| Première Conférence des Ministres chargés de
la recherche-développement
de l'Afrique de l'Ouest et du Centre
(COMRED/AOC)
Hôtel Mont Fébé, Yaoundé (Cameroun) 15-16 janvier 1999
Rapport final
Rapport de la
réunion des Experts
Report of the
meeting of Experts
Sommaire
Thème général: relance et réappropriation de
la recherche africaine par l'Afrique au bénéfice des peuples africains dans le contexte
de la mondialisation.
Préambule

Etaient représentés à cette Première Conférence, qui a été
précédée par une Réunion des experts (1214 janvier 1999), les dix pays suivants
: le Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Gabon, la Guinée Équatoriale, le Niger,
la République Centrafricaine, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
Ont également participé a cette Conférence :
|
un représentant de l'Organisation de
lunité africaine (OUA) |
|
une délégation de l'UDEAC/CEMAC conduite
par son Secrétaire général |
| |
l'Agence africaine de biotechnologies |
| |
le Directeur du Bureau régional de
l'UNESCO pour l'Afrique Centrale |
| |
le représentant résident de
lOrganisation des Nations Unies pour lalimentation et lagriculture (FAO) |
| |
une délégation de la Conférence de
responsables de recherche agronomique africains (CORAF) composée de son Président et de
son Secrétaire exécutif. |
| |
un représentant du Ministre français
délégué à la Coopération et la Francophonie |
| |
des représentants de l'Agence
universitaire de la francophonie (AUPELF/UREF) |
| |
les Directeurs Généraux du Centre de
coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et de
l'IRD (France) |
| |
des représentants du Pôle régional de
recherche au développement des savanes dAfrique centrale (PRASAC), de
lInternational Plant Genetic Resources Institute (IPGRI) et du CRBP |
| |
des représentants du GEMARSTA |
Ouverture de la conférence 
La Conférence a été ouverte, au nom de M. le Premier
Ministre, Chef du Gouvernement, par M. le Ministre de la Recherche Scientifique
et Technique du Cameroun, le Pr. Henri Hogbe Nlend.
Le Pr. Hogbe Nlend, après avoir inscrit la COMRED/AOC dans la
problématique historique de la mondialisation qu'il a définie comme un "mouvement
à la fois irrésistible et irréversible", a souligné avec beaucoup de densité
l'intérêt de l'Afrique à s'organiser pour ne pas manquer ce train en partance vers le
troisième millénaire, déclarant notamment :
" Ceux qui, en Afrique, prétendaient que " l'heure
africaine " signifie le retard, ceux qui, en Afrique, croyaient encore
"avoir le temps", comme ils disent, ceux-là gagnent aujourd'hui à comprendre
que le monde du XXIème siècle, devenu un point d'orgue, exige qu'on soit ponctuel au
rendez-vous de la Science et de la Technologie pour le développement".
A cet effet, le Pr. Hogbe Nlend a invité ses pairs au partage et à la
solidarité pour que l'Afrique nouvelle s'engage résolument dans la construction de
stratégies devant lui permettre "d'inventer le possible" au profit des peuples
africains.
Plusieurs autres personnalités ont marqué la cérémonie d'ouverture
de leurs interventions. Il 'agit de :
M. Cheik T. Sy, Directeur du Bureau Régional de l'UNESCO pour
l'Afrique Centrale,
M. Norbert Dazogbo, Représentant de la FAO au Cameroun,
M. Ali Chikhi, Directeur Général Adjoint de l'Agence Africaine de Biotechnologies,
M. Lacognata, Représentant du Ministre français délégué à la Coopération et à la
Francophonie,
M. Thomas Dakayikamga, Secrétaire Exécutif de la CEMAC.
Toutes ces personnalités ont salué l'initiative du Gouvernement du
Cameroun et se sont engagées à appuyer la concrétisation des ambitions exprimées par
la COMRED/AOC.
