
recherche ;
- la prise en compte des préoccupations de développement des universités du Sud ;
- l'entrée des Universités africaines dans le monde des NTIC ;
- l'assistance proposée aux universités africaines ;
- la mise en place des campus virtuels ;
- les différents programmes retenus.
Après un échange de points de vue, la réunion des experts a relevé
les différents problèmes liés à l'application de ces NTIC dans les domaines de
l'Enseignement et de la Recherche.
Ce sont :
- l'insuffisance des moyens financiers et matériels consacrés au secteur de
l'information et de la communication,
- la faiblesse relative (en quantité et en qualité) des réseaux dans les différents
pays qui pourraient soutenir la mise en place de tels outils pédagogiques,
- la protection de la propriété intellectuelle,
- l'appropriation de ces NTIC par les pays africains,
- la faiblesse des ressources humaines techniques et pédagogiques,
- les coûts élevés des télécommunications,
- la faiblesse d'une réflexion d'ensemble sur le domaine en Afrique.
Les experts

Considérant qu'il n'y a pas de bonne recherche ou de bon
enseignement supérieur sans un accès complet à l'information scientifique et technique,
donc aux nouvelles technologies de linformation et de la communication ;
Considérant que la mondialisation de l'économie et la recherche vont
nécessairement développer la compétition entre les acteurs ;
Considérant que cette compétition naturelle appelle une organisation indispensable
de la coopération réfléchie afin que chacun des pays partenaires puisse jouer
pleinement le rôle qui lui revient ;
Considérant que la structuration des échanges d'information, leur
organisation, leur partage équitable entres des acteurs à la fois consommateurs et
producteurs d'information est essentielle ;
Considérant que les nouvelles technologies de l'information et de la
communication sont un moyen d'établir un dialogue équilibré entre (et au bénéfice de)
tous les acteurs de la recherche, de l'enseignement et du développement,
Recommandent que : 
des réflexions régionales et nationales soient menées afin de
permettre une prise en compte des réalités Africaines dans la mise en place de ces
nouveaux outils. Pour ce faire, ils se félicitent que le Sénégal se soit proposé pour
abriter, au mois de mars prochain, un forum sur ce thème, en collaboration avec
L'AUPELF/UREF ;
une politique de formation à l'endroit de la jeunesse africaine soit
appliquée dans les écoles, les lycées et les collèges, afin d'assurer une transition
douce vers le monde NTIC ;
une politique hardie de formation des formateurs dans le domaine des
NTIC soit mise en place aux niveaux national et régional ;
une politique d'encouragement au développement des contenus
nationaux et régionaux (banques d'informations, publications électroniques... ) soit
menée ;
la prise en compte de l'adéquation formation/emploi se fasse dans
les divers projets d'universités virtuelles ;
un encouragement soit fait dans la réhabilitation minimale des
infrastructures universitaires et des centres de recherche africains, pour faciliter
l'intégration des divers) projets d'universités virtuelles et permettre aux chercheurs
d'accéder aux diverses Sources d'information disponibles ;
les spécificités du monde rural africain soient prises en compte
dans la mise en place de ces nouveaux outils ;
une politique de formation axée sur les sciences fondamentales soit
appliquée, afin de permettre de disposer de ressources humaines qualifiées ;
soit mise en place au niveau de chaque pays, à l'initiative des
Ministres Chargés du l'Enseignement et de la Recherche, une instance chargée de proposer
aux divers gouvernements des mesures incitatives pour :
l'acquisition des matériels (par une politique de
défiscalisation progressive, ou par des subventions pour l'achat d'équipements au
bénéfice du secteur éducation-information-recherche),
la mise en place de réseaux de télécommunications fiables et
performants,
la mise en place d'une tarification préférentielle des
services des télécommunications ;
une prise en compte du présentiel dans le virtuel, notamment dans
les sessions de travaux dirigés et travaux pratiques par regroupement des élèves ;
le secteur éducationformationrecherche soit présent
dans les instances de gouvernance de l'Internet et notamment de l'Afrique.