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée en présence de nombreux
membres du Gouvernement Camerounais, du Corps Diplomatique et des Représentants des
organisations internationales accréditées à Yaoundé. |
Élection du bureau 
Le Bureau de la Conférence a été constitué comme suit :
Président : Le Cameroun
1er Vice-Président : Le Sénégal
2e Vice-Président : La République Centrafricaine
Rapporteur Général : La Côte d'Ivoire |
Ordre du jour  L'ordre du jour appelait cinq points :
1. |
Préparation africaine de la Conférence mondiale sur la science au
XXIème siècle qu'organisent l'UNESCO et le Conseil International pour la Science (CIUS),
à Budapest du 26 juin au 1er juillet 1999 |
| 2. |
Relance et rénovation de la recherche agricole et environnementale pour
le développement en Afrique dans le contexte de la mondialisation |
| 3. |
Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) et
"Universités virtuelles" nationales, régionales et internationales |
| 4. |
Financement durable de la recherchedéveloppement en Afrique |
| 5. |
Mécanismes de suivi de la COMRED/AOC. |
|
Concernant,
1. La préparation africaine de la
Conférence mondiale sur
la science au XXIème siècle 
Les Ministres apprécient positivement le projet de Déclaration
mondiale sur la science et lutilisation du savoir scientifique présenté par
M. le Représentant régional de l'UNESCO à Yaoundé, sous réserve des
amendements proposés par la Réunion des experts (Meeting of Experts).
Ils souhaitent cependant que des concertations nationales se
tiennent dans chacun des pays de la sous-région, afin d'enrichir le projet de Déclaration.
Ils souhaitent :
· |
que la préparation africaine à la Conférence mondiale sur la science au
XXIème siècle se poursuive en liaison et en accord avec le groupe africain de l'UNESCO ; |
| · |
qu'une dernière concertation africaine puisse se faire à Budapest avant
l'ouverture de la Conférence mondiale, en vue d'arrêter la position commune de l'Afrique
sur l'ensemble des questions inscrites à l'ordre du jour. |
| · |
Ils espèrent qu'à cette rencontre le projet d'Agenda pour la science Cadre daction sera
disponible et qu'il fera l'objet d'un examen détaillé; afin de "permettre
d'atteindre les buts énoncés dans la Déclaration". |
La Conférence note avec satisfaction la proposition de
l'UNESCO d'accueillir les conclusions des travaux de la COMRED/AOC comme document de
contribution à la Conférence mondiale sur la science. |
Concernant,
2. La relance et la rénovation de
la recherche agricole et environnementale pour le développement en Afrique dans le
contexte de la communication 
Les Ministres ont procédé au diagnostic économique et social de
l'agriculture africaine. Ils ont estimé que, malgré les efforts déployés dans les pays
de la sous-région, l'agriculture est confrontée à une double crise : celle de la
recherche et celle de la production.
Cette double crise aggrave les effets pervers d'une mondialisation qui
impose une compétition de plus en plus serrée à nos économies et à nos producteurs.
Pour être capable de jouer pleinement son rôle, et répondre aux défis qui nous
interpellent, la recherche doit être réorganisée et renforcée selon les trois axes
majeurs suivants :
| · |
le renforcement institutionnel : mise en place d'outils de gestion
administrative, financière et scientifique, rénovation et équipement des unités de
recherche et de formation ; |
| · |
le renforcement de la coopération régionale et internationale ; |
| · |
la mise en place de mécanismes de financement durable. |
Les Ministres souhaitent, pour ce faire :
· |
la mise en place et la rénovation, dans les Etats, de structures de
recherche agricole et environnementale viables et performantes, capables de répondre aux
problèmes qui se posent à l'agriculture ; |
| · |
la construction de véritables systèmes nationaux de recherche agricole
et environnementales comprenant les institutions de recherche, les universités et écoles
de formation, les organisations non gouvernementales, le secteur privé ; |
| · |
Une grande intégration entre la recherche, sa vulgarisation et tous les
secteurs du développement agricole et environnemental, en vue d'identifier des programmes
de recherche pertinents ; |
| · |
l'élaboration d'un plan stratégique national de recherche agricole ; |
| · |
la prise en compte par les programmes de la conservation de la
biodiversité, et une meilleure gestion des ressources naturelles et environnementales ; |
| · |
la révision ou l'élaboration de statuts incitatifs en faveur des
chercheurs et des personnels de la recherche ; |
| · |
l'identification des propriétés nationales de recherche susceptibles
d'inspirer la coopération régionale ; |
| · |
le renforcement de la CORAF en vue du partage des résultats de ses
actions entre les différents systèmes nationaux de recherche ; |
| · |
l'intégration de la recherche agricole et environnementale dans le
programme général de développement de la recherche au plan national, sous-régional et
régional. |
|
Concernant,
3. Les nouvelles technologies de l'information et de
la communication (NTIC) et "Universités Virtuelles nationales, régionales et
internationales", 
Les Ministres,
Considérant qu'il n'y a ni recherche, ni enseignement
supérieur de qualité sans un accès complet de l'information scientifique et technique,
aujourd'hui véhiculée par les nouvelles technologies de l'information et de la
communication ;
Considérant que la mondialisation de l'économie et la recherche développe
nécessairement la compétition entre les acteurs ;
Considérant que cette compétition appelle une réorganisation conséquente de la
coopération pour garantir la pleine expression de chaque partenaire ;
Considérant qu'une restructuration équitable des échanges d'informations
scientifiques doit permettre à toutes les parties prenantes d'être aussi bien des
consommateurs que des producteurs d'information ;
Considérant que l'Afrique doit maîtriser, en se les appropriant, les NTIC comme
instrument pratique de développement, en complément des techniques classiques en la
matière ;
Considérant que les nouvelles technologies de l'information et de la communication
constituent une plate forme pour un dialogue équilibré entre tous les acteurs de la
recherche, de l'enseignement et du développement,
Encouragent les projets d'universités virtuelles,
Souhaitent :
| · |
que les réalités africaines et les spécificités du monde rural soient
prises en compte dans la mise en place de ces nouveaux outils ; |
| · |
qu'une politique de formation en faveur de la jeunesse africaine soit
appliquée dans les écoles, les lycées et les collèges afin d'assurer un transition
douce vers le monde des NTIC ; |
| · |
qu'une politique de formation des formateurs dans le domaine de ces NTIC
soit élaborée et mise en application, tant au niveau national qu'à l'échelle de la
région ; |
| · |
que soient entrepris la réhabilitation et le renforcement des
infrastructures de télécommunication dans les universités et les centres de recherche
africains ; |
| · |
que des mesures incitatives soient prises pour l'acquisition
d'équipements et la tarification préférentielle des services de télécommunication. |
|
Concernant,
4. Le financement durable de la recherche scientifique
en Afrique 
Dans le cadre de la relance et de la réappropriation de la recherche
pour le développement économique et social des pays de l'Afrique de l'Ouest et du
Centre, les Ministres reconnaissent la nécessité, pour chacun des États, de réaffirmer
la recherche scientifique comme une priorité nationale, et de manifester cette volonté
politique par la mise en place d'un mécanisme efficace de financement durable du système
scientifique et technologique national.
Malgré les difficultés financières auxquelles les pays de la
sous-région sont confrontées, chaque État est invité à consacrer au moins 1% de son
produit intérieur brut (PIB) au financement de la recherche, conformément au plan
d'action de Lagos, comme expression de sa responsabilité et de sa volonté politique en
faveur de la recherche scientifique reconnue comme un secteur prioritaire.
Les Ministres,
En affirmant la nécessité de diversifier et de coordonner les
ressources de financement de la recherche,
Préconisent une plus grande implication du secteur privé
national dans le financement des activités de recherche ;
Recommandent aux organismes sous-régionaux et régionaux de développement
économique de s'engager résolument dans la recherche des financements en faveur des
activités de recherche ;
Soutiennent le projet de création d'un fonds régional pour le financement de la
recherche ;
Rappellent l'urgence de la mise en uvre, par les États, de la recommandation
de l'UNESCO relative à l'affectation, pour le financement de la recherche, de 3% des
ressources allouées dans le cadre du Programme Indicatif du Programme des Nations unies
pour le développement (PNUD) ;
Invitent les États de la sous-région à mettre en cohérence leurs politiques
budgétaires nationales, en vue de dégager des crédits visibles et dûment spécifiées
pour le financement de la recherche.
Concernant,
5. Mécanismes de suivi de la COMRED/AOC 
Pour assurer le suivi de l'initiative de Yaoundé, les Ministres
conviennent :
· |
dinstitutionnaliser la COMRED/AOC |
· |
de mettre en place un mécanisme de suivi par la création d'un
Secrétariat Permanent à Yaoundé, et disposant de points focaux dans chacun des pays
membres de la COMRED/AOC |
Fait et adopté à Yaoundé, le 16 janvier
1999.
COMRED/AOC |
|