Le financement durable de la
recherche scientifique en Afrique.
Les experts ont identifié plusieurs sources de financement possibles
de la recherche scientifique en Afrique.
Dans le cadre de la relance et de la ré-appropriation de la recherche pour le
développement économique et social des pays de l'Afrique de l'Ouest et du Centre, les
experts reconnaissent la nécessité, pour chacun des Etats, de réaffirmer la recherche
scientifique comme une priorité nationale, et de manifester cette volonté politique par
la mise en place d'un mécanisme efficace de financement durable du système scientifique
et technologique national.
A cet effet, malgré les difficultés financières éprouvées en ce moment dans
chacun de nos pays, chaque Etat doit, comme la crédibilité de gage de l'expression de sa
volonté politique en faveur de la recherche, et comme condition favorable à un appui
financier extérieur, consacrer au moins 1% de son produit intérieur brut (PIB) à la
recherche, conformément au Plan d'action de Lagos.
Les experts recommandent : 
que chaque Etat adopte une politique scientifique et
technologique nationale, avec des priorités clairement exprimées, et basées sur les
préoccupations des populations, gage d'une bonne négociation avec les bailleurs de
fonds ;
la mise en place dans tous les pays d'une structure nationale
adéquate de coordination et de suivi de la politique de recherche ;
d'entreprendre des études d'impacts pour mieux faire connaître la
rentabilité des investissements dans la recherche scientifique sur le développement
économique, social et culturel ;
de créer des circuits de valorisation des résultats de la
recherche ;
de dialoguer avec les décideurs politiques à tous les niveaux, et
de manière permanente, par la création des conseils nationaux de la recherche, par
l'organisation des journées portes-ouvertes et de séminaires de sensibilisation, etc.
d'améliorer qualitativement et quantitativement l'environnement
socio-économique de la recherche par l'adaptation de la taille des institutions aux
capacités réelles de financement, par l'amélioration de l'efficacité des structures de
recherche et des conditions de travail des chercheurs ;
conformément à la recommandation du Directeur Général de
l'UNESCO, que les pays membres de l'Organisation de lunité africaine (OUA),
bénéficiaires du Programme Indicatif du Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD), consacrent au développement de la Recherche scientifique et
technique 3% des ressources allouées au titre de ce programme.
Par ailleurs, ces responsables doivent s'efforcer de faire du
financement de la recherche une préoccupation permanente, et diversifier les sources de
financement au plan national, en élargissait lu cercle de la clientèle de la recherche
à tous les utilisateurs potentiels, par le marketing des résultats de la recherche et la
mise en place de fonds nationaux de recherche, etc.
Enfin,
Considérant d'une part, que la recherche scientifique et technique est un facteur
incontestable de développement économique, social et culturel durable, et d'autre part,
que le financement de la recherche doit être la préoccupation de tous les acteurs de la
société à tous les niveaux,
Les experts recommandent aux pays : 
dutiliser tous les mécanismes institutionnels et diplomatiques
pour mobiliser des ressources additionnelles au financement de la recherche ;
d'appuyer l'initiative en cours de la Banque Mondiale et de la Banque
africaine pour le développement (BAD), pour la création du Fonds Régional compétitif,
et d'accélérer les procédures de sa mise en place.
Conclusion

Les experts remercient vivement les autorités camerounaises pour
l'accueil qui leur a été réservé pour l'ambiance d'amitié qui a régné tout au long
de leurs travaux. Ils renouvellent leur reconnaissance et leur disponibilité à la
COMRED/AOC, et
recommandent la mise en place d'un mécanisme de suivi de la COMRED/AOC, pour la
mise en application des décisions prises à Yaoundé.
Fait et adopté à Yaoundé, le 14 Janvier 1999
Contact: 
For further information, contact: c.binam@cybernum.com
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